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Revue de presse de Juillet 2018

1- Pour se défendre, un lézard australien tire une langue... bleue, Le Monde Science & Techno, maj le 18/06/18 à 06h43.  Nathaniel Herzberg


2- Pythons, lion empaillé, crânes de babouins : 30.000 animaux sauvages, victimes de trafics, interceptés, AFP, 20/06/18, 15:00


3- La Palmyre, un zoo investi dans la préservation des espèces, AFP, 22/06/18, 09:00. Olivier Guérin

 

4- Sri Lanka : deux hommes arrêtés pour avoir tué un léopard, AFP, 24/06/18, 14:00



5- Australie : tollé face à la "légereté" de la peine contre un tueur de manchots, AFP, 25/06/18, 09:00


6- Australie : les chats errants tuent un million de reptiles par jour, AFP, 25/06/18, 13:00

 

7- Hécatombe des koalas d’Australie, emblèmes du pays, Le Monde, 26/06/18, 06h32.  Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)


8- Bientôt un refuge en Islande pour les bélugas, une espèce menacée, AFP, 26/06/18, 19:00. Robin Millard


9- Au Gabon, des crocodiles orange vivent dans des grottes depuis trois mille ans, LeMonde.fr avec AFP, 28/06/18, 11h01


10- Le lac Turkana, au Kenya, placé sur la liste du patrimoine en péril, AFP, 28/06/18, 23:00



11- Un loup balte identifié en Lozère, AFP, 29/06/18, 16:00

 

12- Premiers embryons de rhinos in vitro, espoir pour une espèce quasi éteinte, AFP, 04/07/18, 21:00

 

 

 




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1- Pour se défendre, un lézard australien tire une langue... bleue, Le Monde Science & Techno, maj le 18/06/18 à 06h43.  Nathaniel Herzberg

Pour éloigner les prédateurs, le reptile compte sur la surprise provoquée par la couleur « ultraviolette » de sa langue.

Zoologie.

L’origine de l’expression « avoir une peur bleue » demeure inconnue. L’explication la plus commune invoque la couleur que pourrait conférer à la peau une privation d’oxygène dans le sang consécutive à un violent effroi. Pourtant, à notre connaissance, un tel phénomène n’a jamais été précisément décrit. Du moins pas chez les humains, ni sous nos latitudes.
En Australie, un lézard du genre Tiliqua a appris à associer ladite couleur à une intense frayeur, à son profit cette fois. Sur l’île-continent, le reptile est connu pour son mode de vie « social ». Certains vivent en famille et adoptent même un comportement monogame. Mais sa célébrité, il la tire bel et bien de son usage, non de la peur bleue mais de la peur du bleu. Confronté à une menace, Tiliqua scincoides intermedia ouvre en effet sa gueule et oppose à son prédateur un imposant et coloré organe. Imaginez seulement : l’animal mesure 30 cm, ce qui n’est déjà pas si mal pour un lézard, et sa large langue atteint une longueur de 10 cm.
Si ces paramètres étaient connus de longue date, le mode d’emploi exact de l’arme de répulsion massive demeurait inconnu. Une équipe franco-australienne en a dévoilé les mystères dans la revue Behavioral Ecology and Sociobiology. Et l’article révèle quelques jolies surprises.
Les scientifiques ont d’abord étudié sur le terrain la langue des reptiles au moyen d’un spectrophotomètre. L’appareil permet de déterminer le spectre exact de la lumière réfléchie. Ils ont constaté que là où nos pauvres yeux décèlent un simple bleu, nombre d’animaux, capables de voir dans l’ultraviolet, perçoivent une couleur autrement plus marquante. Et plus variée. « Nous avons découvert que l’arrière était beaucoup plus intense en UV que la pointe », raconte Arnaud Badiane, éthologue à Sorbonne Université et premier signataire de l’article.


Grand flash d’UV
L’équipe a alors voulu comprendre l’intérêt de ce gradient de couleur, et plus largement observer le comportement des lézards. Cette fois, les observations se sont déroulées à l’université Macquarie de Sydney. Placés dans une petite arène, les sauriens ont été confrontés à des modèles empaillés de leurs prédateurs habituels : serpent, varan, renard et martin-chasseur géant. Une figurine en bois leur était également proposée en guise de contrôle.
A leurs ennemis traditionnels, les treize lézards testés ont opposé la même stratégie. D’abord, la discrétion. Tant que la menace restait à distance, les reptiles n’ont sorti que le bout de langue, là où se situent les capteurs chimiques. A l’approche des prédateurs, ils ont encore attendu, puis au dernier moment, ont fait jaillir leur langue. « C’est ce qu’on appelle un comportement décimatique, il joue sur la surprise, explique Arnaud Badiane. Le prédateur reçoit un grand flash d’UV, une surcharge sensorielle qui l’effraie et provoque chez lui une véritable confusion. D’autant que le lézard accompagne ce mouvement d’un sifflement. » A la figurine de contrôle, ils n’ont pas daigné tirer la langue.
L’usage défensif de la couleur constitue une méthode assez courante chez les animaux comme chez les végétaux. Nombre d’espèces toxiques signalent par des teintes vives – rouges ou jaunes souvent – que mieux vaut rester à distance. Qui s’y frotte s’y pique : les assaillants apprennent vite à éviter ces proies redoutables.
Rien de tel ici. Les scinques à langue bleue jouent au contraire de la surprise et sur un réflexe primaire très difficile à maîtriser. C’est du moins l’hypothèse des scientifiques. Pour la vérifier, l’équipe de Martin Whiting, à Macquarie, va étudier le phénomène côté prédateur. Une peinture bleue particulière a été conçue et surtout un robot, activé à distance, reproduisant les mouvements du lézard. Les martins-chasseurs géants sont déjà au laboratoire. Sujets sensibles s’abstenir.

 

 

 

 

2- Pythons, lion empaillé, crânes de babouins : 30.000 animaux sauvages, victimes de trafics, interceptés, AFP, 20/06/18, 15:00


Des perroquets, un crocodile, un lion empaillé ou encore des crânes de babouins : 27.000 reptiles, 4.000 oiseaux, 48 primates vivants, 14 félins ont été saisis lors d'un impressionnant coup de filet mondial contre le trafic d'animaux sauvages, a annoncé Interpol mercredi.
L'opération, menée au mois de mai dans 92 pays, a conduit à l'identification de quelque 1.400 suspects.
Les photos mises en ligne par Interpol montrent notamment des inséparables (petits perroquets, ndlr) entassés dans un carton, un crocodile saisi près d'une mare en Equateur ou un lion empaillé. Outre les animaux, 43 tonnes de viande sauvage dont de l'ours, du zèbre ou de l'éléphant ont été interceptées, ainsi que 1,3 tonne d'ivoire et les carcasses de sept ours dont deux polaires.
L'organisation internationale de coopération policière rapporte que les autorités maritimes vietnamiennes ont aussi trouvé environ quatre tonnes d'écailles de pangolin à bord d'un bateau provenant de la République démocratique du Congo. Au Canada, 18 tonnes de viande d'anguille ont été saisies sur un navire en provenance d'Asie.
Des tortues mouchetées vivantes ont également été découvertes dans les bagages de deux passagers à Los Angeles qui s'apprêtaient à embarquer dans un vol pour l'Asie.
Une saisie globale qui se chiffre en millions de dollars, indique Interpol sans plus de détails.
La douane française, qui a participé à cette opération, a annoncé avoir saisi notamment des pythons, un boa, tous vivants, ou encore des parties d'animaux comme une tête de crocodile, des crânes de babouins ou des carapaces de tortues.
A Roissy, en outre, les douaniers étaient tombés début mai sur une peau d’ours polaire, en provenance d’Arménie et destinée aux Pays-Bas, ou des peaux de serpent fin mai dans le même aéroport.

 

 

 

3- La Palmyre, un zoo investi dans la préservation des espèces, AFP, 22/06/18, 09:00. Olivier Guérin

Sa tête blanche dans le goulot d'une bouteille en plastique en guise de masque anesthésiant, le petit singe se fait examiner sous toutes les coutures par le vétérinaire du zoo de La Palmyre.
Né en Charente-Maritime voici deux ans, il est en partance vers le zoo de Bursa, en Turquie, pour s'y reproduire.
Ce tamarin de Geoffroy (Saguinus geoffroyi), vingt centimètres pour 500 grammes, "fait partie d'un programme d'échange européen", souligne Thierry Petit, vétérinaire qui officie depuis 1989 à La Palmyre. Au total, le parc participe à des programmes européens pour la sauvegarde de 55 espèces de tout poil.
Spécialisé dans les grands singes, le zoo de La Palmyre finance en outre une vingtaine de projets de conservation, en particulier pour l'orang-outan de Bornéo et les quatre sous-espèces de gorilles d'Afrique. 
"La conservation, c'est l'une des trois missions d'un zoo avec la recherche et la sensibilisation", martèle la responsable pédagogie et conservation du zoo, Florence Perroux.
Pendant longtemps, "les zoos faisaient de la reproduction surtout pour montrer des bébés au public", reconnaît Thierry Petit. Mais avec la multiplication des espèces en danger, "on a constitué la population captive comme un stock génétique, pour éventuellement des réintroductions dans la nature".
Une politique de mise en réseaux des zoos qui a débuté dans les années 1980, avec l'association européenne des zoos et aquariums (EAZA), dont les programmes ont permis d'éviter la disparition de nombreuses espèces menacées, comme l'oryx d'Arabie, le tamarin lion doré ou le bison d'Europe.
Les transferts d'animaux entre les parcs zoologiques européens sont gérés par un coordinateur référent chargé de suivre une espèce via "un livre généalogique". "C'est lui qui dit où vont les animaux, à partir d'une analyse de la population pour éviter la consanguinité. Les zoos ne décident que de la période de départ", explique Thierry Petit.


- Contraception ? -
A La Palmyre, cela se traduit chaque année par une centaine d'arrivées ou de départs, sur quelque 1.600 animaux au total.
Pendant que le tamarin se réveillait, deux grands koudous femelles, cousines des antilopes, prenaient ainsi la direction du zoo du bassin d'Arcachon. Et un éléphant mâle devait prochainement arriver en Charente-Maritime pour s'y reproduire.
Une politique à ce point fructueuse "que pour certaines espèces on en arrive à parler de contraception", souligne le Dr Petit.
S'il est relativement aisé de faire se reproduire certaines espèces, les panthères par exemple, d'autres sont nettement plus regardantes. C'est le cas des guépards, pourtant cousins des précédentes : "C'est très différent. Un mâle et une femelle ne vivent pas ensemble. Le soigneur a alors un rôle déterminant. Il doit détecter la chaleur d'une femelle, qui dure de 24 à 36 heures", parfois sans signe distinctif, explique le vétérinaire.
Le personnel a le coup d'oeil car dans les années 1990, un guépard sur quatre dans les zoos d'Europe venait de La Palmyre, dit-il, en injectant une hormone à une femelle tapir pour stimuler sa fertilité.
Chaque année, plus de 200 animaux voient le jour dans les 18 hectares de forêt protégée du zoo, dirigé par Pierre Caillé, petit-fils de celui qui l'a fondé en 1966.
Mais aujourd'hui, la remise en liberté de spécimens dans leur biotope, souvent lui-même menacé par les activités humaines, n'est plus la seule stratégie envisagée. "Le transport ou le suivi coûtent très cher alors qu'il est plus efficace de préserver un milieu, de replanter des forêts ou de créer des parcs naturels", explique Florence Perroux.
"A Madagascar, on finance trois programmes pour des lémuriens qui ont pour effet de sauvegarder le milieu naturel. Par exemple, pour le lémur aux yeux turquoise, le programme AEECL a conduit en 2007 au classement en parc naturel de la zone où il vit sur l'île", explique-t-elle.

 

 

 

4- Sri Lanka : deux hommes arrêtés pour avoir tué un léopard, AFP, 24/06/18, 14:00


Deux hommes ont été arrêtés au Sri Lanka, soupçonnés d'avoir battu à mort un léopard, un acte "écœurant" filmé et diffusé sur les réseaux sociaux, ont déploré dimanche les autorités.
Les deux hommes sont accusés d'avoir tué jeudi le félin, considéré comme une espèce en danger, après que ce dernier s'est attaqué à une dizaine de personnes dans un village situé à 330 kilomètres au nord de Colombo.
"C'est écœurant de voir ces images", a réagi devant le parlement le ministre adjoint chargé de la Vie sauvage, Palitha Thewarapperuma.
Les deux interpellés restent incarcérés pendant que l'enquête se poursuit pour arrêter les autres personnes impliquées, a affirmé la police.
"Nous avons les deux suspects principaux en détention mais nous cherchons dix autres personnes qui ont participé à la mise à mort", a expliqué un porte-parole de la police.
Les léopards du Sri Lanka, estimés à moins de 1.000, figurent sur la liste des animaux en danger de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Blesser un léopard est passible de cinq ans de prison au Sri Lanka.

 

 

5- Australie : tollé face à la "légereté" de la peine contre un tueur de manchots, AFP, 25/06/18, 09:00

Un jeune homme qui avait matraqué à mort six manchots pygmée a été condamné lundi par un tribunal australien à 49 heures de travaux d'intérêt général, au grand dam des écolologistes qui ont dénoncé la légèreté de la peine.
En 2016, Joshua Jeffrey, 20 ans, avait frappé les oiseaux de mer à coups de bâton à Sulphur Creek, en Tasmanie, en compagnie de deux autres personnes, alors qu'il était ivre. Il a été reconnu coupable de "cruauté aggravée" par un tribunal de Burnie.
La magistrate Tamara Jago a dénoncé un "acte insensible" contre "des manchots vulnérables", soulignant que le prévenu n'avait manifesté aucun remords, a rapporté le journal Hobart Mercury.
Le journal ajoute que la juge a tenu compte "des limitations intellectuelles" du prévenu en prononçant la sentence, qui a été assortie du paiement des frais de justice de 82,15 dollars australiens (52 euros).
Son avocat avait expliqué qu'il souffrait de problèmes mentaux depuis l'enfance, d'après le groupe de médias ABC.
L'association Birdlife Tasmania a dénoncé un jugement "sans aucune valeur de dissuasion". 
"Cela n'empêchera pas quelqu'un d'aller faire exactement la même chose à l'avenir", a déclaré son directeur Eric Woehler, spécialiste internationalement reconnu des oiseaux de mer. 
"Ce jugement accorde à la faune sauvage précieuse de Tasmanie une piètre valeur. C'est un précédent inquiétant pour les attaques futures contre notre faune sauvage", a-t-il ajouté.
Les six manchots sont morts de fractures crâniennes. La colonie de Sulphur Creek, estimée à 267 couples, mettra des années à se remettre de l'incident, selon l'expert.
"Avec tant d'autres menaces, comme les filets maillants et les attaques de chien, la dernière chose dont une colonie de manchots a besoin c'est d'une attaque gratuite et cruelle comme celle-ci".
Les manchots pygmée sont la plus petite espèce de manchots. Leur espérance de vie est de 24 ans. On les trouve seulement dans le sud de l'Australie et en Nouvelle-Zélande et la Tasmanie abrite environ la moitié de la population totale.

 

 

6- Australie : les chats errants tuent un million de reptiles par jour, AFP, 25/06/18, 13:00

Des chats errants tuent plus d'un million de reptiles par jour en Australie et la survie de nombreuses espèces est menacée, révèle une étude scientifique publiée lundi.
Depuis l'arrivée des chats dans l'île-continent avec les premiers colons européens il y a deux siècles, les félins ont exterminé de nombreuses espèces. Les tentatives pour stériliser les populations et réduire leur nombre n'ont pour l'heure pas produit les effets espérés.
Les chercheurs de l'Université Charles Darwin ont réalisé leur étude à partir de plus de 10.000 échantillons alimentaires collectés par des scientifiques à travers tout le pays, via les déjections ou le contenu de l'estomac des félins.
"En moyenne, chaque chat retourné à l'état sauvage tue 225 reptiles par an", déclare John Woinarski, directeur de l'étude, qui ajoute que ces félins consomment davantage de ces animaux en Australie que leurs pairs américains ou européens.
"Certains chats mangent des quantités astronomiques de reptiles. On a trouvé de nombreux exemples de chats individuels se gavant de lézards, avec un record de 40 lézards différents trouvé dans l'estomac d'un seul chat".
D'après l'étude publiée par le journal Wildlife Research, 250 espèces différentes de reptiles sont les victimes des chats, y compris des grands scinques du désert, des dragons barbus et des geckos.
Parmi ces 250 espèces, 11 sont menacées. L'impact exact des chats est toutefois difficile à mesurer car le nombre des populations de la plupart des reptiles n'est pas connu.
Si on prend en compte les victimes de chats domestiques, un total d'environ 650 millions de reptiles sont tués chaque année.
Des millions de chats errants vivent en Australie. Ils sont également considérés comme les principaux coupables du taux élevé d'extinction des mammifères du pays.
La même équipe de chercheurs avaient découvert en 2017 que plus d'un million d'oiseaux étaient tués chaque jour en Australie par les chats errants et les félins domestiques.
Le gouvernement a débloqué une enveloppe de plus de 30 millions de dollars australiens (20 millions d'euros) pour financer des projets de lutte contre l'impact des chats errants sur la faune sauvage. 
L'Australian Wildlife Conservancy, qui d'après son site internet est le plus grand propriétaire privé australien aux fins de protection de l'environnement, vient d'achever de construire une clôture électrique de 44 kilomètres de long pour créer dans le désert une zone de près de 9.400 hectares libre de chat. 
Cette zone sera plus tard élargie à environ 100.000 ha et des espèces menacées d'extinction y seront introduites.

 

 

 

7- Hécatombe des koalas d’Australie, emblèmes du pays, Le Monde, 26/06/18, 06h32.  Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)

Les marsupiaux sont victimes de la destruction de leur habitat naturel, les forêts d’eucalyptus.
C’est l’un des emblèmes de l’Australie, qui se tient, les yeux fermés sur son cerveau abîmé, entre deux branches d’eucalyptus dans un enclos de l’organisation caritative Port Stephens Koalas. SES Maree, femelle koala de 2 ans et demi, a été percutée par une voiture, victime comme tant d’autres de l’urbanisation. En moins de vingt ans, la destruction de l’habitat naturel de cette espèce endémique de l’île-continent a causé une hécatombe : 53 % des marsupiaux ont disparu dans le Queensland et 26 % en Nouvelle-Galles du Sud, les deux Etats de la côte est où vivent les principales populations.
Parce que « ce serait tellement dommage que l’avenir de cette icône nationale ne soit pas assuré », la première ministre de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, a présenté, le 7 mai, un programme d’aide de 45 millions de dollars australiens (28,4 millions d’euros) destiné, entre autres, à sanctuariser des milliers d’hectares de forêts, à soutenir la recherche, à introduire davantage de vaccins et à construire un hôpital dans les prochains mois.
« Les travaux devraient commencer ici avant la fin de l’année », se félicite Kate King, coordinatrice hospitalière pour l’organisation Port Stephens Koalas, en désignant un lopin de terre sur le site du parc de loisirs de One Mile, à 200 kilomètres au nord de Sydney. Le nouveau bâtiment fera face aux cinq enclos déjà bâtis par l’organisation pour héberger animaux blessés et malades en cours de traitement. Depuis plus de trente ans, sa petite armée de volontaires prend en charge, grâce aux dons, les marsupiaux signalés en détresse dans la région de la Port Stephens.


SĂ©rie de maux en cascade
En 2017, elle en a recueilli 58 et sauvé plus de la moitié. Mais à défaut d’une structure adaptée, les koalas nécessitant des soins intensifs étaient d’abord accueillis à domicile par des bénévoles qui multipliaient les allers-retours chez des vétérinaires des environs. « Cet hôpital va nous permettre d’être plus efficaces, nous disposerons enfin d’un lieu doté des équipements médicaux nécessaires et d’un vétérinaire spécialisé à résidence », explique Kate King. Des scientifiques devraient également y séjourner régulièrement. En parallèle, un espace sera ouvert aux touristes afin de collecter des fonds et d’informer le public.
> Lire aussi :   Le Queensland part en guerre contre la déforestation
« Mais tous ces efforts seront vains si rien n’est fait pour arrêter la déforestation », insiste Carmel Northwood, présidente de Port Stephens Koalas. La destruction de l’habitat du marsupial provoque une série de maux en cascade. Chassés de leurs eucalyptus, les koalas errent au sol à la recherche de nouveaux arbres et se retrouvent à la merci des véhicules comme des prédateurs. Une simple morsure de chien peut provoquer, en quelques heures, une septicémie mortelle.
Dans les situations de stress, ces mammifères sont davantage susceptibles de développer les symptômes de la chlamydia, une maladie sexuellement transmissible causant cécité, stérilité et mort et qui s’est propagée à la faveur de la multiplication des contacts entre animaux, confinés dans des espaces toujours plus restreints. Aujourd’hui, près de la moitié d’entre eux en seraient porteurs.


« Une mascarade »
Dans le cadre de son programme de préservation, la première ministre de Nouvelle-Galles du Sud s’est engagée à protéger les forêts d’eucalyptus en transformant 25 000 hectares de terre en réserves naturelles. Mais les écologistes estiment que la plupart des zones choisies ne correspondent ni à « des habitats de grande qualité » ni aux principales régions de peuplement. « La sélection de ces zones est le résultat d’un exercice politique cynique », a notamment dénoncé Dailan Pugh, membre de la North East Forest Alliance. « Le seul critère apparent de sélection est de ne pas avoir d’impact sur l’industrie du bois. » « Une mascarade », a renchéri Penny Sharpe, porte-parole du Parti travailliste sur les questions environnementales.
L’Australian Koala Foundation, selon laquelle il ne resterait plus qu’entre 46 000 et 90 000 spécimens à l’état sauvage dans l’ensemble du pays contre dix millions à l’arrivée des premiers colons britanniques, au XVIIIe siècle, regrette des « solutions de fortune » et plus encore l’inaction du gouvernement fédéral. En 2012, Canberra avait classé l’espèce comme vulnérable dans la majorité des Etats australiens et promis un plan national de secours. Six ans plus tard, il est toujours à l’étude. « Nous n’avons pas besoin de recherches supplémentaires pour comprendre qu’il faut arrêter de privilégier systématiquement les intérêts miniers, agricoles et industriels en défrichant toujours davantage », s’agace Deborah Tabart, présidente de l’Australian Koala Foundation.
Pour les scientifiques, la situation est d’autant plus préoccupante que l’animal « qui ne boit pas », selon l’origine aborigène du terme, est particulièrement sensible au réchauffement climatique. Durant les étés caniculaires, de plus en plus fréquents en Australie, les feuilles d’eucalyptus asséchées ne contiennent plus suffisamment d’eau pour hydrater l’animal, et les incendies dévorent encore davantage son habitat naturel.

 

 

8- Bientôt un refuge en Islande pour les bélugas, une espèce menacée, AFP, 26/06/18, 19:00. Robin Millard

Deux bélugas évoluant dans un aquarium de Shanghai vont traverser le globe pour poursuivre leur vie en Islande, dans un sanctuaire marin unique au monde qui pourrait accueillir près de 3.000 cétacés actuellement en captivité.
"Petite blanche" et "Petite grise", deux femelles de 12 ans, vont quitter Changfeng Ocean World, propriété du groupe de loisirs Merlin Entertainement (Lego Land, Tussauds group) pour la baie de Klettsvik, en Islande, ont annoncé mardi l'association Sea Life Trust, initiateur du projet avec l'organisation Whale and Dolphin Conservation, lors d'une conférence à l'aquarium de Londres.
Ces animaux d'environ 900 kilos et quatre mètres de long changeront de vie au printemps 2019. Au terme d'un périple de trente heures pendant lequel ils seront transportés, à moitié recouverts d'eau, par les airs, la terre et la mer, ils arriveront dans cette baie de 32.000 m2 et jusqu'à 10 mètres de profondeur, louée pour ce projet.
En Islande, les deux bélugas -ou baleines blanches- continueront à bénéficier de soins, de crainte qu'ils ne parviennent à survivre seuls dans la nature. Mais aussi à évoluer sous l’œil des touristes.
Un centre d'accueil de visiteurs est en effet en construction afin d'expliquer le but du sanctuaire. De petits groupes pourront approcher les bélugas en bateau.
"Nous espérons qu'en montrant le chemin avec notre sanctuaire, nous encouragerons la réintégration de davantage de baleines captives dans des environnements naturels et, un jour, nous mettrons fin aux spectacles avec des baleines et des dauphins", a déclaré Andy Bool, responsable de l'association Sea Life Trust. Il compte faire du sanctuaire une "base de renommée mondiale en matière de recherche sur les bélugas", une espèce menacée.


- Sauvez Willy -
C'est aussi dans la baie de Klettsvik qu'avait été relâché l'orque Keiko, héros du film "Sauvez Willy" mais il n'avait pu s'adapter à son nouvel environnement et avait fini par mourir dix-huit mois plus tard.
Pour se préparer à leur nouvel espace de vie, les baleines de Shanghai sont actuellement entraînées à retenir leur respiration plus longtemps, mais aussi à gonfler leur musculature pour faire face aux marées et aux courants, et à prendre un peu de graisse pour affronter les froides températures islandaises.
Le projet de sanctuaire, dont le coût total n'a pas été dévoilé, a démarré avec une donation de plusieurs millions de livres de Merlin Entertainment, devant être complétée par une levée de fonds.
Des militants de défense des animaux ont souligné l'ironie du choix de l'Islande comme lieu d'accueil de ce sanctuaire, ce pays défiant ouvertement une interdiction internationale de chasser les baleines.
Plus de 3.000 baleines et dauphins vivent en captivité et d'autres bélugas pourraient rejoindre "Petite blanche" et "Petite grise". Un troisième béluga, "Jun Jun", vivait à l'aquarium de Shanghai, jusqu'à sa mort en juin 2017 à l'âge de 17 ans.
Les bélugas vivent entre 40 et 60 ans et "il existe maintenant une réelle alternative pour ces animaux", a dit à l'AFP M. Bool.
Cathy Williamson, de l'organisation Whale and Dolphin Conservation a estimé que l'engouement du public pour les parcs aquatiques déclinait. Selon elle, "le premier sanctuaire au monde pour les baleines ouvre un chemin vers la fin de la captivité des dauphins et des baleines".

 

 

 

9- Au Gabon, des crocodiles orange vivent dans des grottes depuis trois mille ans, LeMonde.fr avec AFP, 28/06/18, 11h01


Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier, sans poissons ni crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets ou de grillons.
Au Gabon, connu pour sa diversité géologique et sa faune, des scientifiques ont eu la surprise de découvrir des crocodiles de couleur orange, uniques au monde, vivant au milieu d’excréments de chauves-souris dans des grottes obscures.
« Quand je me suis approché avec la lampe torche dans la grotte, j’ai vu des yeux rouges... de crocodiles ! C’était en 2008. Deux ans plus tard, nous avons sorti un premier spécimen de la grotte et nous avons remarqué qu’il était orange », se souvient le géoarchéologue (spécialiste des sédiments archéologiques) Richard Oslisly.
Cette double découverte a été faite alors qu’avec une équipe de chercheurs, il essayait de trouver des traces humaines, dans les grottes d’Abanda, dans le sud du pays.
Ce « crocodile orange cavernicole », qui peut atteindre 1,70 m, est unique au monde et n’a été observé que dans ces grottes du Gabon, selon M. Oslisly. « Au début, nous avions pensé que la couleur pouvait venir de leur alimentation, car nous avons remarqué que ces reptiles mangent des chauves-souris orange », explique le chercheur français.

 

 

 

10- Le lac Turkana, au Kenya, placé sur la liste du patrimoine en péril, AFP, 28/06/18, 23:00

Le lac Turkana, au Kenya, plus grand lac désertique au monde et considéré comme un des berceaux de l'Humanité, a été placé jeudi par l'Unesco sur la liste du patrimoine en péril, car menacé par un barrage hydrolectrique et des projets d'irrigation éthiopiens.
Une résolution en ce sens a été adoptée par le comité du patrimoine lors d'une session de ce comité organisée à Manana, à Bahreïn, malgré l'opposition de l'Ethiopie, mise en cause pour les projets qu'elle développe sur le fleuve Omo, principal affluent du lac Turkana.
"Le comité du patrimoine mondial (...) a décidé aujourd'hui d'inscrire le site des Parcs nationaux du Lac Turkana sur la liste du patrimoine mondial en péril", a indiqué l'Unesco dans un communiqué.
Surnommé la "mer de Jade" pour ses célèbres reflets, le lac Turkana s'étire du nord au sud sur 249 km de long en suivant la vallée du Grand Rift africain, et mesure 44 km à sa largeur maximale.
Le territoire classé au patrimoine mondial de l'Unesco, depuis 1997, correspond aux trois parcs nationaux du lac, à savoir les îles Central Island (500 hectares) et South Island (3.900 hectares), ainsi que le parc de Sibiloi (157.085 hectares), situé sur la rive nord-est.
La région est protégée pour son écosystème unique ainsi que pour ses gisements fossilifères. De nombreux fossiles d'hominidés (Australopithèque, Homo habilis, Homo erectus et Homo Sapiens), et d'espèces animales, ont en effet été retrouvés à Sibiloi.
Le lac et son écosystème sont cependant menacés, principalement par le barrage hydroélectrique de Gibe III, le plus haut d'Afrique (243 mètres), inauguré fin 2016 sur l'Omo, et d'importants projets d'irrigation pour des plantations de cannes à sucre et de coton.
Un rapport d'évaluation publié sur le site de l'Unesco fustige notamment "une baisse générale rapide du niveau d'eau depuis janvier 2015, quand le chargement de la retenue Gibe III a commencé" et l'absence d'étude sur les impacts des projets d'irrigation sur le débit de l'Omo.
De nombreux observateurs redoutent dès lors un triste remake de la catastrophe environnementale de la mer d'Aral, largement asséchée par le détournement de deux fleuves à des fins d'irrigation en Asie centrale.
L'Unesco souligne également que les crues saisonnières, essentielles au cycle de reproduction des poissons ont été perturbées par le barrage. Quelque 300.000 personnes dépendent de la pêche autour du lac
Le Kenya, qui soutenait la résolution, a dit espérer "une solution à l'amiable sur l'utilisation des ressources hydriques". "Le Kenya en appelle au soutien international. Nous avons besoin d'une assistance technique et financière pour assurer la conservation de ce site", a déclaré Mzalendo Kibunjia, directeur des Musées nationaux du Kenya.

 

 

 

11- Un loup balte identifié en Lozère, AFP, 29/06/18, 16:00

La présence d'un loup "n'appartenant pas à la lignée italo-alpine" observée sur le territoire français mais "de lignée balte" a été identifiée en Lozère, annonce vendredi dans un communiqué l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS).
Dans le cadre du suivi de la population des loups confié à l'ONCFS, la présence de cet animal a été détectée dans le secteur de la Margeride. 
"Les analyses génétiques réalisées à partir d’échantillons de poils et d’urine recueillis sur le terrain lors du dernier suivi hivernal laissent présager que cet animal est apparenté à des loups de lignée balte", souligne l'ONCFS, précisant que des analyses complémentaires sont en cours. 
"Considérant la faible probabilité d’une arrivée naturelle de cet animal sur le territoire lozérien, des recherches sont d’ores et déjà en cours pour en identifier la provenance", poursuit le texte. "Parallèlement, l’expertise technique et juridique en cours devrait permettre d’arrêter les modalités de retrait du milieu naturel de cet animal".
Depuis le retour naturel du loup (Canis lupus lupus) sur le territoire national depuis l'Italie, au début des années 1990, le suivi biologique de cette espèce a été confié à l’ONCFS. 
Les opérations conduites par ses agents et par le réseau que l’établissement public anime permettent de caractériser la progression de la population de loups du point de vue géographique et démographique.

 

 

 

12- Premiers embryons de rhinos in vitro, espoir pour une espèce quasi éteinte, AFP, 04/07/18, 21:00


Un bébé éprouvette rhinocéros blanc du Nord d'ici trois ans ? C'est l'espoir de chercheurs qui ont réussi à créer les premiers embryons in vitro de rhinocéros, une "étape essentielle" pour la survie de cette sous-espèce quasi éteinte du pachiderme.
Sudan, dernier mâle rhinocéros blanc du Nord, est mort en mars à l'âge de 45 ans dans la réserve kényane d'Ol Pejeta, laissant derrière lui sa fille et sa petite-fille, Najin et Fatu, dernières représentantes sur la planète de cette sous-espèce africaine décimée par le braconnage.
Avec cette disparition, beaucoup comptaient sur la science pour assurer la perpétuation de ces pachydermes originaires d'Afrique centrale, dont les derniers individus sauvages ont été tués il y a plus de dix ans.
Grâce à des procédures de procréation assistée inédites chez des rhinocéros, la "première étape essentielle pour sauver cette sous-espèce quasi éteinte" a été franchie, avec la création d'embryons hybrides in vitro, explique une équipe internationale de chercheurs dans la revue Nature Communications.
Ils ont prélevé dans des zoos européens plus de 80 ovocytes sur des femelles rhinocéros blancs du Sud, sous-espèce dont il reste quelque 20.000 individus sauvages dans le sud de l'Afrique. 
Les ovules ont ensuite été fécondés en laboratoire, certaines par du sperme congelé de rhinocéros blancs du Nord et d'autres par celui de son cousin du Sud, grâce au laboratoire italien Avantea spécialiste de la reproduction de chevaux et de bovins.
Résultat : sept embryons, dont trois (un Sud-Sud et deux Sud-Nord) ont été congelés.
"Notre but est d'avoir d'ici trois ans la naissance du premier petit rhinocéros blanc du Nord", assure Thomas Hildebrandt, de l'Institut Leibniz de recherche zoologique et animale de Berlin.
"En prenant en compte les 16 mois de grossesse, nous avons un peu plus d'un an pour réussir une implantation" sur une mère porteuse rhinocéros blanc du Sud, Najin et Fatu n'étant pas en mesure de mener une grossesse, poursuit-il.
Et le temps est compté. Les descendantes de Sudan sont les seules à "pouvoir apprendre la vie sociale à un rhinocéros blanc du Nord", souligne l'expert en reproduction animale.


- Population viable ? -
Mais pour l'instant, les embryons créés permettraient au mieux la naissance d'un hybride. Alors pour faire naître un petit rhinocéros blanc du Nord "pur", les chercheurs souhaitent recueillir les ovocytes des deux femelles du Kenya.
"Nous espérons pouvoir le faire d'ici la fin de l'année", indique Jan Stejskal, du zoo tchèque de Dvur Kralove. Najin et Fatu sont nées en 1989 et 2000 dans ce parc qui avait tenté en vain des inséminations artificielles, avant de les envoyer au Kenya dans l'espoir, déçu, d'une reproduction naturelle.
Pourquoi n'ont-ils pas prélevé plus tôt leurs ovocytes pour créer directement un embryon de rhinocéros blanc du Nord ?
Ils attendent une autorisation des autorités kényanes pour cette intervention délicate. Ils ont également dû inventer et développer ces deux dernières années une technique et un ustensile de deux mètres de long pour prélever des ovocytes de rhinocéros blancs à l'anatomie particulière, explique Thomas Hildebrandt.
En parallèle, au cas où les ovocytes de Najin et Fatu ne puissent être prélevés, et pour assurer une diversité génétique des futurs petits, d'autres expériences sont en cours pour tenter de produire des gamètes (ovocytes et sperme) de rhinocéros blancs du Nord grâce à des cellules souches pluripotentes induites, qui ont le potentiel de se transformer en n'importe quelle cellule.
Mais "il reste improbable qu'une population viable de rhinocéros blancs du Nord soit restaurée", tempèrent Terri Roth et William Swanson, du centre de recherche du zoo de Cincinnati, qui n'ont pas participé à l'étude. "Des résultats impressionnants dans une boite de Pétri ne se traduisent pas facilement en un troupeau de petits en bonne santé", ajoutent-ils.
Les auteurs de l'étude répondent déjà aux voix qui s'élèveront contre les sommes dépensées dans ces biotechnologies.
Pour Jan Stejskal, le combat doit se mener sur tous les fronts: "conservation sur le terrain, lutte contre la demande (de cornes) en Asie et soutien à la science".
Avec l'espoir, un jour, de voir les rhinocéros blancs du Nord "de nouveau à l'état sauvage".


Leur but est d’encourager la reforestation dans cette région particulièrement dense en population, afin de réguler la pollution et, au passage, battre le record du monde de 847 275 arbres plantés en une journée, détenu par le Pakistan depuis 2013.
Des étudiants et des femmes au foyer ainsi que des législateurs et des fonctionnaires du gouvernement sont venus nombreux, armés de jeunes plants, motivés par l’idée de se faire une place dans le Guinness Book.
“J’ai lu quelque part que cet arbre est une des espèces qui diffuse le plus d’oxygène” explique un jeune volontaire à Associated Press, fier du ficus qu’il vient tout juste de planter dans la forêt de la réserve Kukrail.
“Il y a tellement de pollution en ville que nous avons besoin des arbres pour produire de l’oxygène”
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d’Uttar Pradesh, planter autant d’arbres encouragera la prise de conscience de l’importance du reboisement des forêts, et la nécessité de conserver et protéger l’environnement. “De sérieux efforts sont primordiaux pour réduire les émissions de carbone et limiter les effets du changement climatique,” a-t-il également déclaré. “Uttar Pradesh a fait un premier pas dans cette démarche.”
Les gouverneurs des 29 États de l’Inde sont vivement encouragés à lancer des opérations de reforestation, pour augmenter le nombre d’arbres dans tout le pays. Ces actions environnementales font partie des engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu à Paris, entre novembre et décembre 2015.
L’État a mis de côté près de 6,2 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros) pour des initiatives similaires, et espère honorer sa promesse, qui consiste à replanter l’équivalent de 95 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Des gardes-chasse à la retraite seront chargés de surveiller les régions où les arbres ont été plantés, afin d’observer et de contrôler la bonne croissance des jeunes plants. Seuls 60% d’entre eux sont destinés à pousser correctement.

 

 

4- La "mémoire" de la glace du Mont-Blanc bientôt conservée en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des échantillons de glaciers en Antarctique: l'idée peut paraître saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une équipe de chercheurs qui va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace menacée par le réchauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information", explique à l'AFP Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4.300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986" après la catastrophe de Tchernobyl, sourit Jérôme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers évoluent - fondent - tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3.500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5.300 mètres, a disparu dès 2009.
"Cette année, il y a eu de la fonte à 6.000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Niño", souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace", pointe Jérôme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues espèrent donc effectuer une vingtaine de carottages sur des sites répartis sur tous les continents. L'ensemble des carottes seront conservées dans une cave de neige à Concordia, "un congélateur naturel à -50°C", à l'abri des pannes électriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.