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1- Hauts-de-France : Ces grands projets qui inquiètent les défenseurs de l'environnement, 20 Minutes, 13/02/21, 10h05. Gaetane Deljurie.


2- Des images de la Nasa révèlent d’immenses «rivières d’or» en Amazonie, Slate, 13/02/21, 15h30. Repéré par Robin Tutenges sur BBC.


3- Un projet de serre tropicale géante dans le Pas-de-Calais : non-sens écologique ou jardin d'Eden ?, Radio France, 14/02/21, 16:23 Mathilde Vinceneux.


4- En Israël, des coraux menacés par un accord pétrolier avec les Emirats, AFP, 15/02/21, 13:00 Jonah Mandel






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1- Hauts-de-France : Ces grands projets qui inquiètent les défenseurs de l'environnement, 20 Minutes, 13/02/21, 10h05. Gaetane Deljurie

Planète. De la serre Tropicalia à l’extension de l’aéroport de Lille-Lesquin, plusieurs grands projets sont dénoncés par les défenseurs de l’environnement dans les Hauts-de-France
• Avec la fusion des deux ex-régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie en 2015, certains projets voient plus grands dans les Hauts-de-France.
• De la serre tropicale à l’extension de l’aéroport régional, les projets se multiplient mais le prix à payer n’est pas que financier, il est aussi environnemental.
Le 6 février dernier, une centaine de militants écologistes ont manifesté à Rang-du-Fliers (Pas-de-Calais) contre la construction de la serre tropicale Tropicalia, annoncée comme la plus « grande du monde » avec ses 20.000 m2, ses 35 mètres de haut et son budget de 73 millions d’euros et dont les travaux doivent démarrer cette année. Un « non-sens écologique » pour les défenseurs de l’environnement. Tour d’horizon des autres projets annoncés dans la région qui les inquiètent.
Extension du domaine de la lutte Ă  Lille-Lesquin
Initié avant la pandémie, l’aéroport de Lille-Lesquin poursuit son projet de modernisation prévu d’ici 2024, avec doublement de ses capacités et extension du terminal existant. L’Autorité environnementale a émis un premier avis de cadrage demandant à revoir de nombreux points, concernant la protection de l’air, de l’eau, des sols, et des études plus poussées sur les impacts bruit, climat et biodiversité.
Si Christophe Coulon, président du Syndicat mixte des aéroports de Lille et de Merville, se réjouit que « le bien-fondé de la modernisation n’y soit absolument pas remis en cause », l’association écologiste Virage Energie rappelle que « le trafic de l’aéroport de Lesquin est constitué à 70 % de liaisons intérieures : la modernisation concurrencerait directement les trains à grande vitesse », résume Stéphane Baly, élu vert à Lille. Un peu tâche en plein débat du projet de loi sur le climat.

 

 

2- Des images de la Nasa révèlent d’immenses «rivières d’or» en Amazonie, Slate, 13/02/21, 15h30. Repéré par Robin Tutenges sur BBC

Pas de quoi réjouir les populations locales pourtant.
Les images sont stupéfiantes. Tout juste publiées par la Nasa, l'agence spatiale américaine, les photographies prises depuis l'espace montrent des «rivières d'or» traversant sur de larges parcelles l'épaisse forêt amazonienne.
Ces larges cicatrices dorées sont magnifiques, certes, mais reflètent aussi une triste réalité : celle de l'extraction illégale et destructrice de l'or en Amazonie
Ici, rien à voir avec des rivières. Ces immenses plaies béantes qui défigurent le cœur de la forêt sont des fosses creusées par des orpailleur·euses illégaux dans la région de Madre de Dios, au sud-est du Pérou.
Cette activité illicite se fait habituellement à l'abri des regards indiscrets et la couverture nuageuse entrave généralement la vue de ces fosses depuis l'espace. Mais une éclaircie a momentanément réfléchi l'eau stagnante de ces bassins artificiels et un astronaute de la Station spatiale internationale (ISS) a réussi à capturer ces clichés rares au mois de décembre 2020.

 

 

3- Un projet de serre tropicale géante dans le Pas-de-Calais : non-sens écologique ou jardin d'Eden ?, Radio France, 14/02/21, 16:23 Mathilde Vinceneux

 

Le démarrage de la construction de Tropicalia à Rang-du-Fliers (Pas-de-Calais), qui se présente comme la plus grande serre tropicale du monde, fait débat. Certains y voient un atout touristique, d'autres une aberration écologique.

Il s'agit de la plus grande serre tropicale du monde, selon le porteur du projet. La construction de Tropicalia créé des crispations à Rang-de-Fliers (Pas-de-Calais), où elle va voir le jour. Un dôme d'une trentaine de mètres de haut, installé sur un terrain de 10 000 mètres carrés. À l'intérieur de cette immense serre, il fera entre 25 et 28°C.

"Le concept, c'est un peu le jardin d'Eden, c'est-à-dire qu'il y aura plein de papillons tropicaux venant de partout dans le monde, quelques oiseaux, des bassins, des cascades", raconte Cédric Guérin, vétérinaire à l'origine du projet. Il y aura également des tortues, des grenouilles, des caïmans... Avec cette serre géante à 73 millions d'euros, il souhaite sensibiliser le public à la protection de la faune et de la flore tropicale.

C'est une démarche éco-responsable, assure-t-il. "On nous compare à une piste de ski dans le désert, alors que ce n'est pas un gouffre énergétique, explique Cédric Guérin. On recycle la chaleur générée par l'effet de serre. On sait déjà qu'on sera à l'équilibre énergétique pendant sept mois par an. Le complétement, c'est la géothermie qui va nous le fournir".

 

 

 

 

4- En Israël, des coraux menacés par un accord pétrolier avec les Emirats, AFP, 15/02/21, 13:00 Jonah Mandel

 

Dans le sud d'Israël, les coraux de la cristalline mer Rouge pourraient être au cœur du "prochain désastre écologique", alertent des militants. En cause : un accord pétrolier avec les Emirats arabes unis, résultat de la normalisation des relations entre les deux pays.

En octobre, la société publique israélienne "Europe-Asia Pipeline Company" (EAPC) a annoncé un "protocole d'entente contraignant" avec une coentreprise israélo-émiratie (MED-RED) récemment créée, portant sur le transport maritime de pétrole émirati vers Eilat.

De cette cité balnéaire située dans l'extrême-sud d'Israël, le brut devrait dans les prochains mois être acheminé par oléoduc jusqu'à Ashkelon, plus au nord sur la côte méditerranéenne, avant d'être exporté vers l'Europe.

Problème : avec des infrastructures pétrolières vieillissantes, le risque de fuites est énorme, s'alarment des militants écologistes. Le ministère israélien de la Protection de l'environnement a même appelé à une "discussion urgente" sur l'accord.

La semaine dernière, des manifestants se sont rassemblés à Eilat pour protester contre "un désastre à retardement" et dénoncer la priorité donnée "aux profits, aux dépens des coraux".

"Les récifs coralliens sont à 200 mètres de l'endroit où le pétrole est déchargé. On nous dit que les tankers sont modernes et qu'il n'y aura pas de problème, mais les défaillances sont inévitables", affirme à l'AFP Shmulik Taggar, fondateur de la Société pour la conservation de l'environnement de la mer Rouge.

- Pollution "constante" -

Avec la venue de deux à trois pétroliers supplémentaires par semaine, comme prévu par l'accord, le trafic sera "ininterrompu", met-il en garde, estimant en outre que de tels contrats, qui profitent à l'industrie de l'énergie fossile, sont inacceptables en 2021.

"Cela aurait pu être approprié dans les années 1960 et 1970, avant que nous ne soyons un Etat développé", estime M. Taggar, dont l'organisation fait partie d'une coalition de 30 groupes contre le projet.

Les coraux d'Eilat sont situés trop près du port où opère l'EAPC, renchérit Nadav Shashar, biologiste marin à l'Université Ben Gourion de Beersheva.

Si davantage de pétroliers y accostent, cela aura un impact sur les récifs coralliens, qui ont jusqu'ici mieux résisté que d'autres au changement climatique et au blanchiment (phénomène de dépérissement des coraux lié aux vagues de chaleur).

Contrairement à des ports plus modernes, celui d'Eilat n'est pas équipé pour empêcher la pollution mais seulement pour traiter les fuites une fois qu'elles ont eu lieu, et ces dernières sont inévitables lors du transfert vers l'oléoduc, explique M. Shashar à l'AFP.

Compte tenu du volume de brut devant arriver à Eilat, il y aura une pollution pétrolière "constante", alerte le biologiste, qui fait partie des 230 experts ayant demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de revenir sur l'accord.

 

- "GĂ©rable" -

Des militants dénoncent aussi l'opacité entourant le protocole d'entente.

L'EAPC "ne se soucie de personne", critique M. Taggar, affirmant que l'accord avec la coentreprise -- à laquelle participe la puissante société d'investissements National Holding, basée à Abou Dhabi -- a été conclu sans la supervision habituelle des ministères israéliens de la Défense et de la Protection de l'environnement.

Contactée par l'AFP, l'EAPC a refusé de commenter les détails de l'accord.

En octobre, l'entreprise publique israélienne avait indiqué que des "dizaines de millions de tonnes" de brut supplémentaires pourraient transiter chaque année via Eilat après l'accord, affirmant disposer de technologies de pointe conformes aux normes internationales.

Le ministère israélien de la Protection de l'environnement a lui déclaré début février avoir rempli son rôle de surveillance, tout en appelant à "une discussion urgente de tous les organes gouvernementaux compétents, qui examineraient tous les aspects -- y compris environnementaux -- de l'augmentation du volume de pétrole transporté".

Pour Nadav Shashar, il ne s'agit pas de mettre un terme au projet mais d'en "limiter l'étendue pour en faire quelque chose de gérable".

Certains militants soutiennent des opinions plus tranchées, comme Michaël Raphaël, du mouvement écologiste Extinction Rebellion.

Venu du centre d'Israël pour manifester avec un mégaphone, il met en garde contre des mesures plus musclées : "si le problème n'est pas résolu, nous devrons nous en mettre en travers des choses (...) Nous ne faisons pas que manifester, nous bloquons (des routes) et nous perturbons le travail de ceux qui polluent".

 

 

“J’ai lu quelque part que cet arbre est une des espèces qui diffuse le plus d’oxygène” explique un jeune volontaire à Associated Press, fier du ficus qu’il vient tout juste de planter dans la forêt de la réserve Kukrail.
“Il y a tellement de pollution en ville que nous avons besoin des arbres pour produire de l’oxygène”
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d’Uttar Pradesh, planter autant d’arbres encouragera la prise de conscience de l’importance du reboisement des forêts, et la nécessité de conserver et protéger l’environnement. “De sérieux efforts sont primordiaux pour réduire les émissions de carbone et limiter les effets du changement climatique,” a-t-il également déclaré. “Uttar Pradesh a fait un premier pas dans cette démarche.”
Les gouverneurs des 29 États de l’Inde sont vivement encouragés à lancer des opérations de reforestation, pour augmenter le nombre d’arbres dans tout le pays. Ces actions environnementales font partie des engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu à Paris, entre novembre et décembre 2015.
L’État a mis de côté près de 6,2 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros) pour des initiatives similaires, et espère honorer sa promesse, qui consiste à replanter l’équivalent de 95 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Des gardes-chasse à la retraite seront chargés de surveiller les régions où les arbres ont été plantés, afin d’observer et de contrôler la bonne croissance des jeunes plants. Seuls 60% d’entre eux sont destinés à pousser correctement.

 

 

4- La "mémoire" de la glace du Mont-Blanc bientôt conservée en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des échantillons de glaciers en Antarctique: l'idée peut paraître saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une équipe de chercheurs qui va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace menacée par le réchauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information", explique à l'AFP Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4.300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986" après la catastrophe de Tchernobyl, sourit Jérôme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers évoluent - fondent - tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3.500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5.300 mètres, a disparu dès 2009.
"Cette année, il y a eu de la fonte à 6.000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Niño", souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace", pointe Jérôme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues espèrent donc effectuer une vingtaine de carottages sur des sites répartis sur tous les continents. L'ensemble des carottes seront conservées dans une cave de neige à Concordia, "un congélateur naturel à -50°C", à l'abri des pannes électriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.