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Revue de presse de Juillet 2019

1- Ecotourisme : les parcs naturels régionaux veulent devenir des destinations à part entière, AFP, 23/05/19, 12:00

 

 

2- Le Colorado, un fleuve en péril, M le Mag, 27/05/19, 00h07, Corine Lesnes




3- Des antibiotiques dans les rivières du monde entier, selon une étude, AFP, 27/05/19, 18:00




4- Portrait. Hilda Flavia Nakabuye, l’étudiante en grève pour sauver le lac Victoria, Le Monde, 31/05/19, 16h46, Marion Douet



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1- Ecotourisme : les parcs naturels régionaux veulent devenir des destinations à part entière, AFP, 23/05/19, 12:00


Forts de l'engouement pour des vacances "au vert", les 53 parcs naturels régionaux de France veulent devenir des destinations écotouristiques à part entière, et préparent notamment pour 2020 le lancement de séjours combinant hébergement et activités.
Ces parcs naturels régionaux - dont deux ultramarins en Martinique et en Guyane - représentent plus de 15% du territoire français. Ils ont été créés en 1967 par le général de Gaulle, et sont gérés par des syndicats mixtes regroupant des collectivités locales. 
Leur mission est de protéger les paysages et le patrimoine naturel, de contribuer à l'aménagement du territoire mais aussi d'assurer l'accueil et l'information du public.
"Contrairement aux parcs nationaux avec lesquels on nous confond souvent, les parcs naturels régionaux sont habités. Et nous ?uvrons pour le développement de ces territoires, la biodiversité ne s'opposant pas à l'activité humaine", résume pour l'AFP Mickaël Weber, président de la fédération des Parcs naturels régionaux de France.
"Nous voulons mieux nous faire connaître, mettre en avant nos valeurs environnementales et faire en sorte que les parcs soient identifiés comme des destinations écotouristiques. Nous sommes mûrs pour créer une offre touristique", estime-t-il.
La fédération souhaite tirer parti de l'engouement des vacanciers pour des séjours "au vert" et respectueux de l'environnement.
"Les consommateurs se posent beaucoup de questions, par exemple sur le fait de prendre ou pas l'avion. Il y a une quête de sens, ils ne veulent pas juste voir de beaux paysages. Et on veut porter ce projet-là en proposant des projets touristiques innovants", renchérit Eric Brua, directeur de la fédération.
Il indique que les parcs naturels régionaux ambitionnent de proposer, dès 2020, "des séjours comme un tour-opérateur, via une interface où on pourra réserver un hébergement et des activités. On commencera par mettre en musique ce qui existe déjà, car certains parcs, comme celui du Queyras, proposent déjà des séjours touristiques en hôtel ou gîte avec des randonnées".
La fédération s'appuiera également sur sa marque déposée "Valeurs Parc Naturel régional", un label qui met en valeur des produits alimentaires locaux (viande, légumes, confitures) mais aussi des restaurants et des hébergements, et dont bénéficient quelque 2.000 entreprises en activité dans les parcs.
"Je dirais que mon territoire est remarquable de simplicité. Avec 11 habitants au m2, il y a une vraie ruralité, comme dans beaucoup d'autres parcs. Mais nous sommes aussi innovants : en juin sera inaugurée la grande traversée en vélo du Massif Central, soit 1.340 kilomètres, avec tous les 40 kilomètres des bornes pour recharger les VTT électriques", souligne Philippe Connan, président du parc de Millevaches en Limousin.







2- Le Colorado, un fleuve en péril, M le Mag, 27/05/19, 00h07, Corine Lesnes

Plus de 40 millions d’habitants de l’Ouest américain dépendent de ce fleuve surexploité qui alimente le plus grand réservoir artificiel d’eau douce des Etats-Unis. Dans sa série « No Agua, No Vida », le photographe John Trotter pointe un pompage excessif malgré la sécheresse.
Deux bonnes nouvelles, cette année, sur le front de la sécheresse dans l’Ouest américain. Les pluies ont été abondantes ; les neiges exceptionnelles.
La Californie a été déclarée totalement drought free, littéralement délivrée de la sécheresse pour la première fois depuis sept ans. A l’été, le puissant Colorado, qui dévale des montagnes Rocheuses pour aller se jeter dans le golfe de Californie après avoir creusé des canyons spectaculaires, promet de faire le plein.
Autre amélioration : les sept Etats américains du bassin du Colorado ont réussi à s’entendre sur un plan d’urgence visant à limiter la consommation d’eau. Il prévoit de répartir les sacrifices à faire afin de maintenir les eaux du lac Mead (situé le long de la frontière entre le Nevada et l’Arizona), le plus grand réservoir artificiel des Etats-Unis, à un niveau permettant d’éviter la pénurie en aval.


Une pénurie d’eau structurelle
Le Drought Contingency Plan a été contresigné par Donald Trump le 16 avril. Mais les spécialistes le savent, ce n’est qu’un répit.
La sécheresse est endémique dans la région, exacerbée par le dérèglement climatique. Mathématique, dirait-on presque. Depuis 1922 et l’accord (appelé « Compact ») qui a partagé le débit annuel du fleuve Colorado entre sept Etats du Grand Ouest et le Mexique, la pénurie est structurelle : l’entente a pris pour base un volume d’eau supérieur de 25 % au débit annuel moyen. Du « surbooking » en quelque sorte.
Les risques sont grands que l’eau manque en aval, moins en amont pour ceux qui sont servis les premiers. Le Colorado, qui prend sa source sur les flancs du mont Richthofen, de la chaîne des Never Summer, dans le parc national des montagnes Rocheuses, est long d’environ 2 330 km. Aujourd’hui, plus de 40 millions d’habitants dépendent de ce cours d’eau, bien au-delà de son bassin hydrologique, grâce au système de barrages et de canaux construit après la seconde guerre mondiale.







3- Des antibiotiques dans les rivières du monde entier, selon une étude, AFP, 27/05/19, 18:00

De l'Europe à l'Asie en passant par l'Afrique, les concentrations d'antibiotiques relevées dans certaines rivières du monde dépassent largement les niveaux acceptables, met en garde une étude présentée lundi.
Une équipe de chercheurs de York a analysé des prélèvements effectués sur 711 sites dans 72 pays sur six continents et a détecté au moins un des 14 antibiotiques recherchés dans 65% des échantillons, selon un communiqué de l'université britannique.
Les scientifiques, qui présentaient leurs recherches lundi à un congrès à Helsinki, ont comparé ces prélèvements aux niveaux acceptables établis par le groupement d'industries pharmaceutiques AMR Industry Alliance, qui varient selon la substance.
Résultat, le métronidazole, utilisé contre les infections de la peau et de la bouche, est l'antibiotique qui dépasse le plus ce niveau acceptable, avec des concentrations allant jusqu'à 300 fois ce seuil sur un site au Bangladesh. Le niveau est également dépassé dans la Tamise.
La ciprofloxacine est de son côté la substance qui dépasse le plus souvent le seuil de sûreté (sur 51 sites), tandis que le triméthoprime, utilisé dans le traitement des infections urinaires, est le plus fréquemment retrouvé.
"Jusqu'à aujourd'hui, le travail sur les antibiotiques a été majoritairement fait en Europe, en Amérique du Nord et en Chine. Souvent sur seulement une poignée d'antibiotiques", a commenté le Dr John Wilkinson.
Selon cette nouvelle étude, les niveaux acceptables sont ainsi le plus souvent dépassés en Asie et en Afrique, mais les autres continents ne sont pas non plus épargnés, témoignant d'un "problème mondial", a noté le communiqué, précisant que les sites les plus problématiques se trouvent au Bangladesh, Kenya, Ghana, Pakistan et Nigeria.
Découverts dans les années 1920, les antibiotiques ont sauvé des dizaines de millions de vies en luttant efficacement contre des maladies bactériologiques comme la pneumonie, la tuberculose et la méningite. 
Mais au fil des décennies, les bactéries se sont modifiées pour résister à ces médicaments, au point que l'Organisation mondiale de la santé a averti que le monde allait manquer d'antibiotiques efficaces.
Les bactéries peuvent devenir résistantes quand les patients utilisent des antibiotiques dont ils n'ont pas besoin, ou bien ne terminent pas leur traitement, donnant ainsi à la bactérie une chance de survivre et de développer une immunité.
Mais les chercheurs de York évoquent aussi un lien avec leur présence dans l'environnement.
"De nouveaux scientifiques et dirigeants reconnaissent désormais le rôle de l'environnement dans le problème de la résistance aux antibiotiques. Nos données montrent que la contamination des rivières pourrait y contribuer de façon importante", a insisté un autre auteur, Alistair Boxall, évoquant des résultats "inquiétants".
"Résoudre le problème est un défi monumental et va nécessiter des investissements dans les infrastructures de gestion des déchets et des eaux usées, des règles plus strictes et un nettoyage des sites déjà contaminés", a-t-il ajouté.





 

4- Portrait. Hilda Flavia Nakabuye, l’étudiante en grève pour sauver le lac Victoria, Le Monde, 31/05/19, 16h46, Marion Douet

Inspirée par Greta Thunberg, l’Ougandaise de 22 ans a fait de la protection des rivières et des lacs son combat.
Son endroit préféré à Kampala est un ponton animé, sur les rives du lac Victoria. La jetée de Ggaba est à la fois un marché fourmillant, un embarcadère vers les îles, un lieu où de jeunes photographes vous tirent le portrait contre une poignée de shillings, avec pour décor la plus grande étendue d’eau douce d’Afrique. Ggaba se situe aussi au c?ur d’une des baies les plus polluées du lac. Les rives y sont jonchées d’objets et sac en plastique, la pêche y est de moins en moins fructueuse. A quelques kilomètres sur la droite, on y pompe l’eau de la ville ; plus loin sur la gauche se déversent les eaux usées de la capitale ougandaise.
« La couleur du lac a changé, elle devient verte, épaisse. Mais j’aime y aller, les gens m’accueillent, les pêcheurs m’aident à ramasser les détritus », sourit Hilda Flavia Nakabuye. Cette étudiante de 22 ans, assise dans le jardin de son université située non loin de Ggaba, a fait de la protection des rivières et des lacs d’Ouganda son combat. « Nous sommes un pays enclavé, nos ressources en eau sont donc un sujet fondamental et, de plus, nous sommes la source de plusieurs grands cours d’eau comme le Nil. Si nous ne protégeons pas nos ressources, ce sont aussi d’autres populations qui en souffriront », déroule-t-elle avec une implacabilité d’expert.
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Il y a encore deux ans, cette jeune femme élégante – chemisier soyeux à rayures brunes et mini-sac à main assorti, fines tresses retenues en queue-de-cheval – ne connaissait pourtant rien à l’environnement. Le sujet n’existait pas dans son foyer de la classe moyenne kampalaise – mère styliste, père ingénieur logistique – ni dans les journaux, ni à l’école.
En 2017, alors qu’elle vient d’entrer, grâce à une bourse, à l’Université internationale de Kampala (KIU) pour étudier, comme son père, « la logistique et les achats », Hilda Flavia Nakabuye participe à une réunion de Green Campaign Africa, une association d’étudiants ougandais soucieux du climat. Rapports du GIEC, hausse des températures mondiales, dégradation locale des forêts, des terres, des rivières… Un déclic.
Elle s’engage à leur côté dans des actions de sensibilisation. « L’Ouganda représente peut-être 0,001 % des émissions toxiques, mais il subit de plein fouet le changement climatique, justifie-t-elle. Dans les campagnes, les gens parlent du manque d’eau, des récoltes qui sont mauvaises. Ce qu’ils expliquent, ce sont les conséquences, mais ils n’en connaissent pas la cause. »

Leur but est d’encourager la reforestation dans cette région particulièrement dense en population, afin de réguler la pollution et, au passage, battre le record du monde de 847 275 arbres plantés en une journée, détenu par le Pakistan depuis 2013.
Des étudiants et des femmes au foyer ainsi que des législateurs et des fonctionnaires du gouvernement sont venus nombreux, armés de jeunes plants, motivés par l’idée de se faire une place dans le Guinness Book.
“J’ai lu quelque part que cet arbre est une des espèces qui diffuse le plus d’oxygène” explique un jeune volontaire à Associated Press, fier du ficus qu’il vient tout juste de planter dans la forêt de la réserve Kukrail.
“Il y a tellement de pollution en ville que nous avons besoin des arbres pour produire de l’oxygène”
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d’Uttar Pradesh, planter autant d’arbres encouragera la prise de conscience de l’importance du reboisement des forêts, et la nécessité de conserver et protéger l’environnement. “De sérieux efforts sont primordiaux pour réduire les émissions de carbone et limiter les effets du changement climatique,” a-t-il également déclaré. “Uttar Pradesh a fait un premier pas dans cette démarche.”
Les gouverneurs des 29 États de l’Inde sont vivement encouragés à lancer des opérations de reforestation, pour augmenter le nombre d’arbres dans tout le pays. Ces actions environnementales font partie des engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu à Paris, entre novembre et décembre 2015.
L’État a mis de côté près de 6,2 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros) pour des initiatives similaires, et espère honorer sa promesse, qui consiste à replanter l’équivalent de 95 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Des gardes-chasse à la retraite seront chargés de surveiller les régions où les arbres ont été plantés, afin d’observer et de contrôler la bonne croissance des jeunes plants. Seuls 60% d’entre eux sont destinés à pousser correctement.

 

 

4- La "mémoire" de la glace du Mont-Blanc bientôt conservée en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des échantillons de glaciers en Antarctique: l'idée peut paraître saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une équipe de chercheurs qui va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace menacée par le réchauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information", explique à l'AFP Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4.300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986" après la catastrophe de Tchernobyl, sourit Jérôme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers évoluent - fondent - tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3.500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5.300 mètres, a disparu dès 2009.
"Cette année, il y a eu de la fonte à 6.000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Niño", souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace", pointe Jérôme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues espèrent donc effectuer une vingtaine de carottages sur des sites répartis sur tous les continents. L'ensemble des carottes seront conservées dans une cave de neige à Concordia, "un congélateur naturel à -50°C", à l'abri des pannes électriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.