médaillon

1- Boyan Slat, le nettoyeur des océans, Paris Match, Les héros de la Planète, 17/12/20, 07h00. Caroline Fontaine


2- Dans le Haut-Rhin, des lombrics pour traiter les eaux usées, Le Monde,24/12/20, 10h00. Nathalie Stey (Lapoutroie, Orbey [Haut-Rhin], envoyée spéciale)


3- En 2021, la pollution de l’air va virer au violet, Le Monde, 31/12/20, 05h57. Stéphane Mandard


4- Une entreprise française veut recycler les masques jetables, nouvelle menace de pollution, Le Monde, 01/01/21, 11h00. Enola Richet


5- Vidéo. Vendée Globe : le coup de gueule écologique d’un skipper sur le point Nemo, Ouest-France, 31/12/20, 11h23



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1- Boyan Slat, le nettoyeur des océans, Paris Match, Les héros de la Planète, 17/12/20, 07h00. Caroline Fontaine

La mission était jugée impossible. En 2012, le jeune Néerlandais abandonne ses études pour mettre au point un piège à déchets géant. Huit ans plus tard, son objectif est de débarrasser les mers, d’ici à 2040, des milliards de plastiques qui les asphyxient. Les dollars affluent. En même temps qu’une tempête de critiques… Rencontre avec un prodige autodidacte qui mise sur le progrès technologique plutôt que sur les changements de comportement.
C’est un jeune homme timide, les cheveux en bataille, les yeux souvent perdus dans le vide. Son vélo, pliable, ressemble à ceux que les adolescents utilisent pour réaliser sauts et figures. Il porte le plus souvent un tee-shirt, un jean, des chaussures de marche. Boyan Slat a fêté cet été ses 26 ans, et en paraît quelques-uns de moins. Mais il a déjà un impressionnant CV : inventeur, entrepreneur, leveur de fonds, avocat de sa cause, communicant hors pair, chef d’équipe… A tout ça, il convient d’ajouter ses nombreux prix, dont celui du Champion de la Terre décerné par l’Onu au nom de «sa détermination et son absence de peur qui sont la marque des visionnaires ». C’était en 2014, il avait 20 ans et en était le plus jeune lauréat.

 

 

2- Dans le Haut-Rhin, des lombrics pour traiter les eaux usées, Le Monde,24/12/20, 10h00. Nathalie Stey (Lapoutroie, Orbey [Haut-Rhin], envoyée spéciale)

Un nouveau dispositif de jardin d’assainissement est testé dans la vallée de Kaysersberg, pour ouvrir l’usage de la phytoépuration au plus grand nombre.
Rien dans les abords de l’ancienne ferme vosgienne aménagée en gîte ne laisse voir que la bâtisse est équipée d’une mini-station d’épuration, permettant de rendre à la nature une eau parfaitement propre. Le jardin de roseaux et de hautes herbes, qui constitue la dernière étape du processus d’assainissement, s’insère parfaitement dans le paysage de moyenne montagne. Seul un regard indique l’emplacement de la fosse dans laquelle les vers s’activent pour composter les boues rejetées par les résidents. Ce processus étant réalisé en aérobie, il n’y a ni fermentation, ni mauvaises odeurs.
L’installation, réalisée début 2019, fait partie des 5 prototypes testés par la société Aquatiris dans la vallée de Kaysersberg (Haut-Rhin, massif des Vosges). L’expérience, financée à 60 % par l’Ademe, l’Agence de l’eau Rhin-Meuse et la région Grand-Est dans le cadre du programme « Climaxion », vise à développer un concept de jardin d’assainissement qui convienne à tout public. Dans les zones rurales non équipées d’installations collectives, la phytoépuration constitue bien une alternative aux micro-stations classiques, mais elle implique cependant d’accepter la présence d’eaux usées en surface, le temps que les roseaux et autres iris plantés dans les bacs de filtration fassent leur œuvre. « Jusqu’à présent, on s’adressait essentiellement à un public conquis », reconnaît ainsi Martin Werckmann, dirigeant d’Aquatiris.
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Pour améliorer l’acceptabilité du dispositif, le nouveau système a été équipé d’un préfiltre fermé, composé de plaquettes de bois qui retiennent les boues pour ne laisser passer que les effluents liquides. Ces boues sont ensuite minéralisées grâce à l’action des lombrics. Un demi mètre cube de copeaux suffit à traiter les eaux usées produites par six personnes. Le compost ainsi obtenu n’a pas besoin d’être vidangé. Quant aux eaux résultant de cette première filtration, elles sont traitées dans un unique filtre planté alternant gravier, gravillons et lit de sable. Le bac ressemble à n’importe quel massif paysager mélangeant joncs, menthe ou encore reines des prés.


Bilan carbone 7,5 fois moindre
L’analyse du cycle de vie réalisée dans le cadre du programme « Climaxion », et validée par l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture, a démontré que le bilan carbone de ce type d’installation est 7,5 fois moindre que celui des micro-stations existant sur le marché. Contrairement à ces dernières, le prototype d’Aquatiris utilise essentiellement des matériaux biosourcés et ne nécessite pas d’alimephytoépurationntation électrique. L’utilisation de granulats a également été considérablement réduite par rapport aux jardins d’assainissement classiques, qui nécessitent 2 à 4 m2 de filtre planté par personne. Le concept est aujourd’hui testé au sein du Centre d’études et de recherches de l’industrie du béton, pour une homologation attendue au courant du premier semestre 2021.


Ecovillages, logements participatifs… Une autre manière d’habiter la Terre
« On s’est intéressé à plein de systèmes avant d’opter pour celui-ci, mais ils n’étaient pas adaptés à notre situation, en fond de vallée, dans un endroit très humide. Cette installation avec pré-filtre est moins contraignante qu’un jardin d’assainissement classique, et il n’y a pas d’odeur », témoigne Sinead Demangeat-Abbott, bénéficiaire du premier prototype, à Lapoutroie (Haut-Rhin). Dans sa version commercialisée, ce nouveau dispositif coûtera aux alentours de 9 000 euros, soit un prix équivalent aux solutions existantes, mais sans frais de maintenance ni de vidange qui y soient associés. Seule nécessité : disposer d’un terrain en pente.
Acteur confirmé du secteur des jardins d’assainissement, Aquatiris est née en 2007 d’un réseau associatif strasbourgeois militant en faveur de la phytoépuration. Ses membres se sont associés à d’autres militants, bretons, pour mutualiser leurs savoirs. La technique n’a elle-même été autorisée aux particuliers qu’en 2009. Aquatiris a développé un réseau de franchisés à travers la France et réalise environ 2 000 installations par an, dont certaines solutions de niche, comme un jardin d’assainissement mobile adapté aux tiny houses ou encore un jardin flottant pour équiper les bateaux-logement. Le nouveau dispositif, commercialisé essentiellement via les paysagistes, devrait lui permettre de s’attaquer aux marchés allemand, suisse et luxembourgeois.

3- En 2021, la pollution de l’air va virer au violet, Le Monde, 31/12/20, 05h57. Stéphane Mandard

Un nouvel indice de la qualité de l’air entre en vigueur le 1er janvier. Destiné à informer les Français, il prend en compte les particules fines PM2,5, particulièrement dangereuses pour la santé.
En 2021, la pollution de l’air va virer au violet. Non pas que les prévisionnistes anticipent une année particulièrement irrespirable avec des pics à répétition. Mais parce qu’une nouvelle couleur va faire son apparition dans le nuancier censé renseigner les Français sur l’état de l’air qu’ils respirent au quotidien : le violet. Elle est la manifestation la plus visible du nouvel indice de pollution de l’air qui entre en vigueur le 1er janvier.


Reportage : Ella Adoo-Kissi-Debrah, 9 ans, « tuée » par la pollution de l’air
Désormais, le code couleur s’étendra du bleu (« bon ») au violet (« extrêmement mauvais »), en passant par quatre autres gradients (« moyen », « dégradé », « mauvais », et « très mauvais »). Jusqu’ici, l’indice allait de « très bon » (catégorie désormais supprimée) à « très mauvais ». Autre évolution pour rendre sa lecture plus claire et plus précise, l’indice sera désormais aligné sur les seuils, plus bas pour le dioxyde d’azote et l’ozone, retenus par l’Agence européenne pour l’environnement. Conséquence, le nombre de jours avec une qualité de l’air « mauvaise » ou « très mauvaise » devrait bondir.
Atmo France, l’organisme qui fédère les associations de surveillance de la qualité de l’air, a fait des simulations. En se fondant sur le nouvel indice, le nombre de journées avec un air « mauvais » ou « très mauvais » serait passé, en moyenne, ces dernières années de 10 à 83 par an à Paris, de 8 à 86 à Marseille, de 14 à 108 à Lyon ou encore de 6 à 60 à Bordeaux.


Intégration d’un nouveau polluant
Cette explosion attendue du nombre de jours où les Français seront exposés à un air de qualité médiocre ne s’explique pas seulement par l’abaissement des seuils. Il est aussi le résultat de l’intégration d’un nouveau polluant : les particules fines PM2,5 (inférieures à 2,5 micromètres de diamètre). Depuis sa création en 1994, l’indice Atmo était calculé à partir de la concentration dans l’air de quatre polluants : le dioxyde de soufre (émis principalement par l’industrie), le dioxyde d’azote (NO2, issu principalement du trafic routier et en particulier des diesels), l’ozone (O3, dont les pics suivent ceux de chaleur) et les particules dites PM10 (inférieures à 10 µm, générées par le chauffage en hiver, le trafic routier ou encore les épandages agricoles).
> Enquête : Les particules les plus toxiques seraient celles issues du chauffage au bois et de l’usure des freins et des pneus
Depuis des années, les spécialistes de la pollution de l’air réclamaient la prise en compte des PM2,5 en raison de leur dangerosité. A la différence des PM10, qui restent bloquées au niveau des voies respiratoires supérieures (nez, pharynx), les PM2,5 pénètrent plus profondément l’organisme, jusqu’au système sanguin et au cerveau. Une exposition chronique aux PM2,5 favorise ainsi cancers du poumon, infarctus et AVC. En outre, c’est sur les PM2,5 et non les PM10 que se porte l’attention pour estimer le nombre de morts attribués à la pollution de l’air. En France, on estime, selon les modes de calculs, entre 48 000 et 67 000 le nombre de décès prématurés chaque année.
Pour le ministère de la transition écologique, ce nouvel indice sera « plus représentatif de l’état de la qualité de l’air, mais aussi plus en phase avec les attentes des citoyens ». Encore largement méconnu du grand public, Atmo France milite pour qu’il trouve sa place dans les bulletins météo des chaînes de télévision. Certaines antennes régionales de France 3 (Centre-Val de Loire, Hauts-de-France et PACA) l’ont déjà intégré. BFM-TV devrait s’y mettre courant janvier à Paris, Lyon et Lille. Mais le message risque d’être brouillé tant que le système de déclenchement des alertes pollution et des mesures qui les accompagnent reste décorrelé de l’indice.


Décalage avec le système d’alerte pollution
Premier paradoxe, et pas le moindre, si les PM2,5 sont désormais incluses dans l’indice, elles ne sont toujours pas prises en compte pour déterminer un pic de pollution. Ainsi, même si les Parisiens ou les Lyonnais constatent un jour que l’indice vire au rouge ou au violet en raison de concentrations excessives en particules fines, cela n’impliquera pas automatiquement l’activation, par le préfet, des mesures censées mettre un terme aux épisodes « officiels » de pollution : restriction de circulation pour les véhicules les plus polluants, limitation de la vitesse…
Le décalage est susceptible d’être observé également avec les autres polluants (PM10, NO2, ozone) pris en compte pour déclencher une alerte pollution et son dispositif de gestion. Ainsi, pour l’ozone, dont les pics ont tendance à se multiplier l’été sous l’effet du réchauffement climatique, l’indice indique que l’air est « mauvais » à partir d’une concentration de 130 µg/m3 alors que le dispositif d’alerte n’est activé qu’au-dessus de 240 µg/m3, lorsque l’indice vire au magenta.
« Notre souhait est qu’il y ait la plus grande cohérence possible entre l’indice et les dispositifs d’alerte », déclare Marine Tondelier, la déléguée générale d’Atmo France. Aussi, l’organisme a saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et la Haute Autorité de santé pour tendre vers un alignement des seuils – qui devraient être abaissés dans les prochaines années. La Commission européenne vient en effet de lancer le processus de révision de sa directive sur l’air avec l’objectif d’aligner ses limites d’exposition, en particulier pour les PM2,5, sur celles, plus protectrices, de l’Organisation mondiale de la santé.
Membre du collectif Air-Santé-Climat, le médecin Thomas Bourdrel salue l’intégration des PM2,5 dans le nouvel indice. Il regrette en revanche qu’il « passe encore sous silence les particules ultrafines [inférieures à 100 nanomètres], pourtant les plus toxiques ». A Strasbourg, où il est radiologue, Thomas Bourdrel a fait analyser les urines d’enfants vivant près d’axes routiers : « Nous avons retrouvé plus d’un million de particules fines carbonées, issues principalement des diesels, par millilitre d’urine. » Dans un avis rendu en juillet 2019, l’Anses a recommandé aux autorités de « cibler en priorité » les particules ultrafines dans les politiques publiques de lutte contre la pollution de l’air.

4- Une entreprise française veut recycler les masques jetables, nouvelle menace de pollution, Le Monde, 01/01/21, 11h00. Enola Richet

Composés d’un assemblage de plastiques, de bandelettes élastiques et parfois d’une barrette métallique, ces protections mettent des dizaines d’années à se décomposer
Deux masques quotidiens par personne suffiraient à engendrer 400 tonnes de déchets plastiques supplémentaires par jour, selon l’organisation de lutte contre les déchets Zero Waste France. Et ce, rien qu’à l’échelle nationale. Introduits chez le grand public dans l’urgence de l’épidémie de Covid-19, et peu à peu rendus obligatoires, les masques jetables constituent cependant une nouvelle forme de pollution. Leur production, entre juillet 2019 et juillet 2020, aurait été multipliée par 200, selon une étude de l’ONU. Sur les réseaux sociaux, les vidéos de plages ou d’océans jonchés de masques jetables se multiplient.
En France, l’entreprise TerraCycle propose de recycler les masques jetables et autres équipements de protection individuelle (EPI), comme les gants et les visières, non pris en charge par les filières de tri traditionnelles. Une initiative qui vient s’ajouter à d’autres programmes locaux : à Châtellerault (Vienne), la PME Plaxtil recycle déjà le polymère des masques jetables pour le transformer en cintres ou en kits de géométrie pour les écoles ; à Tours (Indre-et-Loire), la métropole entend développer un système de bornes de collecte.
Constitués d’un dérivé du pétrole, le polypropylène, « les masques chirurgicaux ne sont pas biodégradables et mettent des dizaines d’années à se décomposer »explique Françoise Gaill, biologiste au CNRS et spécialiste des écosystèmes profonds océaniques. Pour la chercheuse, ces déchets viennent s’ajouter à tous les plastiques qui « risquent d’arriver jusqu’à la mer, véhiculés par les fleuves, et de devenir un stress de plus pour la biodiversité marine ». Au-delà du risque d’étouffement d’une partie de la faune, « la diffusion de ces nanoparticules de plastique pourrait engendrer des substances toxiques pour les animaux. Mais nous manquons pour l’instant de données sur le sujet », précise François Gaill.
Depuis l’arrivée du Covid-19, le ministère de la transition écologique et solidaire recommande aux particuliers de jeter masques, mouchoirs, lingettes et gants dans un sac-poubelle dédié. Composés d’un assemblage de plastiques, de bandelettes élastiques et parfois d’une barrette métallique pour pincer le masque au niveau du nez, ces protections sont considérées non recyclables.


En mobilier de jardin
Les déchets difficiles à recycler sont justement le domaine de spécialité de l’entreprise TerraCycle, qui propose de les collecter et les acheminer vers un partenaire recycleur spécialisé, capable de séparer les différentes composantes et de transformer les parties faites de polymère en granulés de plastique. « Chaque type de déchet est composé d’un mélange de matériaux et nécessite des machines et des techniques de recyclage spécifiques », détaille Julia Chevalier, responsable des relations publiques chez TerraCycle. Ces granulés sont ensuite utilisés pour confectionner du mobilier d’extérieur, des bancs, des arrosoirs ou encore des palettes de transport. « La seule chose qu’on ne peut pas fabriquer avec, ce sont des emballages alimentaires », indique-t-elle.
> Lire aussi  La France a commandé 2 milliards de masques jetables, et maintenant se pose la question de leur pollution
Le système repose sur la vente de « boîtes zéro déchet », destinées aussi bien aux entreprises, aux collectivités locales ou associations, aux particuliers ou encore aux écoles. Les boîtes de collecte sont vendues entre 110 et 230 euros selon leur taille, et peuvent accueillir de 430 à 2 175 masques. Certaines boîtes sont conçues spécialement pour le recyclage des masques jetables (antipoussières, FFP2, FFP3), d’autres pour une palette plus large d’EPI, « tant qu’ils ne proviennent pas du milieu médical », précise Julia Chevalier.
Les masques et EPI issus du milieu médical (hôpitaux, laboratoires de recherche, Ehpad, cliniques vétérinaires…) sont considérés comme « déchets d’activités de soins à risques infectieux » (Dasri), c’est-à-dire ayant pu être en contact avec du sang ou des fluides, et suivent un processus de tri qui leur est propre.


« Prioriser les masques réutilisables »
Même lorsqu’ils sont issus du grand public, la collecte et le recyclage des masques jetables et EPI nécessite des précautions sanitaires. Une fois la boîte de collecte pleine, celle-ci doit être scellée avec du ruban adhésif et entreposée au minimum soixante-douze heures avant d’être collectée par le transporteur UPS, partenaire de TerraCycle. Elle est ensuite acheminée par la route jusqu’à l’entrepôt de stockage situé dans le Nord, où elle est de nouveau mise en quarantaine pendant quatorze jours avant d’être envoyée au recyclage.
Malgré l’élargissement massif de sa chaîne logistique dédiée aux masques, les quantités de détritus récoltés en France par TerraCycle sont trop faibles pour lancer le processus de recyclage. « Nous travaillons au niveau industriel, c’est-à-dire en très grandes quantités : il nous faut de 10 à 20 tonnes de déchets pour entamer le processus de recyclage, expose Julia Chevalier. Nous en sommes actuellement à 150 kg depuis le début de la crise due au Covid-19. » Lorsque les quantités collectées en France seront suffisantes, elles seront prises en charge par une usine de recyclage du Royaume-Uni, où la filière est plus développée. « A terme, nous souhaitons que ces déchets soient traités en France », affirme Julia Chevalier.
> Lire aussi  Pourquoi la réutilisation des masques chirurgicaux est bloquée en France
Pour l’association Zero Waste, le problème est là. « Une vraie filière de recyclage peut mettre une décennie à se mettre en place, face à un gisement de déchets qui est énorme, appuie Alice Elfassi, membre de l’équipe Zero Waste France. Le développement de filières de recyclage de masques est louable, mais ça n’est pas suffisant », insiste-t-elle. Depuis l’apparition de virus respiratoires tels que le SRAS ou le MERS-CoV ces dernières décennies, plusieurs consortiums de chercheurs ont mis en avant des procédés permettant le lavage et la réutilisation des masques jetables.
Si ces recherches ont été concluantes, les barrières réglementaires en vigueur dans la loi française ne permettent pas l’expérimentation de ces techniques sur des personnes volontaires, et donc leur application. Pour Zero Waste, la solution la plus évidente reste de prioriser les masques réutilisables. « Dans la panique du début de la crise, la communication sur l’efficacité des masques en tissu a été floue : lors d’une période déjà anxiogène, les gens se sont tournés vers la solution rassurante des masques jetables », analyse Alice Elfassi. Mais plusieurs mois après, « la communication sur les masques réutilisables n’est toujours pas assez forte. Il faut à tout prix éviter de revenir au tout-jetable ».

5- Vidéo. Vendée Globe : le coup de gueule écologique d’un skipper sur le point Nemo, Ouest-France, 31/12/20, 11h23

 


Giancarlo Pedote (Prysmian Group) a passé le point Nemo le mercredi 30 décembre 2020 lors du Vendée Globe. Le skipper italien a fait la découverte de ce « cimetière de vaisseaux » et pousse un coup de gueule écologique.
Les skippers du Vendée Globe poursuivent leur chemin en mer, en solitaire, ce jeudi 31 décembre à l’occasion du dernier jour de l’année 2020. Ils se rapprochent du cap Horn. Mais Giancarlo Pedote, 11e du classement, vient, lui, de passer le point Nemo.
L’Italien pousse d’ailleurs un petit coup de gueule écologique après avoir découvert ce cimetière de vaisseaux spatiaux. « Ça me fait un peu mal au cœur de voir que la mer est utilisée comme une poubelle. Ça serait sympa que quelqu’un trouve les moyens de s’en occuper. »

“J’ai lu quelque part que cet arbre est une des espèces qui diffuse le plus d’oxygène” explique un jeune volontaire à Associated Press, fier du ficus qu’il vient tout juste de planter dans la forêt de la réserve Kukrail.
“Il y a tellement de pollution en ville que nous avons besoin des arbres pour produire de l’oxygène”
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d’Uttar Pradesh, planter autant d’arbres encouragera la prise de conscience de l’importance du reboisement des forêts, et la nécessité de conserver et protéger l’environnement. “De sérieux efforts sont primordiaux pour réduire les émissions de carbone et limiter les effets du changement climatique,” a-t-il également déclaré. “Uttar Pradesh a fait un premier pas dans cette démarche.”
Les gouverneurs des 29 États de l’Inde sont vivement encouragés à lancer des opérations de reforestation, pour augmenter le nombre d’arbres dans tout le pays. Ces actions environnementales font partie des engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu à Paris, entre novembre et décembre 2015.
L’État a mis de côté près de 6,2 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros) pour des initiatives similaires, et espère honorer sa promesse, qui consiste à replanter l’équivalent de 95 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Des gardes-chasse à la retraite seront chargés de surveiller les régions où les arbres ont été plantés, afin d’observer et de contrôler la bonne croissance des jeunes plants. Seuls 60% d’entre eux sont destinés à pousser correctement.

 

 

4- La "mémoire" de la glace du Mont-Blanc bientôt conservée en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des échantillons de glaciers en Antarctique: l'idée peut paraître saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une équipe de chercheurs qui va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace menacée par le réchauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information", explique à l'AFP Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4.300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986" après la catastrophe de Tchernobyl, sourit Jérôme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers évoluent - fondent - tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3.500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5.300 mètres, a disparu dès 2009.
"Cette année, il y a eu de la fonte à 6.000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Niño", souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace", pointe Jérôme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues espèrent donc effectuer une vingtaine de carottages sur des sites répartis sur tous les continents. L'ensemble des carottes seront conservées dans une cave de neige à Concordia, "un congélateur naturel à -50°C", à l'abri des pannes électriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.