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Revue de presse de Mai 2018

1- Au régime, les lémuriens vivent plus longtemps, AFP, 05/04/18, 15:00

 

2- Le premier ours polaire né sous les Tropiques pourrait être abattu, AFP, 12/04/18, 13:00

 

3- Une tortue australienne punk classée parmi les reptiles menacés, AFP, 12/04/18, 19:00

 

4- Autoportrait de l’hirondelle rustique avant sa disparition, Le Monde, 14/04/18, 12h00. Catherine Vincent

 

5- Albanie : le pélican frisé est de retour à Divjaka, AFP, 16/04/18, 15:00, Briseida Mema

 

6- Etats-Unis : des babouins s'échappent d'un institut de recherche biomédicale, AFP, 18/04/18, 00:00

 

7- Une mouche qui fait des bulles de salive pour se rafraîchir, AFP, 20/04/18, 13:00

 

8- Les fourmis « kamikazes » de Bornéo, Le Point avec AFP, 25/04/18, 14:12

 

9- Madagascar, le paradis des espèces uniques au monde, TF1, journal de 20h, 10/04/18




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1- Au régime, les lémuriens vivent plus longtemps, AFP, 05/04/18, 15:00


Mis au régime durant toute leur vie d'adultes, des lémuriens vivent nettement plus longtemps et en meilleure santé que leurs congénères rassasiés selon une étude publiée jeudi dans Communications Biology.
Une restriction calorique "peut prolonger de 50% la durée de vie des lémuriens et réduire les risques des maladies associées à l'âge, comme le cancer", précise l'étude.
Plus précisément, les lémuriens s'alimentant à leur guise ont vécu, en moyenne, 6,4 ans contre 9,6 ans pour ceux soumis à un régime hypocalorique. Et plus d'un tiers des animaux mis au régime étaient encore vivants quand est décédé le dernier des lémuriens non restreints, à l'âge de 11,3 ans, précise un communiqué du CNRS qui a participé à l'étude.
Pour cette expérience menée sur 10 ans, les chercheurs ont restreint de 30% la valeur énergétique (les calories) de l'alimentation de microbètes, des primates appartenant au groupe des lémuriens, tout en s'assurant que les rations restaient équilibrées. Et ce, tout au long de leur vie d'adulte. 
En revanche, l'expérience n'a été menée que sur des mâles.
Selon l'équipe, pilotée par des chercheurs du CNRS et du Muséum national d'Histoire naturelle, l'effet bénéfique sur la longévité de ces mammifères "s'accompagne notamment d'une préservation des capacités motrices, sans modification des performances cognitives, et d'une réduction de l'incidence de pathologies habituellement associées au vieillissement comme le cancer ou le diabète".
Une observation mérite tout de même de plus amples travaux selon les scientifiques: les animaux les plus âgés montrent une légère perte de matière grise, mais sans effet visible sur les performances cognitives de l'animal. 
De précédentes études avaient déjà établi un lien entre restriction alimentaire et longévité chez des souris et des rats. Mais cela reste controversé chez les primates, y compris les humains.
Les scientifiques voudraient maintenant aller plus loin et ajouter à la restriction alimentaire d'autres facteurs, comme l'activité physique par exemple, "afin de tenter de repousser encore plus loin les limites de la longévité".

 

 

 

2- Le premier ours polaire né sous les Tropiques pourrait être abattu, AFP, 12/04/18, 13:00


Inuka, le premier ours polaire né sous les Tropiques, pourrait être abattu en raison d'une dégradation importante de son état de santé, a annoncé jeudi le Zoo de Singapour dont il est une des mascottes.
Le mammifère est âgé de 27 ans, soit deux de plus que l'espérance de vie moyenne des ours blancs en captivité.
Wildlife Reserves Singapore a indiqué qu'un examen médical le 3 avril avait montré une dégradation de l'état de santé d'Inuka, qui est soigné pour des problèmes d'arthrite.
Le niveau d'activité de l'ours a diminué ces derniers mois, a indiqué dans un communiqué l'opérateur du zoo, qui précise que l'animal préfère se reposer que d'interagir avec ses gardiens.
Inuka, qui avait fêté ses 27 ans en décembre autour d'un gâteau de gelée végétale au saumon, est né au zoo de Singapour.
L'ours fera l'objet d'un nouvel examen médical fin avril.
"S'il s'avère que son bien-être ne s'améliore pas avec ces traitements intensifs, l'équipe qui s'occupe de lui pourrait avoir à prendre la décision très difficile de ne pas lui permettre de se réveiller de son anesthésie", précise le communiqué.
Menacé par la fonte de la banquise, l'ours polaire est classé "vulnérable" par l'Union internationale pour la conservation de la nature
Il n'en resterait que 22.000 en liberté, selon l'organisation WWF.




3- Une tortue australienne punk classée parmi les reptiles menacés, AFP, 12/04/18, 19:00

La tortue de la Mary River, en Australie, parfois affublée d'une crête d'algues qui lui donne des allures de punk, a rejoint la liste des reptiles menacés de la Zoological Society of London (ZSL), qui comprend aussi de nombreux lézards et serpents.
Cette tortue, dont le nom scientifique est Elusor macrurus, vit dans l’État australien du Queensland et en particulier dans les eaux du fleuve Mary. Elle est "très particulière", souligne dans un communiqué la ZSL, qui ajouté cette semaine 100 nouvelles espèces de reptiles à sa liste EDGE, créée en 2007.
La tortue de la Mary River dispose d'organes, les cloaques, qui lui servent non seulement à uriner ou à pondre ses œufs, mais aussi à respirer sous l'eau à travers la peau. 
"Cette tortue est capable de rester très longtemps sous l'eau - jusqu'à trois jours - sans revenir à la surface, grâce à cette étrange capacité à respirer à travers son arrière train", a expliqué à l'AFP Rikki Gumbs de l'Imperial College London, qui a participé à la liste EDGE.
Autre particularité de l'espèce : certains individus se retrouvent affublés d'une crête verte fluorescente, en fait des algues.
"La tortue de la Mary River passe tellement de temps immergée sous l'eau que certaines se retrouvent couvertes d'algues et peuvent finir avec des coupes assez impressionnantes!, s'enflamme Rikki Gumbs.
Reconnue comme une espèce à part seulement en 1994, cette tortue a souffert de sa popularité comme animal de compagnie dans les années 1970 et 80. Elle a vu aussi son habitat naturel détruit à cause de la construction de barrages. Ses oeufs sont prélevés pour le commerce d'animaux, alors que sa maturité sexuelle est tardive, parfois pas avant 25 ans.
"Les reptiles sont souvent la dernière roue du carrosse en termes de préservation", déplore Rikki Gumbs. "Comme les tigres, les rhinocéros et les éléphants, il est vital de faire tout notre possible pour sauver ces animaux uniques et trop souvent négligés", selon lui.
La liste EDGE comprend aussi le caméléon Brookesia minima de Madagascar, qui mesure tout juste trois centimètres, ou encore le crocodile Gavial du Gange.

 

 

4- Autoportrait de l’hirondelle rustique avant sa disparition, Le Monde, 14/04/18, 12h00. Catherine Vincent


Parce que l’agriculture intensive empoisonne les insectes dont elle se nourrit, « Hirundo rustica » se raréfie en France. Le prélude à un « printemps silencieux », sans chants d’oiseaux  ?
Vous souvenez-vous de cette comptine ? « Qu’est-ce qu’elle a donc fait/La p’tite hirondelle ? /Elle nous a volé/Trois p’tits sacs de blé »… Si ça continue, elle va finir par me manquer. Non pas que j’y étais présentée à mon avantage ! Ce qu’elle disait de moi n’est même pas exact – j’y reviendrai. Mais enfin, c’est de moi qu’il s’agissait. Les enfants la chantent-ils encore aujourd’hui, cette comptine ? Et si oui, savent-ils seulement à quoi je ressemble ?
Les savants m’appellent Hirundo rustica : hirondelle rustique – manière de dire que j’affectionne les granges, comme l’exprime plus clairement mon nom anglo-saxon, barn ­swallow. Les autres disent tout simplement ­ « hirondelle » car, des 75 espèces cousines que j’ai dans le monde, je suis, et de très loin, celle dont la famille est la plus nombreuse. Quant à moi, je ne me nomme pas. J’essaie de me nourrir et de me reproduire du mieux possible – ce qui, par les temps qui courent, n’est pas une mince affaire. Et, l’hiver venant, je vole.
Théorie fumeuse
Destination : l’Afrique. Forte de mes ailes et de ma vingtaine de grammes, je trace plusieurs milliers de kilomètres en deux mois, traversant – quand je ne défaille pas en route – la Méditerranée d’une seule traite. Un voyage si incroyable que les hommes, pendant longtemps, n’y ont pas cru.
Des siècles durant, les plus cultivés d’entre eux ont pensé que nous passions la période hivernale sous l’eau, ou enfouies dans la vase ! Tout cela parce que nous nous réunissons en dortoir dans des roselières la veille du départ, pour décoller discrètement avant le lever du soleil… Il fallut attendre ­Buffon et son Histoire naturelle des oiseaux pour que cette théorie fumeuse soit remplacée, en 1770, par l’hypothèse migratoire.
Pourquoi aller si loin, me direz-vous ? Pour le soleil, bien sûr. Mais aussi parce que nous nous nourrissons exclusivement d’insectes volants (c’est pourquoi la comptine d’autrefois est mensongère : les sacs de blé ne nous intéressent pas du tout). Or, l’hiver, ces derniers se font rares dans les régions tempérées alors que l’Afrique tropicale en regorge – d’où la nécessité de ce périlleux périple.
Cela dit, quand nous nous regroupons sur les fils électriques comme autant de notes sur une portée musicale pour préparer notre départ, l’automne est de plus en plus avancé. Réchauffement climatique oblige… De même nos retours sont-ils de plus en plus précoces. Ce qui rend le dicton plus juste que jamais : une hirondelle, décidément, ne fait pas le printemps.
Des hirondelles à Noël ?
Fait rarissime au siècle dernier, certaines d’entre nous passent désormais leur hiver tout entier dans le Midi, voire le long de la côte atlantique ! Habitants de l’Hexagone, rencontrerez-vous bientôt des hirondelles à Noël ? Si c’est le cas, vous me reconnaîtrez facilement : je suis la plus grande et la plus effilée des cinq espèces présentes en métropole. On me repère à ma queue fourchue aux longues rectrices externes, au plumage bleu noir métallisé de mon dos, blanchâtre teinté de roux de mon ventre, à mon front et ma gorge rouge brique (ma cousine l’hirondelle de fenêtre, de taille plus réduite, a la gorge blanche). Mais ne rêvez pas trop : l’été comme l’hiver, vous risquez surtout de me voir de moins en moins.
La nouvelle, en effet, ne vous a sans doute pas échappé. Elle date du 20 mars, elle a fait la « une » du Monde, et c’est le Muséum national d’histoire naturelle et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) qui l’affirment : les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une « vitesse vertigineuse », et ce phénomène de « disparition massive » est désormais « proche de la catastrophe écologique ».
En moyenne, les populations d’oiseaux se sont réduites d’un tiers en quinze ans. Et bien sûr, je fais partie du lot. D’après le dernier ­Atlas des oiseaux nicheurs de France métropolitaine, coordonné par ­Nidal Issa et Yves Muller (Delachaux & Niestlé, 2015), nous serions désormais entre 900 000 et 1 800 000 couples nicheurs. Notre population a chuté de 41 % sur les dix dernières années. La situation est un peu moins grave à l’échelle européenne mais, là encore, il n’y a pas lieu de se réjouir : – 32 % depuis 1980.
Les causes de cette hécatombe ? Les chercheurs du Muséum et du CNRS sont formels : mon déclin, comme celui de tous les oiseaux avec lesquels je partage régions de plaine et zones humides, provient pour l’essentiel de l’intensification des pratiques agricoles. Il est d’ailleurs particulièrement marqué depuis 2008-2009, « une période qui correspond, entre autres, à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune [européenne], à la flambée des cours du blé, à la reprise du suramendement au nitrate permettant d’avoir du blé surprotéiné et à la généralisation des néo­nicotinoïdes » : des insecticides neurotoxiques très persistants qui font des ravages dans les populations d’insectes. Or, je vous l’ai dit, les hirundinidés sont exclusivement insectivores.


Triste fable
J’ai une copine en Amérique du Nord, avec qui je bavarde volontiers quand nos chemins de migration se croisent. La dernière fois, je lui ai raconté nos problèmes démographiques. « Mais ma pauvre amie, c’est le Printemps silencieux que tu me racontes là ! », m’a-t-elle répondu. Le printemps silencieux ? Elle m’a expliqué qu’il s’agit d’un livre culte pour les défenseurs de la nature, publié en 1962 par l’Américaine Rachel Carson, dont la traduction française a été rééditée à l’occasion de son cinquantenaire (Wildproject, 2012).
« Ce fut un printemps sans voix. A l’aube, qui résonnait naguère du chœur des grives, des colombes, des geais, des roitelets et de cent autres chanteurs, plus un son ne se faisait désormais entendre ; le silence régnait sur les champs, les bois et les marais »… Mon amie d’outre-Atlantique connaissait par cœur la triste fable par laquelle commence cet ouvrage capital, qui signa pour nombre d’observateurs la naissance du mouvement écologiste. Elle me précisa qu’il dénonçait les méfaits d’une utilisation excessive de pesticides organochlorés sur la faune des pays industrialisés, et qu’il contribua grandement à ce que l’usage agricole du DDT soit interdit dans les années 1970 par de nombreux pays.
Rachel Carson y cite même un naturaliste du Wisconsin qui parle de nous, les hirondelles ! « Nous en avions beaucoup plus il y a quatre ou cinq ans, le ciel en était plein ; à peine, maintenant, en voit-on quelques-unes… Cela peut provenir des pulvérisations qui ont soit chassé, soit empoisonné les insectes », rapporte-t-il. La description rappelle furieusement celle que font aujourd’hui ceux à qui notre présence importe.


Ecurie, Ă©table, grange, garage ou lavoir
Entendons-nous bien : je ne voudrais pas passer pour une Cassandre ! Car en ce qui concerne mon espèce, tout ne va pas si mal. D’abord parce que nous sommes partout : en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique. Ensuite, parce que nous sommes nombreuses. En France, nous figurons au top 20 des oiseaux les plus répandus, ce qui, en termes de concurrence vitale, nous laisse de la marge.
En 2016, lorsque la dernière Liste rouge nationale des oiseaux nicheurs a été publiée, j’ai découvert avec tristesse que plusieurs espèces communes y étaient entrées : la linotte mélodieuse, le chardonneret élégant, le bouvreuil pivoine et le bruant jaune – pour ne citer que ceux qui font partie de mes connaissances – portent désormais l’appellation « vulnérables à l’extinction ». Mais pas nous ! Pas encore.
Il faut dire qu’être « rustique » quand les temps sont durs, cela aide ! Le qualificatif n’est pas usurpé : si notre reproduction nous rend dépendantes de l’homme et de ses constructions, nous nous contentons de trois fois rien. Ecurie, étable, grange, garage ou lavoir, tout est bon pour construire le nid, pourvu que celui-ci soit accessible en tout temps. D’où mon message : si vous, humains, cessiez un peu de démolir à tout va nos sites de nidification favoris au prétexte de moderniser votre habitat, cela arrangerait bien nos affaires. Faute de quoi notre survie finira par être en jeu. J’en viendrais alors à regretter la punition de la chanson : « Nous l’attraperons/La p’tite hirondelle/Et nous lui donn’rons/Trois p’tits coups de bâton. »


 

 

5- Albanie : le pélican frisé est de retour à Divjaka, AFP, 16/04/18, 15:00, Briseida Mema

Avec ses plumes sur le crâne qui lui donnent l'air de porter une perruque, il ne passe pas inaperçu: le pélican frisé est de retour dans la lagune de Divjaka, en Albanie. 
Depuis les années 1980, la population des oiseaux d'Europe a diminué de plusieurs dizaines de millions d'individus, selon les ornithologues. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère que 80% des sites de reproduction du pélican frisé en Europe ont disparu.
L'un des plus importants, la lagune de Divjaka dans l'ouest de l'Albanie (bassin de l'Adriatique), qui accueille chaque année des millions d'oiseaux et figure sur la route de nombre de migrateurs, a été très abîmé par l'homme.
Le pélican frisé a presque déserté les lieux, alors qu'auparavant, "le parc national Divjaka-Karavasta était considéré comme son royaume", dit son directeur Adrian Koçi. 
Mais l'heure de la reconquête est peut-être arrivée.
"Le roi est revenu cet hiver", se réjouit Fatos Jolla, un pêcheur de 67 ans.
"De 250 couples reproducteurs dans les années 1960, on était tombé à 17 en 2000-2001. On est revenu à 52 couples et 57 naissances recensées en 2017", confirme Adrian Koçi. 
Le retour de cet oiseau dont l'envergure peut atteindre trois mètres est le résultat d'une politique volontariste des autorités albanaises, souvent critiquées pour leur passivité dans la défense de l'environnement.


- L'île salvatrice -
Une petite île de 22 km2, au centre de la lagune, est au coeur de ce succès: les lieux de nidification ont été surélevés pour résister à la montée de l'eau, des barbelés ont été installés pour empêcher les touristes d'y accéder, la chasse a été interdite en 2016... Des chasseurs qui ont abattu un pélican mi-février ont été identifiés et risquent deux à quatre ans de prison.
Le regain est toutefois fragile, prévient Adrian Koçi. "La tendance était prometteuse jusqu'en février. Mais les intempéries, la neige et le vent ont dérangé la colonie. Certains ont même abandonné leurs nids et leurs œufs", explique Adrian Koçi, qui espère les revoir en avril.
Il faudrait mettre en place "des canaux de communication entre la lagune et la mer, ce qui n’est plus fait depuis une vingtaine d'années, afin de permettre la circulation d'eau fraîche" et "l'entrée de poissons", base de l'alimentation des pélicans, poursuit-il. Et traquer les pêcheurs de nuit, qui épuisent le stock de poissons. 
Pour Sajmir Hoxha, coordinateur en Albanie de l'association française de défense de la biodiversité Noé Conservation, les autorités doivent surtout s'attaquer au bétonnage de la côte. "Nous redoutons ces grands projets d'urbanisation qui vont à l'encontre des lois de l'environnement et des équilibres naturels", dit-il.
Une alliance méditerranéenne pour la protection des zones humides, qui regroupe une vingtaine d'associations de douze pays, s'est inquiétée en 2017 de la possible construction d'un complexe touristique à Divjaka, qui détruirait "la richesse naturelle et la diversité biologique de ce secteur".


- Complexe touristique -
Porté par un groupe helvéto-kosovar, ce projet prévoit 2.000 appartements, quelque 300 villas, des hôtels, un golf et des pistes pour hélicoptères, sur une bande côtière longue de douze kilomètres, selon Sajmir Hoxha. Sollicités par l'AFP, les représentants en Albanie du groupe désigné par les militants comme le promoteur, n'ont pas donné suite. 
Relevant que 70% des zones humides du pays ont déjà été détruites, des ornithologues et des défenseurs de l'environnement ont écrit au Premier ministre albanais Edi Rama pour lui demander de mettre son veto au projet. Ce dernier est suspendu, mais les écologistes craignent que cette décision soit provisoire.
Si le projet immobilier incriminé se concrétise, "ce sera la disparition du pélican frisé et d'autres espèces qui font la diversité de ce parc", prévient Adrian Koçi selon qui près de la moitié des 200 espèces d'oiseaux qui peuplent la lagune sont concernées.
Celle-ci compte notamment 1.500 à 1.600 flamants roses, détaille Dorian Nasi, employé du parc.
Mais leur présence, relevée pour la première fois il y a quatre ans, n'est peut-être une bonne nouvelle qu'en apparence : elle pourrait s'expliquer par un réchauffement climatique susceptible à terme d'être fatal à l'écosystème lagunaire.

 

 

 

6- Etats-Unis : des babouins s'échappent d'un institut de recherche biomédicale, AFP, 18/04/18, 00:00


Un, deux, trois... fuyez: des babouins se sont échappés ce week-end d'un centre de recherche au Texas (sud des Etats-Unis), signe de leur intelligence mais aussi, selon une association, de leur désir de "fuir les laboratoires".
Les trois bêtes font partie des 1.100 babouins de l'Institut de recherche biomédicale du Texas, situé à San Antonio, qui utilise ces primates pour étudier des maladies comme le sida, la malaria et le virus Ebola.
Elles se trouvaient dans un enclos entouré par des murs lorsqu'elles ont utilisé l'un des tonneaux placés là en tant qu'"outil d'enrichissement" pour s'échapper, a indiqué l'institut.
L'un après l'autre, les babouins sont montés sur le tonneau et ont sauté.
Un quatrième a escaladé le mur mais s'est ravisé et a rebroussé chemin. Les trois autres ont pris la poudre d'escampette.
Deux ont été rattrapés dans des arbres non loin de là. Le troisième a réussi à atteindre une route principale, où une conductrice a filmé une vidéo avec son téléphone portable montrant du personnel de l'institut courant derrière le babouin.
Les babouins ont été capturés une trentaine de minutes après leur fuite, a déclaré l'établissement, assurant que les animaux n'avaient à aucun moment représenté de danger pour les humains parce qu'ils ne font partie d'aucune étude active.
"Les animaux eux-mêmes n'étaient pas malades", a affirmé John Bernal, vétérinaire de l'établissement, à la télévision locale KSAT.
Mais l'association de défense des animaux Peta a vivement critiqué l'institut, affirmant qu'il avait enregistré plusieurs fugues et décès accidentels d'animaux ces dernières années.
"Texas Biomed met en danger tout le monde --son personnel, le public ainsi que les (...) primates qu'il retient prisonniers-- en emprisonnant des animaux dont le seul désir est de fuir le cauchemar des laboratoires", a dit Peta dans un communiqué.

 

 

7- Une mouche qui fait des bulles de salive pour se rafraîchir, AFP, 20/04/18, 13:00

Pour réguler leur température corporelle par évaporation, les humains transpirent, les chiens halètent, les chats lèchent leurs poils. Une mouche des régions chaudes a adopté une autre technique : elle fait des bulles...
L'ingénieuse Chrysomya megacephala fait sortir de sa bouche des gouttes de salive avant de les aspirer à nouveau, ce qui lui permet de se rafraîchir, révèle une étude publiée dans Scientific Reports.
"Lorsque le fluide sort, il se produit une évaporation qui fait baisser la température" de ce suc gastrique. "Puis la mouche remet cette gouttelette dans sa bouche, ce qui fait diminuer la température du corps de la mouche", explique à l'AFP Denis Andrade, de l'Université de Sao Paulo (Brésil), co-auteur de l'étude.
Ce comportement "semble être un moyen très efficace pour ces mouches" de faire baisser la température de leur corps par évaporation, ajoute-t-il.
Ces insectes aux yeux rouges, qui vivent dans les régions tropicales et sub-tropicales, sont un type de mouche à viande qui pond ses oeufs dans des excréments et des animaux en décomposition.
On avait déjà observé que cette mouche faisait des bulles de salive mais sans vraiment en comprendre la raison.
Les gouttes sont de taille conséquente: elles peuvent faire la moitié de la tête de la mouche.
Les chercheurs ont utilisé des caméras infrarouges pour détecter les changements de température sur le corps de l'insecte pendant qu'il émettait ces gouttes de salive.
Les scientifiques ont observé que la goutte de couleur rougeâtre se refroidissait rapidement, perdant jusqu'à huit degrés Celsius par rapport à la température ambiante en 15 secondes environ, indique l'étude.
Les mouches ingèrent à nouveau la goutte rafraîchie, ce qui permet de baisser la température de la tête, du thorax et de l'abdomen de l'insecte de 1 degré la première fois, de 0,5 degré la deuxième, de 0,2 degré la troisième fois. Si l'opération est répétée, c'est encore plus efficace.
Les mouches soufflent davantage de bulles de salive lorsque la température de l'air augmente et elle en produisent moins dans les environnements humides car l'humidité de l'air gène le phénomène d'évaporation, a remarqué l'équipe.
Toutes ces observations apportent des "preuves convaincantes" que ces bulles "servent au moins en partie à réguler la température du corps", selon Denis Andrade. Elles sont sans doute également utiles pour la digestion.

 

 

8- Les fourmis « kamikazes » de Bornéo, Le Point avec AFP, 25/04/18, 14:12

Les chercheurs ont identifié une nouvelle espèce de fourmi capable de se faire exploser très facilement à l'approche d'un ennemi pour le neutraliser.
Dans le grand livre de la nature, on découvre chaque jour que, décidément, les hommes n'ont rien inventé. Ainsi d'une espèce de guêpe parasite capable de prendre le contrôle du cerveau d'un cafard et de le guider jusqu'à son nid pour se faire dévorer vif par la progéniture de ladite guêpe. Ainsi aussi de la « fourmi explosive ». Une nouvelle espèce de cette sorte a été découverte à Bornéo. Pour tuer ou repousser un ennemi, ces fourmis sont capables de se faire exploser en dégageant un liquide toxique et collant.
Ces fourmis, baptisées Colobopsis explodens, ont été débusquées dans le petit État de Brunei, situé dans le nord de l'île de Bornéo et réputé pour sa biodiversité. En se contractant très fortement, les ouvrières créent suffisamment de pression pour faire éclater la paroi de leur abdomen, libérant d'un coup sec des sécrétions toxiques, explique Alice Laciny du Muséum d'histoire naturelle de Vienne, qui a participé à l'étude. L'ennemi est tenu à distance, voire tué, tout comme la fourmi elle-même, selon un article publié dans la revue zoologique ZooKeys.
Ce ne sont pas les premières fourmis explosives à être découvertes, mais cette nouvelle espèce se fait exploser très facilement et elle est donc très intéressante pour les chercheurs. Un tel phénomène reste « très rare dans la nature » et seule une poignée d'insectes vivant en colonies comme les fourmis et les abeilles sont connus pour se sacrifier de cette manière, précise la chercheuse à l'AFP. « La colonie est comme un super-organisme dont la fourmi en tant qu'individu ne serait qu'une cellule avec un rôle bien particulier à jouer », explique Alice Laciny.


Sur le mĂŞme sujet :

> Le sacrifice suprême de la fourmi explosive, Le Monde Science & Techno, 30/04/18, 06h27
Nathaniel Herzberg


Tordre son corps jusqu’à le faire éclater et en expulser une substance toxique : c’est l’arme fatale utilisée par l’insecte découvert sur l’île de Bornéo.
Au premier abord, c’est juste une simple fourmi. Une parmi les quelque 12 000 espèces déjà répertoriées. Encore que pour approcher l’animal, sa tête rouge et son corps virant sur le noir, un voyage au cœur de la forêt primaire du sultanat de Brunei, dans l’île de Bornéo, s’impose. Une fois arrivé sur place, deux solutions s’offrent à vous : fuir dare-dare ou rester pétri d’admiration. Car pour affronter ses ennemis, l’insecte a développé une arme aussi impressionnante que redoutable : il explose et libère une substance empoisonnée. Cette technique de défense a été décrite pour la première fois en 1916. Mais une équipe internationale (Autriche, Thaïlande, Brunei) vient de découvrir plusieurs nouvelles espèces dotées de ces supers pouvoirs. Elle a élevé l’une d’entre elles au rang d’« espèce modèle », représentant ce comportement type, dont elle publie une description minutieuse dans la revue Zookeys. Et puisqu’elle appartient au groupe Colobpsis, les scientifiques l’ont assez naturellement nommée Colobopsis explodens.


Parfum de curry
Confrontée à un prédateur, notre nouvelle amie commence par employer la dissuasion. Elle dresse son arrière-train, sorte de premier et dernier avertissement. Si l’importun ne comprend toujours pas, elle se précipite sur lui et plante ses mandibules dans la chair ennemie. Puis elle tord violemment son corps jusqu’à faire rompre l’exosquelette qui l’entoure. Et c’est l’explosion. Des entrailles de la fourmi gicle alors un liquide jaune et brillant.
L’odeur de la substance n’a rien d’incommodant. L’entomologiste Alice Laciny, du Musée d’histoire naturelle de Vienne, et ses collègues décrivent plutôt un doux parfum rappelant celui du curry. Mais au toucher, c’est autre chose : collante, brûlante et toxique, c’est une arme fatale. Pour l’assaillant qui n’aurait pas perçu le danger mais aussi pour l’insecte lui-même.
Seules les fourmis dites « mineures », les plus petites, usent de ce mode d’affrontement. Le constat n’est pas tout à fait surprenant, tant cette société est passée maîtresse dans l’art de diviser le travail. Chez C. explodens, les reines et les mâles reproducteurs sont exemptés du sacrifice suprême. Les « majeures » également : elles se contentent du combat classique, en attaque comme en défense du nid. Grâce à leurs puissantes mandibules, elles barricadent l’entrée du logis, offrant une seconde protection à la communauté. Aux petites sœurs de jouer les kamikazes en première ligne.


Armes spectaculaires
D’autres insectes disposent de telles armes spectaculaires. La violence du jet brûlant pulsé par le carabe bombardier en témoigne. Récemment, des scientifiques japonais ont montré comment l’insecte pouvait survivre à l’ingestion d’un crapaud en déclenchant son tir depuis l’intérieur de l’amphibien.
De même, le sens du sacrifice est une valeur centrale chez les insectes sociaux. Ainsi, chacun sait que l’abeille meurt dès qu’elle pique. Si un tel comportement peut paraître absurde – quoi qu’un siècle après l’armistice de 1918, l’humain puisse difficilement donner des leçons en la matière –, la biologiste autrichienne Sylvia Cremer l’explique aisément :
« Une colonie de fourmis est un peu comme notre corps, dont chaque animal représenterait une cellule. Face à la maladie, certaines cellules se suicident pour sauver le groupe. Les fourmis font la même chose. »
> Lire aussi :   Les fourmis, redoutables stratèges militaires
Comportement, alimentation, morphologie, profil ADN, caractéristiques phylogénétiques, illustrations… L’équipe d’Alice Laciny a réalisé un travail considérable. D’autres publications devraient suivre. Deux tâches restent toutefois à accomplir : comprendre la façon dont les « mineures » coordonnent leurs explosions lorsqu’elles mènent une défense collective, et analyser en détail la composition de la redoutable substance. En évitant de se brûler les doigts.

 

 

 

9- Madagascar, le paradis des espèces uniques au monde, TF1, journal de 20h, 10/04/18
Des caméléons aux lémuriens en passant par les reptiles, l'île abrite dans ses forêts des espèces endémiques uniques au monde.
Madagascar compte des milliers d'espèces uniques au monde. Les forêts malgaches font d'ailleurs partie des plus riches de la planète. Immersion dans le Parc National de Lokobe pour découvrir cette biodiversité endémique. C'est l'unique forêt originelle restant de l'île de Nosy-Be, dans le Nord-Ouest du pays.

Leur but est d’encourager la reforestation dans cette région particulièrement dense en population, afin de réguler la pollution et, au passage, battre le record du monde de 847 275 arbres plantés en une journée, détenu par le Pakistan depuis 2013.
Des étudiants et des femmes au foyer ainsi que des législateurs et des fonctionnaires du gouvernement sont venus nombreux, armés de jeunes plants, motivés par l’idée de se faire une place dans le Guinness Book.
“J’ai lu quelque part que cet arbre est une des espèces qui diffuse le plus d’oxygène” explique un jeune volontaire à Associated Press, fier du ficus qu’il vient tout juste de planter dans la forêt de la réserve Kukrail.
“Il y a tellement de pollution en ville que nous avons besoin des arbres pour produire de l’oxygène”
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d’Uttar Pradesh, planter autant d’arbres encouragera la prise de conscience de l’importance du reboisement des forêts, et la nécessité de conserver et protéger l’environnement. “De sérieux efforts sont primordiaux pour réduire les émissions de carbone et limiter les effets du changement climatique,” a-t-il également déclaré. “Uttar Pradesh a fait un premier pas dans cette démarche.”
Les gouverneurs des 29 États de l’Inde sont vivement encouragés à lancer des opérations de reforestation, pour augmenter le nombre d’arbres dans tout le pays. Ces actions environnementales font partie des engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu à Paris, entre novembre et décembre 2015.
L’État a mis de côté près de 6,2 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros) pour des initiatives similaires, et espère honorer sa promesse, qui consiste à replanter l’équivalent de 95 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Des gardes-chasse à la retraite seront chargés de surveiller les régions où les arbres ont été plantés, afin d’observer et de contrôler la bonne croissance des jeunes plants. Seuls 60% d’entre eux sont destinés à pousser correctement.

 

 

4- La "mémoire" de la glace du Mont-Blanc bientôt conservée en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des échantillons de glaciers en Antarctique: l'idée peut paraître saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une équipe de chercheurs qui va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace menacée par le réchauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information", explique à l'AFP Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4.300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986" après la catastrophe de Tchernobyl, sourit Jérôme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers évoluent - fondent - tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3.500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5.300 mètres, a disparu dès 2009.
"Cette année, il y a eu de la fonte à 6.000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Niño", souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace", pointe Jérôme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues espèrent donc effectuer une vingtaine de carottages sur des sites répartis sur tous les continents. L'ensemble des carottes seront conservées dans une cave de neige à Concordia, "un congélateur naturel à -50°C", à l'abri des pannes électriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.