médaillon
Revue de presse de septembre 2019

1- Mort mystérieuse de 34 cétacés près des côtes toscanes depuis janvier, AFP, 02/08/19, 20:00


2- Une saison meurtrière pour les rennes du Svalbard, en Norvège, Le Monde, 03/08/19, 10h12. Olivier Truc (Stockholm, correspondance)


3- Des tiques géantes particulièrement agressives envahissent la France, RTL, 04/08/19, 03:24. Cassandre Jeannin


4- Guyane : l'acoupa rouge, poisson menacé par un trafic de vessies natatoires, Sciences et Avenir avec AFP, 07/08/19, 10h15


5- Voici «Georgette», l'huître géante d'1,4 kg découverte en Vendée, 20 Minutes, 08/08/19, 20h56. S.A avec AFP


6- Reportage. En Afrique du Sud, les éléphants menacés par la tuberculose, Le Monde Afrique, 10/08/19, 09h43. Noé Hochet-Bodin  (Parc national Kruger, Afrique du Sud, envoyé spécial)


7- En Afrique, la girafe et la menace d'"extinction silencieuse", AFP, 16/08/19, 08:00. Nicolas Delaunay





 

 

***********

1- Mort mystérieuse de 34 cétacés près des côtes toscanes depuis janvier, AFP, 02/08/19, 20:00


34 cétacés, des dauphins mais aussi un cachalot et une baleine, sont morts dans des conditions mystérieuses depuis le début de l'année au large des côtes toscanes (Italie), ont déclaré vendredi les autorités locales. 
Rien que sur quatre jours, entre le 29 juillet et le 1er août, six dauphins de deux espèces différentes ont été retrouvés morts, a précisé à l'AFP Marco Talluri, porte-parole de l'Agence régionale pour la protection environnementale de la Toscane (Arpat).
Les chercheurs ne devraient pas recevoir avant fin août les résultats des analyses réalisées sur ces animaux.
Les dauphins ont été retrouvés très près des côtes en train d'agoniser, ce qui permet aux vétérinaires de faire des prélèvements plus fiables que sur des spécimens découverts en décomposition au fond de l'eau. 
"Nous avons analysé les estomacs de huit spécimens et nous avons constaté qu'ils étaient à moitié vides, comme si les animaux n'avaient pas mangé depuis deux ou trois jours", a détaillé la biologiste italienne Cecilia Mancusi, une experte de l'Arpat, citée par le quotidien Il Corriere della Sera. 
"Cet important indice pourrait indiquer que les dauphins n'allaient pas bien depuis quelque temps et qu'il pourrait s'agir d'un virus comme celui de la rougeole, qui avait entraîné la mort de centaines de dauphins dans toute l'Italie en 2013", a-t-elle ajouté. 
Selon Gianna Fabi, chercheuse de l'Institut pour les ressources biologiques et en biotechnologie marine du CNR (Centre national italien de recherche) qui a étudié un phénomène similaire en juin dans l'Adriatique avec la mort de 14 dauphins en trois semaines, il est improbable que les causes soient une ingestion de plastique ou un problème de pollution.
"Dans les deux cas, on aurait trouvé des traces dans l'organisme", a-t-elle expliqué à l'agence Agi. Il pourrait s'agir d'épidémies "provoquées par un agent pathogène qui aurait proliféré en raison des pics de températures ou de pluies abondantes qui ont abaissé la salinité de l'eau" de mer. 
Autre hypothèse : "une importante pollution acoustique sous-marine qui aurait altéré le système de localisation de ces espèces".
Selon une étude réalisée entre 2008 et 2018, en moyenne 18 cétacés ont été retrouvés morts chaque année près de la Toscane, témoignant du caractère exceptionnel de l'épisode actuel.
La zone fait partie du sanctuaire Pelagos pour la protection des mammifères marins créé en 1999 par la France, l'Italie et la Principauté de Monaco. Cette réserve de 87.500 km2 forme un triangle entre la presqu'île de Giens en France, le nord de la Sardaigne et Fosso Chiarone en Italie.

 

2- Une saison meurtrière pour les rennes du Svalbard, en Norvège, Le Monde, 03/08/19, 10h12. Olivier Truc (Stockholm, correspondance)

Quelque 200 bêtes ont été retrouvées mortes par l’Institut polaire norvégien, lors de son opération annuelle de recensement. 
De retour de son expédition annuelle de recensement des rennes du Spitzberg sur l’archipel du Svalbard, à quelques centaines de kilomètres du pôle Nord, Ashild Onvik Pedersen, chercheuse à l’Institut polaire norvégien, sonne l’alarme. Plus de deux cents rennes ont été trouvés morts de faim durant l’été, la plupart dans Adventdalen. Jamais elle n’a trouvé autant de cadavres. « C’est une expérience terrible de trouver autant d’animaux morts », dit-elle.
Pour l’Institut, qui procède à ce travail d’observation des rennes du Spitzberg tous les étés depuis quarante ans dans le cadre d’un programme scientifique, le réchauffement climatique est sans la moindre hésitation à l’origine du drame. « L’impact du changement climatique s’observe de deux façons, explique Ashild Onvik Pedersen au Monde. Il y a maintenant de la pluie en hiver dans le Haut-Arctique, ce qui entraîne, quand le froid passe dessus, la formation de couches de glace qui interdisent l’accès à la végétation. Ensuite, le réchauffement des températures l’été transforme le paysage, l’herbe des pâturages devient meilleure ici, donc la population de rennes augmente, ce qui induit plus de compétition entre les animaux. » 

Cette concurrence a des conséquences dramatiques l’hiver, quand le nombre de rennes est trop important pour une nourriture qui devient plus rare et difficilement accessible sous la glace, d’où une mortalité bien plus grande. « Il sera sans doute plus commun à l’avenir de constater des variations très importantes dans les deux sens, note Ashild Onvik Pedersen, avec une population de rennes importante du fait des bons pâturages d’été, mais une mortalité importante à cause de la rareté de la nourriture l’hiver. »


Territoires bouleversés
En décembre 2018, de fortes précipitations ont été observées sur le Svalbard. Un changement qui peut paraître anecdotique, mais qui est un changement radical dans un territoire qui, comme certaines régions de l’intérieur de la Laponie, est traditionnellement très sec. La tendance est nette, avec un réchauffement bien plus rapide en Arctique qu’ailleurs dans le monde. Selon un récent rapport de la direction norvégienne de l’environnement, « Climate in Svalbard 2100 », l’archipel a connu un réchauffement de trois degrés sur la période 1971-2017, et sa température pourrait grimper de dix degrés d’ici àla fin du siècle.
Le renne du Spitzberg, une espèce sauvage, évolue souvent en petits groupes de trois à cinq bêtes. Sauf parfois l’hiver, quand une partie des pâturages est inaccessible sous des couches de glace, poussant les rennes à se regrouper sur les meilleures zones. En Laponie en revanche, les rennes sont élevés et appartiennent à des éleveurs regroupés au sein de structures collectives. Ces derniers constatent directement le changement de comportement des animaux sous l’effet du réchauffement. « En fonction de l’état du pâturage de l’année précédente, les rennes auront tendance à retourner l’année suivante sur un bon pâturage », explique Egil Kalliainen, le chef du district des éleveurs de la vallée de Pasvik, en Laponie norvégienne, le long de la frontière russe.

Avec le dérèglement climatique, la carte des territoires se trouve bouleversée, non sans créer des conflits : les rennes d’un éleveur vont sur les pâturages d’un autre, ou des bêtes cherchent la nourriture dans les champs d’un agriculteur. Les parlements sami d’Europe du Nord ont d’ailleurs mis sur pied des stratégies d’adaptation au changement climatique, dont l’une est en discussion au Parlement sami de Suède.


« Nuits tropicales »
En Suède, on parle de « nuits tropicales » ces temps-ci, lorsque la température ne descend pas sous 20 °C de toute la nuit. Ces événements peuvent se produire, mais en Suède, ils s’accélèrent et sont plus fréquents. La nuit du 26 juillet, les services météo suédois ont enregistré la première d’une série de telles nuits, à l’intérieur même des terres et non sur la côte où elles sont plus habituelles.
Début juillet, la Fédération suédoise des agriculteurs a annoncé le paiement par la direction de l’agriculture de la plupart des aides publiques pour les dégâts liés à la sécheresse de 2018. En tout, quelque 1,57 milliard de couronnes auront été payées, couvrant seulement 15 % des pertes des paysans suédois liées à la sécheresse. Les jeunes agriculteurs sont particulièrement touchés.
La vague de chaleur qui touche la région polaire se constate sur le pourtour arctique. Les services météo canadiens ont relevé un record de température de 21 °C sur la base militaire Alert, dans l’extrême nord canadien, à 800 kilomètres du pôle Nord. Le précédent record, dans cet endroit septentrional le plus habité dans le monde, était de 20 degrés en 1956.
Le Centre national de données sur la neige et la glace, qui surveille notamment l’étendue de la banquise, a constaté que juin 2019 marquait, pour un mois de juin, la deuxième surface la plus faible, juste derrière le minimum record enregistré en 2016

 

 

3- Des tiques géantes particulièrement agressives envahissent la France, RTL, 04/08/19, 03:24. Cassandre Jeannin

Deux fois plus grosses que les autres, les tiques géantes sont capables de poursuivre leurs proies sur une centaine de mètres pendant dix minutes.
Hyalomma marginatum, ça ne vous dit peut-être rien comme ça mais cette tique géante envahit actuellement l'Europe et la France. Deux fois plus grosse et bien plus agressive qu'une tique classique, elle est capable de poursuivre sa proie sur une centaine de mètres pendant près de 10 minutes. 
Comme le rapporte Ouest-France, cette espèce de tique a la particularité de se cacher dans le sol et de suivre sa victime potentielle. Une fois accrochée, elle suce le sang de sa proie pendant une trentaine de jours. 
Au cours du mois de juillet, plusieurs spécimens ont été repéré aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Autriche. Jusqu'alors la tique géante peuplait uniquement certaines régions d'Afrique du Nord, de Turquie et du sud de l'Europe, selon une carte du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. 
En France, l'Institut national de recherche agronomique alerte sur les dangers potentiels de cette espèce de tique. Elle peut transmettre des maladies comme la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, une pathologie qui a "un taux de létalité pouvant atteindre 40%", selon l'Organisation mondiale de la Santé.

 

4- Guyane : l'acoupa rouge, poisson menacé par un trafic de vessies natatoires, Sciences et Avenir avec AFP, 07/08/19, 10h15


Appréciée en Chine, la vessie natatoire de l'acoupa rouge, présent dans les eaux guyanaises, a vu sa valeur marchande explosée. De quoi attirer la convoitise de pêcheurs clandestins brésiliens.
Dans les eaux guyanaises, l'acoupa rouge, poisson argenté aux nageoires rouges est en danger : sa vessie natatoire, organe qui lui permet de flotter, est un aliment très prisé des Chinois dont certains lui prêtent des vertus aphrodisiaques et qui fait l'objet d'un important trafic.
Entre 170 et 180 euros le kilos frais de vessie natatoire
C'est une petite poche gazeuse, un peu transparente, qui suscite la convoitise. Séchée et réduite en poudre, elle est "très appréciée sur le marché asiatique, ça fait partie des sept plats de l'empereur de Chine, c'est un peu l'équivalent de la truffe en Chine", "un signe extérieur de richesse", explique Bruno Morin, directeur adjoint à la Direction de la mer à Cayenne. On prête notamment à cette vessie natatoire des vertus médicinales, voire aphrodisiaque. Elle est utilisée pour faire des soupes, "aromatiser les plats", "servir de liants" pour la bière ou même dans les cosmétiques, ajoute M. Morin.

5- Voici «Georgette», l'huître géante d'1,4 kg découverte en Vendée, 20 Minutes, 08/08/19, 20h56. S.A avec AFP

Le mollusque, pesant 1,440 kilo pour 25 centimètres, est probablement âgé de 13 à 15 ans
On ne pourra pas la trouver dans le bar-restaurant du coin. Une huître géante pesant 1,440 kilo pour 25 centimètres a été découverte par un ostréiculteur de Talmont-Saint-Hilaire ( Vendée). Le chanceux a surnommé le mollusque « Georgette », avant de le remettre à l’eau
« Je travaillais dans le chenal et en marchant, j’ai senti quelque chose à mon pied. Je l’ai récupéré et c’était cette grosse huître », a raconté ce jeudi Mathieu Naslin, un salarié des Viviers de la Guittière. Ce dernier, qui a trouvé l’huître le 2 août, travaille depuis huit ans pour ce parc ostréicole et affirme n’avoir jamais fait une telle découverte.

6- Reportage. En Afrique du Sud, les éléphants menacés par la tuberculose, Le Monde Afrique, 10/08/19, 09h43. Noé Hochet-Bodin  (Parc national Kruger, Afrique du Sud, envoyé spécial)

Depuis la détection du bacille de Koch chez un pachyderme en 2017, les autorités sont en alerte et mènent des tests sur les animaux des parcs naturels du pays. 
Lundi 29 juillet, 6 h 46. L’hélicoptère des vétérinaires de South African National Parks survole un troupeau d’une vingtaine d’éléphants. Le fusil dépasse de la carcasse de l’appareil et, un instant après le départ de la fléchette, un animal s’effondre au milieu de la savane du parc national Kruger, en Afrique du Sud.
Au sol, les équipes médicales s’affairent autour du pachyderme couché sur le flanc. Ils ont une heure pour agir, le temps de l’anesthésie. Le patient est un jeune mâle de près de six tonnes, que les vétérinaires intubent pour effectuer un lavage alvéolaire, une bronchoscopie et, enfin, prélever un échantillon de poumon qui sera analysé dans le laboratoire vétérinaire du parc. Cinquante-cinq minutes plus tard, les voitures des rangers quittent les lieux et l’animal s’en va retrouver les siens.
> Lire aussi  Le Gabon, dernier refuge des éléphants de forêt
Cette année, il est le 35e éléphant à subir un test de tuberculose dans le plus grand parc naturel d’Afrique du Sud, connu pour sa superficie égale à celle d’Israël et ses presque 2 millions de visiteurs annuels. « Pour l’instant, nous n’avons pas détecté le virus de la tuberculose humaine chez les 35 éléphants testés, assure le vétérinaire Peter Buss. Lorsqu’on atteindra le seuil de 60 animaux examinés, on en saura plus sur l’étendue de l’épidémie. »


Braconnier ou touriste ?
Le parc Kruger compte à lui seul 20 000 pachydermes. Il y a deux ans, la panique s’est emparée des autorités lorsque l’un d’entre eux a été retrouvé mort à la suite d’inhabituels problèmes respiratoires. Après autopsie et une analyse de ses bronches, le laboratoire a pu identifier le bacille de Koch, la bactérie responsable de la maladie chez les humains qu’on ne savait pas pouvoir transmettre à l’animal.
La tuberculose n’est pas une maladie nouvelle dans le parc. Depuis les années 1960, des milliers d’animaux l’ont contractée, mais d’ordinaire il s’agit de la souche bovine, importée par les Européens qui ont débarqué au cap de Bonne-Espérance avec leur bétail à la fin du XIXe siècle. « Beaucoup d’espèces sont contaminées par la tuberculose bovine, détaille Michele Miller, chercheuse en sciences vétérinaires à l’université de Stellenbosch. Les rhinocéros, les lions, les léopards et les éléphants en sont atteints. Cette maladie doit être prise au sérieux, puisqu’on estime qu’elle pourrait faire décliner le nombre de lions de plus de 35 % dans les cinquante années à venir. »

Pour la bactérie qui contamine les humaine, le mystère est total. Les équipes médicales tentent de répondre aux questions que soulève sa diffusion. « Nous essayons de comprendre comment l’animal a contracté cette tuberculose,continue Peter Buss. Car cette bactérie ne se transmet que par un contact très proche, ce qui semble impossible lors d’un safari. » Si certains regards se tournent vers les braconniers qui auraient chassé dans le parc, pour le vétérinaire, l’hypothèse la plus plausible reste « un touriste qui aurait jeté un sachet de nourriture ou un mouchoir infecté et qu’un éléphant aurait placé dans sa trompe ».


Une opération très coûteuse
Les autorités sanitaires sud-africaines sont inquiètes, car si la réaction des tissus humains au bacille de Koch est connue, en revanche, on ignore les dégâts qu’elle peut produire sur un animal de six tonnes. « On ne sait pas non plus si d’autres animaux ont été en contact avec la bactérie et s’ils sont contaminés, ni si ceux touchés par la tuberculose humaine peuvent la transmettre aux autres, poursuit Peter Buss. La seule chose qu’on peut estimer, c’est la période d’incubation, qui oscille entre dix et quinze ans. »
L’éléphant africain n’est pas le seul à être infecté. Bien avant lui, son congénère d’Asie avait déjà été contaminé. Là aussi, la cause de la transmission de la bactérie est restée inconnue et la science n’a pas encore apporté de réponse quant au traitement ou au contrôle d’une épidémie. En revanche, on sait que cette forme de tuberculose se transmet de l’animal vers l’humain. En 2018, l’association Pour une éthique dans le traitement des animaux (PETA) a même alerté les touristes sur les risques des balades à dos d’éléphant en Asie, dévoilant que dix pachydermes exploités au fort d’Amber, en Inde, s’étaient révélés positifs à des tests de tuberculose.

Aujourd’hui, le parc Kruger continue ses tests mais craint ne pas pouvoir agir concrètement pour ralentir une possible épidémie. D’abord à cause de l’importance des ressources nécessaires sur le terrain (équipes vétérinaires et moyens aériens). Ensuite à cause du coût très élevé de l’opération. « Si on devait traiter certains éléphants, on le ferait avec le même vaccin que les humains, le BCG, indique Michele Miller. C’est un traitement quotidien pendant quinze mois avec des doses colossales. » Facture totale : 60 000 dollars par éléphant (environ 53 500 euros). Une somme que le parc ne déboursera qu’en cas d’épidémie foudroyante.

7- En Afrique, la girafe et la menace d'"extinction silencieuse", AFP, 16/08/19, 08:00. Nicolas Delaunay

Pendant des décennies, Lesaiton Lengoloni se posait peu de questions lorsque son chemin croisait celui du plus grand animal terrestre. "Avec une girafe, on pouvait nourrir le village pendant plus d'une semaine", se souvient ce berger samburu vivant sur le haut plateau de Laikipia, dans le centre du Kenya.
"Il n'y avait pas de fierté particulière à tuer une girafe, pas comme un lion", raconte cet homme au visage buriné par le temps, appuyé sur un bâton.
Et qu'importe si la chasse de cet animal charismatique est considérée comme du braconnage, "c'était un moyen de subsistance, on mangeait la viande, on se servait de la peau pour le cuir et pour fabriquer des remèdes, et les queues était symboliquement offertes aux aînés", explique-t-il.
Mais au fil des ans, dit-il, les girafes réticulées, la sous-espèce vivant dans cette région, se sont faites de plus en plus rares.
Sur fond de croissance démographique, leur habitat a été de plus en plus fragmenté et réduit, alors que certains continuent de tuer les girafes uniquement pour leurs os et cervelle, considérés comme des remèdes contre le sida, ou leurs queues.
A l'échelle du continent, le nombre de girafes a diminué de quelque 40% entre 1985 et 2015, pour atteindre environ 98.000 individus, selon des chiffres rassemblés par l'Union internationale pour la protection de la nature (IUCN), qui identifie toutefois des dynamiques régionales distinctes.
En Somalie, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo ou en Centrafrique, notamment, les conflits favorisent le braconnage et rendent quasi impossible toute tentative d'étudier et protéger les girafes.
Des hausses remarquables ont été enregistrées en Afrique australe, mais en Afrique de l'Est, la girafe réticulée a perdu quelque 60% de ses individus tandis que la girafe nubienne a connu une baisse tragique de 97%. En Afrique centrale, la girafe du Kordofan a vu sa population diminuer de 85%.


- Surprise -
L'annonce par l'IUCN du classement de la girafe dans la catégorie des espèces "vulnérables" a été accueillie avec une relative surprise fin 2016. Lors de la précédente évaluation, en 2010, elle était encore classée comme "préoccupation mineure".
"La girafe est un grand animal que l'on voit assez facilement dans les parcs et réserves, ce qui a pu donner la fausse impression que tout allait bien", analyse Julian Fennessy, co-président du groupe de spécialistes de l'IUCN pour les girafes et okapis. "D'autant que le problème se situe principalement en dehors des espaces protégés".
De nombreux observateurs évoquent pour ces raisons la menace d'une "extinction silencieuse", d'autant qu'historiquement, la girafe a rarement suscité beaucoup d'intérêt pour les chercheurs.
"Si on les compare à d'autres espèces charismatiques comme les lions, éléphants et rhinocéros, on sait très peu de choses sur les girafes", relève Symon Masiaine, coordinateur du programme d'étude et de protection des girafes "Twiga Walinzi" (Gardiens des girafes en swahili), au Kenya, débuté en 2016. "On reste en retard, mais les choses évoluent".
Arthur Muneza, de la Fondation pour la préservation de la girafe, rappelle que la première recherche de longue durée sur les girafes ne date que de 2004, en Namibie, et que nombre de données sur les girafes ont été récoltées dans le cadre d'études sur d'autres animaux.
Il note également que l'IUCN, en l'absence de données fiables, a dû attendre 2018 pour être en mesure d'établir le niveau de menace pour certaines sous-espèces. La réticulée et la massaï sont désormais classées "en danger", la nubienne et la Kordofan "en danger critique d'extinction".
"Sans données fiables, c'est difficile d'établir des mesures de protection adéquates", dit-il.


- Trophées -
La dernière proposition en date vise à réguler le commerce international des girafes dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites), qui se réunit du 17 au 28 août à Genève. Mais là aussi, un manque cruel de données occupe le devant de la scène.
Six pays africains, dont le Tchad et le Kenya, proposent de classer la girafe dans la "liste des espèces qui, bien que n'étant pas nécessairement menacées actuellement d'extinction, pourraient le devenir si le commerce de leurs spécimens n'était pas étroitement contrôlé". Des "permis d'exportation ou de réexportation" seraient dès lors obligatoires.
Sauf qu'il n'y a "pas suffisamment de données fiables" sur le commerce international des girafes, qu'il s'agisse des trophées, des parties de corps ou d'artefacts, souligne Arthur Muneza. "Il faudrait d'abord une étude pour connaître l'ampleur du phénomène et son éventuelle influence sur les populations de girafes".
Les soutiens de la proposition invoquent le principe de "précaution" et soulignent qu'une classification obligerait les pays membres à récolter des données sur les exportations.
Les critiques dénoncent une proposition guidée par "l'émotion" plutôt que les "faits scientifiques", et soulignent que le peu d'informations disponibles - les Etats-unis sont le seul pays répertoriant ces importations - indiquent que l'essentiel des trophées de girafes proviennent de pays où les populations de girafes augmentent (Afrique du Sud et Namibie).
Sur le plateau de Laikipia, Symon Masiaine estime que quelle que soit la décision prise à Genève, "cela veut dire qu'on parle de la girafe, et elle a bien besoin de cela".


Sur le mĂŞme sujet :
Pour mieux comprendre la girafe, AFP, 16/08/19, 08:00
La girafe, considérée comme "vulnérable" par l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), a perdu 40% de sa population entre 1985 et 2015. Voici quelques faits étranges ou cocasses concernant l'une des icônes de l'Afrique, et plus grand animal terrestre au monde.


- Cou -
La girafe peut mesurer jusqu'à 5,5 mètres de haut, et impressionne particulièrement par la taille de son cou.
Comme chez l'homme, le cou de la girafe ne compte que sept vertèbres, mais chacune d'entre elles mesure quelque 25 cm de long.
Ce cou est particulièrement utile pour atteindre les feuilles des arbres dont les girafes se nourrissent. Il est toutefois trop court pour permettre à la girafe d'atteindre le sol avec son museau pour boire de l'eau sans qu'elle plie ou écarte les pattes, une entreprise difficile pour cet animal longiligne.
Heureusement pour elle, la girafe n'a pas besoin de boire tous les jours, car elle s'hydrate avec les plantes qu'elle ingère.
Le cou est aussi utilisé pour un rituel très élaboré dans lequel les girafes s'affrontent en balançant leur cou pour établir leur domination
.


- Taches -
Avec son pelage tacheté, ses longues pattes et son cou, la girafe - animal charismatique qui ne fait toutefois pas partie du célèbre "Big Five" (lion, éléphant, rhinocéros, buffle et léopard) - a reçu le nom latin de "camelopardalis", qui veut dire chameau-léopard.
Ces taches ne servent pas qu'à se camoufler. Selon la Fondation pour la préservation de la girafe, chaque tache est entourée d'un système très élaboré de vaisseaux sanguins qui fonctionne comme une fenêtre thermique, permettant de réguler la température du corps.
Comme une empreinte digitale pour l'homme, chaque girafe a un pelage au motif unique.


- Grosse langue, gros cœur -
Chez cet animal hors de proportion, la langue peut mesurer jusqu'à 50 cm et lui permet de brouter avec plus de facilité les étages supérieurs de son arbre favori, l'acacia.
Les scientifiques pensent que la couleur bleue-noire de la langue la protège d'une exposition prolongée au soleil. Il est également largement accepté que la salive de la girafe a des propriétés antiseptiques pour protéger sa langue des épines de l'acacia.
Le cœur d'une girafe pèse 11 kilos et est assez puissant pour relever le défi d'envoyer le sang jusqu'au cerveau, situé à environ deux mètres de lui.
Afin de protéger le cerveau de changements subits de pression sanguine lorsqu'elle se penche en avant pour boire, le système coronaire de la girafe comporte des valves qui régulent le flux sanguin. Il possède également des vaisseaux sanguins élastiques qui se dilatent et se contractent pour réguler ce flux.
Les vaisseaux sanguins des pattes de la girafe ont été étudié par la Nasa pour la conception des combinaisons spatiales.


- Reproduction -
Parmi les mammifères, les girafes ont une des plus longues périodes de gestation: 15 mois. Elles accouchent debout, ce qui signifie que leur progéniture tombe de près de deux mètres de haut en naissant.
Cette étonnante introduction à la vie met les nouveaux-nés sur leurs pattes et prêts à courir en moins d'une heure. Un bébé girafe est plus grand que la moyenne des humains adultes.
Dans la nature, les girafes peuvent vivre jusqu'à 25 ans, contre 35 ans en captivité.


- Génétique -
L'ancêtre de la girafe est un animal ressemblant à une antilope de près de 3 m de haut, qui sillonnait les forêts d'Asie et d'Europe il y a entre 30 et 50 millions d'années. L'animal vivant qui lui est le plus proche est l'okapi.
En septembre 2016, une étude scientifique a montré qu'il y avait en fait quatre espèces distinctes de girafes et non une seule séparée en neuf sous-espèces, comme on le pensait jusque-là. Des discussions sont en cours pour faire reconnaître cette taxonomie par l'IUCN, ce qui favoriserait la mise en place de mesures de protection spécifiques.

 

“J’ai lu quelque part que cet arbre est une des espèces qui diffuse le plus d’oxygène” explique un jeune volontaire à Associated Press, fier du ficus qu’il vient tout juste de planter dans la forêt de la réserve Kukrail.
“Il y a tellement de pollution en ville que nous avons besoin des arbres pour produire de l’oxygène”
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d’Uttar Pradesh, planter autant d’arbres encouragera la prise de conscience de l’importance du reboisement des forêts, et la nécessité de conserver et protéger l’environnement. “De sérieux efforts sont primordiaux pour réduire les émissions de carbone et limiter les effets du changement climatique,” a-t-il également déclaré. “Uttar Pradesh a fait un premier pas dans cette démarche.”
Les gouverneurs des 29 États de l’Inde sont vivement encouragés à lancer des opérations de reforestation, pour augmenter le nombre d’arbres dans tout le pays. Ces actions environnementales font partie des engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu à Paris, entre novembre et décembre 2015.
L’État a mis de côté près de 6,2 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros) pour des initiatives similaires, et espère honorer sa promesse, qui consiste à replanter l’équivalent de 95 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Des gardes-chasse à la retraite seront chargés de surveiller les régions où les arbres ont été plantés, afin d’observer et de contrôler la bonne croissance des jeunes plants. Seuls 60% d’entre eux sont destinés à pousser correctement.

 

 

4- La "mémoire" de la glace du Mont-Blanc bientôt conservée en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des échantillons de glaciers en Antarctique: l'idée peut paraître saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une équipe de chercheurs qui va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace menacée par le réchauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information", explique à l'AFP Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4.300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986" après la catastrophe de Tchernobyl, sourit Jérôme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers évoluent - fondent - tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3.500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5.300 mètres, a disparu dès 2009.
"Cette année, il y a eu de la fonte à 6.000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Niño", souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace", pointe Jérôme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues espèrent donc effectuer une vingtaine de carottages sur des sites répartis sur tous les continents. L'ensemble des carottes seront conservées dans une cave de neige à Concordia, "un congélateur naturel à -50°C", à l'abri des pannes électriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.