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Revue de presse de octobre 2018

1- Michel Serres : «Il faudrait trouver un avocat à la nature», Le Parisien, 28/09/18, 10h03, Stéphane Loignon


2- Japon : changement climatique, aveuglement politique, Le Point.fr, 21/09/18, 16:32 , Lise Morizo


3- Le climatologue Jean Jouzel s'avoue pessimiste, Politis, 24/09/18, Claude-Marie Vadrot


4- Réchauffement, scarabées et arbres morts : cocktail incendiaire pour les forêts américaines, AFP, 28/09/18, 23:00, Laurent Banguet


5- Vous ne le savez peut-être pas, mais ces douze produits contiennent des dérivés d'animaux, France Info, 20/09/18, 05:56, Valentine Pasquesoone & Thomas Baïetto


6- Dans notre alimentation, deux tiers des pesticides sont des perturbateurs endocriniens, Novethic, 23/09/18, Marina Fabre


7- Le glyphosate serait (aussi) un tueur d'abeilles, L’Obs, 24/09/18, 21h12, Jean-Paul Fritz





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1- Michel Serres : «Il faudrait trouver un avocat à la nature», Le Parisien, 28/09/18, 10h03, Stéphane Loignon

Pionnier de l’écologie, l’académicien plaide en faveur d’un cadre juridique pour protéger l’environnement. Un projet exposé en 1990 dans son essai « Le Contrat naturel », aujourd’hui réédité. Il y a urgence.

Dans le petit jardin de la maison de Michel Serres, à Vincennes, le marronnier est malade. « Depuis trois ans, il ne donne plus de marrons, ni de fleurs », regrette l’historien des sciences et académicien de 88 ans. « Il n’y a plus de merles, de mésanges, ni de moineaux non plus », ajoute cet intellectuel pionnier de l’écologie, qui faisait paraître, il y a vingt-huit ans, Le Contrat Naturel, un plaidoyer pour doter la nature de droits. Alors que paraît une nouvelle édition de cet essai, l’auteur de Petite Poucette renouvelle son appel à agir pour la planète. Avant qu’il ne soit vraiment trop tard.
Dans la préface de votre ouvrage, vous affirmez que, si nous ne changeons pas nos coutumes, notre économie et notre politique, le monde court au désastre. Est-ce inévitable ?
Michel Serres. Je ne suis pas catastrophiste. Les gens le sont volontiers aujourd’hui, influencés par les médias qui n’annoncent que des attentats, des accidents, alors que la violence ne cesse de baisser. Mais le problème de la planète est toutefois très sérieux. La communauté scientifique tire la sonnette d’alarme depuis trente ans déjà. Mais plus personne ne l’écoute.


 

 

2- Japon : changement climatique, aveuglement politique, Le Point.fr, 21/09/18, 16:32 , Lise Morizo

Les phénomènes météorologiques dévastateurs se sont multipliés cet été au Japon, mais la classe politique n'a toujours qu'une obsession : la croissance.
L'été 2018 au Japon : 220 morts à cause de pluies torrentielles, inondations et glissements de terrain dans le Sud-Ouest, pire catastrophe climatique depuis 1982. Chaleurs record avec une hygrométrie insupportable de plus de 80 % et encore des morts. Violents typhons meurtriers. En l'espace de quelques semaines, le Japon a perdu des centaines d'habitants à cause de phénomènes climatiques qualifiés d'inédits ou exceptionnels par l'Agence nationale de météo. Ses experts multiplient les conférences de presse, les mises en garde sont de plus en plus pressantes. Si des voix extérieures raccrochent ces successions d'événements aux conséquences du réchauffement climatique, les hommes politiques nippons, eux, ne font publiquement pas le rapprochement.

 

 

 

3- Le climatologue Jean Jouzel s'avoue pessimiste, Politis, 24/09/18, Claude-Marie Vadrot

Le scientifique militant contre le réchauffement climatique ne renonce pas à expliquer les dangers que court la planète. Mais il commence à se décourager devant l'inertie de la France et de nombreux pays.
71 ans, le climatologue Jean Jouzel a « laissé la place aux jeunes » fin 2015 comme vice-président du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) créé par les Nations unies en 1988. Mais il continue à parcourir le monde et la France pour tenter de convaincre les politiques et l’opinion publique que le temps presse. Il fait sienne la déclaration récente du secrétaire général des Nations unies, le Portugais António Guterres : « Il nous reste deux ans pour mettre fin à l’augmentation de la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Au-delà il n’y aura pas de solution possible ». Ce que Jouzel traduit de façon lapidaire : « Il n’existe pas de plan B ». Non pas pour la Terre, qui continuera à exister, mais pour toutes les civilisations.
Et ce climatologue breton, né dans une famille de paysans dont un membre dirige toujours une ferme en Ille-et-Vilaine, explique : « Nous ne serons pas victimes des dégâts d’une explosion climatique mais d’une série de dérèglements qui rendra la vie des humains de plus en plus difficile parce que nous atteindrons le point de rupture dans de nombreux domaines. Celui de l’eau douce, des tempêtes, des sécheresses, des conflits et de la montée des mers et océans qui se poursuit ». Constatation qui mène à une autre question : est-il désormais pessimiste ou optimiste ?

 

 

 

4- Réchauffement, scarabées et arbres morts : cocktail incendiaire pour les forêts américaines, AFP, 28/09/18, 23:00, Laurent Banguet

Sécheresse sévère, invasion de scarabées, gestion inadaptée : des millions d'arbres sont morts ces dernières années dans l'ouest américain, notamment en Californie, préparant le terrain pour des "incendies massifs" sans précédent, s'inquiètent des experts.
La situation est d'autant plus préoccupante que des centaines de milliers d'hectares de forêts sont déjà partis en fumée cet été dans différents Etats américains, avec plus d'une dizaine de morts à la clé.
Et la saison des feux de forêts est loin d'être terminée : de la Californie à l'Alaska, en passant par l'Idaho et l'Etat de Washington, l'agence nationale des incendies en recensait 71 jeudi sur plus de 400.000 hectares au total.
Cela pourrait être encore bien pire dans quelques années, si l'on en croit des spécialistes qui ont alerté début 2018 sur le risque de voir apparaître un nouveau type d'incendies, potentiellement beaucoup plus dangereux.
La faute à la mortalité galopante des arbres, principalement des conifères, qui a littéralement décimé les forêts occidentales, sous l'effet de la sécheresse et d'une invasion de scarabées. Dans la Sierra Nevada, certaines zones boisées ont ainsi perdu 90% de leurs arbres, poussant la Californie à décréter "l'état d'urgence".


- "Eruptifs et imprévisibles" -
Quel rapport avec un regain des incendies ? Les phénomènes à l'œuvre sont "complexes" et trompeurs, prévient Brandon Collins, coauteur d'une étude sur le sujet.
Les premières années, "les arbres morts augmentent juste la quantité de matière sèche pouvant servir de combustible aux incendies, on peut donc prévoir que les feux de forêts seront plus intenses et plus rapides", explique-t-il.
Après, "les aiguilles sèches tombent au sol et la canopée (étage supérieur de la forêt, NDLR) par laquelle les flammes se propagent d'arbres en arbres, perd son combustible. Il devrait temporairement y avoir une réduction du nombre d'incendies", poursuit le chercheur de l'université de Berkeley.
"C'est à plus long terme, disons 10 à 15 ans, que les problèmes arrivent, lorsqu'un grand nombre d'arbres morts tombent au sol, dans un laps de temps restreint. Tous ces troncs créent des conditions très différentes de celles que l'on connaît jusqu'à présent, une accumulation de combustible propice à des +feux massifs+, si explosifs qu'ils peuvent créer leurs propres interactions avec l'atmosphère", avertit M. Collins.
Des incendies qu'il qualifie d'"éruptifs et imprévisibles", tels qu'on n'en a encore jamais vus. "Ils ne se propagent peut-être pas de manière linéaire par la canopée, mais au sol, par +poches+, via les braises (...) Nous ne sommes même pas capables de les modéliser avec précision", s'inquiète le scientifique.


- RĂ©gulation naturelle ? -
La mortalité des arbres est principalement le résultat d'un cercle vicieux impliquant le réchauffement climatique, qui fragilise les végétaux par des épisodes de sécheresse répétés. Les arbres sont ainsi plus vulnérables aux parasites, comme le dendroctone du pin, un scarabée ravageur dont les larves tuent les résineux sur toute la côte ouest, du Canada à la Californie.
"Mais au-delà de ce mécanisme, il y a le fait que les forêts étaient en mauvaise santé depuis très longtemps", affirme Brandon Collins, qui pointe du doigt une mauvaise gestion humaine.
Il critique en particulier la mauvaise habitude de "combattre les feux à tout prix", ce qui a créé selon lui "une densité insoutenable" pour les forêts. "Si on laissait la place à des incendies de faible ampleur, ils permettraient de nettoyer les forêts sans tuer tous les arbres (...) On peut voir ça comme un mécanisme de régulation naturel", résume-t-il.
Comme le chercheur, d'autres acteurs de la lutte contre les incendies souhaitent un retour à une exploitation des forêts plus raisonnée. 
L'an dernier, le service des forêts américain annonçait ainsi intensifier ses efforts pour "éclaircir des forêts trop denses et les rendre ainsi plus saines et plus résistantes". 
Soulignant que 56% de son budget annuel avait été consumé par la seule lutte contre les incendies, l'organisme fédéral appelait à un changement de stratégie, privilégiant notamment "la restauration des forêts et l'entretien des cours d'eau", facteurs de prévention des feux.

 

 

 

5- Vous ne le savez peut-être pas, mais ces douze produits contiennent des dérivés d'animaux, France Info, 20/09/18, 05:56, Valentine Pasquesoone & Thomas Baïetto

Du bœuf dans votre yaourt ? L'association de défense des consommateurs Foodwatch a recensé 12 produits contenant, parfois sans les nommer, des substances dérivées d'animaux, telles que de la gélatine de porc ou de la cochenille. En voici la liste.
Ce sont des produits dans lesquels on ne s'attend pas forcément à retrouver des traces d'animaux. Des tiramisus, du vin, en passant par des glaces et des sodas... L'ONG Foodwatch dénonce, jeudi 20 septembre, la présence d'"animaux cachés" dans une douzaine de produits de grande consommation en France.

Une ONG dénonce les "animaux cachés" dans certains aliments.
Cette association de défense des consommateurs déplore un étiquetage trop souvent obscur, voire partiel : certaines marques ont, par exemple, recours à de la gélatine, un produit animal, mais sans préciser son origine (bovine, porcine...) "Les industriels de l’agroalimentaire utilisent [ces ingrédients] à dessein, mais se gardent bien de l’indiquer clairement", déplore l'ONG. Voici les produits qu'elle épingle. Connaissiez-vous leur composition ?

 

 

6- Dans notre alimentation, deux tiers des pesticides sont des perturbateurs endocriniens, Novethic, 23/09/18, Marina Fabre

En Europe, six résidus de pesticides sur dix seraient des perturbateurs endocriniens suspectés. C'est ce qu'a révélé l'association Générations Futures. L'ONG tire la sonnette d'alarme quant aux conséquences de l'exposition. Même à faible dose, ces substances qui interfèrent avec le système hormonal. 
Plus de six résidus de pesticides retrouvés dans l’alimentation européenne sont des perturbateurs endocriniens présumés. Voilà la principale conclusion d’une étude publiée ce 4 septembre par Générations futures. L’association s’est basée sur le dernier rapport de l'Autorité européenne de sécurités des aliments (EFSA) sur les résidus de pesticides des aliments.


Des substances nuisibles à la fertilité et à la croissance
Au total, sur les 109 843 échantillons analysés, 69 433 sont des résidus de pesticides perturbateurs endocriniens."Il faut mettre en place des actions prioritaires pour conduire à la disparition à terme de ces pesticides perturbateurs endocriniens de notre agriculture et de notre alimentaire", demande François Veillerette, porte-parole de l'association. 
Pour rappel, les perturbateurs endocriniens sont des substances ou des mélanges chimiques capables d’interférer avec le système hormonal. Ils peuvent avoir des effets négatifs sur la croissance, la fertilité, le comportement et être à l’origine de certains cancers. On en trouve partout : dans les cosmétiques, les textiles, les plastiques, les peintures etc.

 

 

 

7- Le glyphosate serait (aussi) un tueur d'abeilles, L’Obs, 24/09/18, 21h12, Jean-Paul Fritz

Selon une étude de l'université du Texas, cet herbicide affaiblit la flore intestinale des abeilles et pourrait contribuer à l'accroissement de la mortalité de leurs colonies.
Les abeilles ne sont pas tirées d'affaire. L'année leur semblait pourtant plus favorable avec l'interdiction récente des néonicotinoïdes, ces pesticides tueurs que l'on estime responsables du syndrome d'effondrement des colonies et de la perte de nombreuses ruches dénoncée par les apiculteurs.
Le glyphosate, l'autre pesticide très décrié, a davantage cristallisé l'attention pour ses effets potentiels sur l'organisme humain. Il semblerait pourtant qu'il ait aussi sa part de responsabilité dans les déboires de nos pollinisatrices préférées. C'est en tout cas ce qui ressort d'une étude publiée lundi soir dans les comptes rendus de l'Académie des sciences américaine (PNAS).
Pour jouer son rôle d'herbicide, le glyphosate s'attaque à la production d'une enzyme présente dans les mauvaises herbes visées mais aussi chez certains micro-organismes. En théorie, lorsque les champs sont traités avec ce produit, les animaux (dont les abeilles) ne devraient pas être concernés par son action. Mais ce n'est pas si simple, comme viennent de le démontrer Erick Motta, Kasie Raymann et Nancy Moran, du département de biologie intégrative de l'université du Texas.
Selon ces scientifiques, le glyphosate attaquerait certains éléments de la flore intestinale des abeilles, les rendant ainsi vulnérables à des infections et aux modifications de leur environnement. Ce facteur pourrait aussi "contribuer à l'accroissement largement inexpliqué de la mortalité des colonies d'abeilles," expliquent-ils.

Sur le mĂŞme sujet :


Le glyphosate présente (aussi) un risque pour les abeilles, Le Monde, 27/09/18, 13h21, Stéphane Foucart

Des chercheurs américains mettent en évidence un impact de l’herbicide sur la flore intestinale des butineuses, rendant celles-ci plus vulnérables aux infections.
Déjà classé « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – avis auquel s’opposent les agences réglementaires européennes et américaines –, voici que le glyphosate est mis en cause pour ses effets sur les abeilles domestiques (Apis mellifera).
> Lire aussi :   Les « Monsanto Papers », à la base de la controverse sur le glyphosate
Une équipe de chercheurs du département de biologie intégrative de l’université du Texas à Austin (Etats-Unis) publie, dans la dernière édition de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), une étude montrant que l’herbicide, principe actif du célèbre désherbant Roundup et substance phytosanitaire la plus utilisée au monde, peut augmenter la mortalité des butineuses, en agissant sur leur flore intestinale.
Ces nouveaux travaux ajoutent une nouvelle cause possible au déclin accéléré des abeilles domestiques – un phénomène constaté dans tous les territoires dominés par les activités agricoles. Les dégâts indirects des herbicides (qui détruisent les fleurs sauvages) sur les pollinisateurs sont, eux, déjà bien connus.


Augmentation de la mortalité dans la ruche
« Nous montrons que l’abondance des espèces principales du microbiote intestinal est réduite chez les abeilles exposées au glyphosate et ce, à des concentrations rencontrées dans l’environnement, écrivent le biologiste Erick Motta (université du Texas à Austin) et ses coauteurs. Les jeunes butineuses exposées à cette substance voient leur mortalité augmenter lorsqu’elles sont ensuite exposées à Serratia marcescens, une bactérie pathogène opportuniste. » Les chercheurs notent en outre que des travaux précédents ont montré que l’altération du microbiote des abeilles réduit leur gain de poids, modifie leur métabolisme et augmente leur mortalité dans la ruche.
> Lire aussi :   En trente ans, près de 80 % des insectes auraient disparu en Europe
Surprenant ? « Ces dernières années, il est devenu de plus en plus clair que l’ensemble des bactéries formant le microbiote intestinal jouent un rôle vital dans le maintien de la santé, et ce chez des organismes aussi différents que les abeilles et les humains, explique le biologiste Dave Goulson, professeur à l’université du Sussex (Royaume-Uni), spécialiste de l’étude des pollinisateurs, qui n’a pas participé à ces travaux. Cette découverte montrant que ces bactéries sont sensibles au pesticide le plus utilisé au monde est donc inquiétante. »
Pour les abeilles, donc, mais aussi pour « tous les animaux hébergeant une flore intestinale bénéfique », dit M. Goulson. Donc potentiellement pour l’homme. Les auteurs de l’étude indiquent d’ailleurs qu’une étude précédente a montré que la flore intestinale d’animaux d’élevage vivant à proximité de zones agricoles était affectée par le célèbre herbicide.

 


De l’insecte à l’homme, il pourrait n’y avoir qu’un pas
D’autres effets délétères du glyphosate sur les abeilles domestiques ont déjà été relevés. En particulier, des travaux publiés en 2015 dans Journal of Experimental Biology indiquent que leur exposition à des doses rencontrées fréquemment dans les zones agricoles « altère leurs capacités cognitives nécessaires au retour à la ruche ».
Là encore, de l’insecte à l’homme, il pourrait n’y avoir qu’un pas. En 2002, une étude épidémiologique conduite aux Etats-Unis parmi des familles de travailleurs agricoles et publiée dans Environmental Health Perspectives, suggérait déjà que les enfants de parents manipulant des herbicides à base de glyphosate avaient un risque plus que triplé de présenter des troubles neuro-comportementaux (hyperactivité, troubles de l’attention), par rapport à ceux dont les parents ne l’utilisaient pas.

Leur but est d’encourager la reforestation dans cette région particulièrement dense en population, afin de réguler la pollution et, au passage, battre le record du monde de 847 275 arbres plantés en une journée, détenu par le Pakistan depuis 2013.
Des étudiants et des femmes au foyer ainsi que des législateurs et des fonctionnaires du gouvernement sont venus nombreux, armés de jeunes plants, motivés par l’idée de se faire une place dans le Guinness Book.
“J’ai lu quelque part que cet arbre est une des espèces qui diffuse le plus d’oxygène” explique un jeune volontaire à Associated Press, fier du ficus qu’il vient tout juste de planter dans la forêt de la réserve Kukrail.
“Il y a tellement de pollution en ville que nous avons besoin des arbres pour produire de l’oxygène”
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d’Uttar Pradesh, planter autant d’arbres encouragera la prise de conscience de l’importance du reboisement des forêts, et la nécessité de conserver et protéger l’environnement. “De sérieux efforts sont primordiaux pour réduire les émissions de carbone et limiter les effets du changement climatique,” a-t-il également déclaré. “Uttar Pradesh a fait un premier pas dans cette démarche.”
Les gouverneurs des 29 États de l’Inde sont vivement encouragés à lancer des opérations de reforestation, pour augmenter le nombre d’arbres dans tout le pays. Ces actions environnementales font partie des engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu à Paris, entre novembre et décembre 2015.
L’État a mis de côté près de 6,2 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros) pour des initiatives similaires, et espère honorer sa promesse, qui consiste à replanter l’équivalent de 95 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Des gardes-chasse à la retraite seront chargés de surveiller les régions où les arbres ont été plantés, afin d’observer et de contrôler la bonne croissance des jeunes plants. Seuls 60% d’entre eux sont destinés à pousser correctement.

 

 

4- La "mémoire" de la glace du Mont-Blanc bientôt conservée en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des échantillons de glaciers en Antarctique: l'idée peut paraître saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une équipe de chercheurs qui va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace menacée par le réchauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information", explique à l'AFP Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4.300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986" après la catastrophe de Tchernobyl, sourit Jérôme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers évoluent - fondent - tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3.500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5.300 mètres, a disparu dès 2009.
"Cette année, il y a eu de la fonte à 6.000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Niño", souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace", pointe Jérôme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues espèrent donc effectuer une vingtaine de carottages sur des sites répartis sur tous les continents. L'ensemble des carottes seront conservées dans une cave de neige à Concordia, "un congélateur naturel à -50°C", à l'abri des pannes électriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.