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Revue de presse de septembre 2018

1- L’huile de palme menace aussi les primates d’Afrique, Le Monde, maj le 21/08/18 à 06h26. Pierre Le Hir

 

2- Ille-et-Vilaine : "envahis" par des sangliers "ravageurs", les agriculteurs voient rouge, AFP, 21/08/18, 12:00. Elia Vaissiere


3- Les pêcheurs japonais de retour à terre avec 177 baleines, AFP, 22/08/18, 11:00


4- ¬ęIl n'y a plus d'herbe¬Ľ... Comment la s√©cheresse pr√©cipite¬†les animaux √† l'abattoir, 20 Minutes avec AFP, 23/08/18, 15h06


5- L'étang de Thau, fragile miroir de l'avenir, AFP, 28/08/18, 11:00 Isabelle Ligner


6- Les pesticides n√©onicotino√Įdes interdits √† partir de samedi,¬†AFP, 29/08/18, 10:00 Am√©lie Bottollier-Depois


7- Alimentation : du plastique dans les crevettes, France 3, le 19/20, 28/08/18





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1- L’huile de palme menace aussi les primates d’Afrique, Le Monde, maj le 21/08/18 à 06h26. Pierre Le Hir


L’huile de palme, utilisée pour l’alimentation et les agrocarburants, met en péril la biodiversité africaine, après avoir causé des ravages en Asie.
L‚Äôhuile de palme va-t-elle mettre en p√©ril la biodiversit√©¬†du continent africain, apr√®s avoir caus√© des ravages en Indon√©sie et en¬†Malaisie ? En Asie, elle entra√ģne une¬†d√©forestation massive qui d√©cime¬†notamment les populations d‚Äôorangs-outans de l‚Äô√ģle de Born√©o.¬†Une √©tude¬†internationale¬†men√©e par des chercheurs du Centre commun de recherche de la¬†Commission europ√©enne et de plusieurs pays (Afrique du Sud, France, Pays-Bas,¬†Royaume-Uni, Suisse), publi√©e le 13 ao√Ľt dans les comptes-rendus de¬†l‚ÄôAcad√©mie des sciences¬†am√©ricaines, laisse craindre que la menace soit¬†s√©rieuse en Afrique aussi.
La production d’huile de palme, aujourd’hui issue à 85 % d’Asie du Sud-Est, est tirée par la croissance continue de la demande mondiale, pour ses usages alimentaires mais aussi pour l’élaboration d’agrocarburants.
Selon de précédentes études, 53 millions d’hectares supplémentaires pourraient être nécessaires à sa culture en 2050, dont 44 millions pour l’alimentation et 9 millions pour les carburants. Ce qui signifierait de presque multiplier par quatre les superficies par rapport aux 20 millions d’hectares de terres dédiés, en 2015, à cette filière.
Cette expansion pourrait se faire en grande partie en¬†Afrique, o√Ļ des √©cosyst√®mes tropicaux de basse altitude sont adapt√©s √† cette¬†culture, d√©j√† pratiqu√©e ‚Äď √† encore¬†relativement petite √©chelle ‚Äď au¬†Nigeria, en C√īte d‚ÄôIvoire, en R√©publique d√©mocratique du Congo (RDC),¬†au Cameroun, au Gabon ou au Ghana.

 

 

 

2- Ille-et-Vilaine : "envahis" par des sangliers "ravageurs", les agriculteurs voient rouge, AFP, 21/08/18, 12:00. Elia Vaissiere

"Chaque ann√©e, √ßa empire ! Ils d√©truisent tout et on¬†subit", l√Ęche Yves Rolland, exc√©d√©, en arpentant son champ ravag√©. En¬†Ille-et-Vilaine, comme partout en Europe, les¬†agriculteurs souffrent de la¬†prolif√©ration des sangliers, que les chasseurs peinent √† endiguer.
Comme souffl√© par une tornade, le champ habituellement¬†verdoyant n'est plus qu'un trou b√©ant, jonch√© de tiges pli√©es, enchev√™tr√©es, de¬†feuilles dess√©ch√©es. Les plants sont¬†couch√©s, le ma√Įs √† terre.¬†
"Les sangliers viennent toutes les nuits, en troupeau ! Ils grignotent un bout par-ci, par là, mais piétinent tout", soupire Yves Rolland, roulant entre ses doigts un épi doré rongé par endroits.
Installé en bordure de forêt à Paimpont (Ille-et-Vilaine), l'éleveur et polyculteur a déjà perdu "huit hectares" cette année, soit 10% de son exploitation: beaucoup d'argent "envolé, mais aussi "du fourrage destiné au bétail, qu'il faudra peut-être racheter"
"Quand il exploitait, mon père ne voyait jamais de sangliers. Aujourd'hui, on est envahis", glisse-t-il.
Depuis une trentaine d'années, la population de sangliers explose en Europe. En France, 700.000 ont été abattus par les chasseurs en 2016-2017, contre 150.000 en 1990-1991, selon l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).
"Très fertile, l'animal se reproduit rapidement et s'adapte à la pression de chasse", explique Christine Saint-Andrieux, chercheuse à l'ONCFS. De nombreux facteurs favorisent sa multiplication et sa sortie des bois, notamment "l'urbanisation", le développement des friches industrielles et des céréales, mais aussi "le réchauffement climatique". 
Avec 3.000 sangliers tu√©s cette ann√©e contre 30.000 dans le¬†Var, l'Ille-et-Vilaine n'est pas la plus touch√©e mais a vu leur nombre¬†multipli√© par dix en trente ans. Inquiets, les¬†agriculteurs bretons esp√®rent¬†encore endiguer le ph√©nom√®ne avant qu'il ne devienne "incontr√īlable".¬†
Probl√®me, selon eux : les chasseurs, traditionnellement¬†charg√©s de la r√©gulation du gibier et de l'indemnisation des d√©g√Ęts,¬†"n'arrivent plus √† g√©rer la situation".


- "Faciliter la chasse" -
R√©unis sous une pluie battante, dans un champ de ma√Įs amput√©¬†d'un demi-hectare pr√®s de Saint-Malo, une quinzaine d'agriculteurs en col√®re en¬†"appellent √† l'Etat".
"Certains chasseurs jouent le jeu mais d'autres¬†pr√©f√®rent garder du gibier pour les week-ends en saison de chasse et ne font¬†pas le boulot", lance un √©leveur. "Des soci√©t√©s¬†priv√©es", louant¬†des terrains de chasse, "nourrissent m√™me les sangliers pour leur business¬†et n'entretiennent pas les cl√ītures", critique un autre.
Alors les bêtes entrent dans les villes, "retournent les prairies, les jardins, les terrains de foot, provoquent des accidents sur les routes et transportent des maladies!" s'emporte le premier.
De plus, les indemnisations vers√©es par la F√©d√©ration¬†d√©partementale des chasseurs (FDC) ne sont "pas √† la hauteur", estime¬†Jean-Baptiste Mainsard, √©lu √† la Chambre¬†d'agriculture. "Lorsqu'un expert¬†vient, et juge que les d√©g√Ęts n'atteignent pas 200 euros, ou 3% de la surface,¬†l'agriculteur ne re√ßoit rien et paye le d√©placement", regrette-t-il.
"Il faut faciliter la chasse", plaide-t-il, alors que le plan départemental impose à tout chasseur bénévole, pour chaque sanglier tué, d'acheter à la FDC "un bracelet" à 50 euros, ce qui est "décourageant".
Auteurs d'une pétition, ces agriculteurs demandent à l'Etat de "multiplier les battues administratives", d'entretenir les abords des routes servant de refuges et de missionner des tireurs "volontaires", capables de répondre "toute l'année" aux "appels à l'aide". "Le sanglier doit être classé nuisible", martèle un éleveur.
"La chasse est un loisir, bénévole. Nous n'avons le pouvoir de forcer personne", tempère le président de la Fédération départementale et régionale des chasseurs, André Douard, assurant faire "tout son possible pour encourager la pratique".
Si "les barèmes d'indemnisation" méritent d'être examinés, les bracelets "servent à engranger des fonds pour indemniser les agriculteurs", souligne-t-il. 
Pour M. Douard, les chasseurs "veulent du gibier, mais pas en surnombre". Malheureusement, "ils vieillissent et se raréfient". L'organisation doit donc être "repensée" à l'échelle nationale, le dossier étant déjà "sur le bureau d'Emmanuel Macron".
"Les sangliers sont la goutte d'eau qui fait déborder le vase" d'une agriculture déjà en crise, rappelle un éleveur désemparé, qui prévient : "si rien n'est fait, nous trouverons nos propres solutions".

 

 

3- Les pêcheurs japonais de retour à terre avec 177 baleines, AFP, 22/08/18, 11:00


Les pêcheurs japonais sont revenus à quai avec dans leurs filets 177 baleines, après une expédition de trois mois dans le Pacifique qui succède à une campagne dans l'Antarctique menée pendant l'hiver, en dépit des critiques internationales.
L'archipel, qui continue à tuer des cétacés dans le cadre d'un programme de "recherche scientifique", plaide depuis longtemps pour l'assouplissement du moratoire mis en place en 1986. 
Il compte d'ailleurs présenter une demande de reprise partielle de la chasse commerciale lors d'une réunion de la Commission baleinière internationale (CBI), prévue en septembre au Brésil.
Au cours de cette dernière mission de 98 jours, trois navires spécialisés ont capturé 43 baleines de Minke et 134 rorquals boréals, a annoncé mercredi l'Agence des pêches dans un communiqué.
"Les données qui ont été rassemblées seront analysées et présentées au comité scientifique de la CBI, permettant ainsi d'améliorer les connaissances scientifiques pour la conservation et la gestion des ressources de cétacés", souligne-t-elle.
Le Japon tente de prouver que la population de baleines est assez importante pour supporter une reprise de la chasse commerciale, que la Norvège et l'Islande sont aujourd'hui les seuls pays au monde à pratiquer ouvertement.
La pêche à la baleine est défendue par une partie des milieux politiques nippons comme étant une tradition à préserver.
Mais s'il est exact que la chair de cétacés a constitué une salvatrice source de protéines dans les années de l'immédiat après-guerre, aujourd'hui, la plupart des Japonais disent ne pas en manger, ou très rarement.


 

Sur le même sujet :

Malgré des mesures strictes et une faible demande, la chasse à la baleine perdure, Blog les Décodeurs, 22/08/18, 17h32.  Pierre Breteau


En dépit d’un moratoire de 1986 et de la mobilisation des défenseurs de la faune marine, Norvège, Islande et Japon maintiennent cette pratique.
Certains pays comme la Norvège ou le Japon continuent de chasser la baleine, et ce, malgré le moratoire signé en 1986 sur la traque commerciale du plus grand mammifère du monde. Ainsi Oslo a augmenté de 999 à 1 278 le nombre d’individus susceptibles d’être capturés dans ses eaux en 2018, soit 28 % de plus qu’en 2017.
Parmi la vingtaine d‚Äôesp√®ces de c√©tac√©s, d‚Äôun poids qui va¬†de 2,5 √† 7 tonnes pour l‚Äôorque √† 150 tonnes pour la baleine bleue, seules¬†quelques esp√®ces sont toujours pris√©es. En¬†Norv√®ge et en Islande, derniers pays¬†europ√©ens √† poss√©der des navires sp√©cialis√©s, c‚Äôest surtout la baleine de Minke¬†qui est recherch√©e ; un mammif√®re plus petit (6 √† 9 m) que¬†la grande¬†baleine bleue (25 m√®tres en moyenne), mais aussi plus ¬ę menu ¬Ľ :¬†de 5 √† 8 tonnes.
La situation est délicate pour l’ensemble des espèces, car leur population peine à augmenter malgré les mesures de protection instaurées dans les années 1980 et 1990. Selon une étude menée à partir de cent vingt-deux ans de données, le nombre d’animaux (spécialement les baleines bleues et les rorquals communs) pourrait n’atteindre la moitié de son niveau d’avant la chasse intensive (à partir de 1900) qu’en 2100.

 

 

 

4- ¬ęIl n'y a plus d'herbe¬Ľ... Comment la s√©cheresse pr√©cipite¬†les animaux √† l'abattoir, 20 Minutes avec AFP, 23/08/18, 15h06

Les prix pour nourrir les animaux flambent.¬†R√©sultat, beaucoup de b√™tes ont √©t√© envoy√©es √† l'abattoir plus t√īt que¬†d'habitude...
¬ęNos vaches vivent depuis la mi-juillet gr√Ęce au foin¬†r√©colt√© en juin, il n'y a plus d'herbe¬Ľ : comme nombre d'√©leveurs su√©dois,¬†allemands ou britanniques, Jean-Guillaume¬†Hannequin, agriculteur dans l'est de¬†la France, se demande comment il va nourrir son b√©tail cet hiver.
Si les pays méditerranéens ont depuis longtemps adapté leurs pratiques agricoles au manque d'eau, la sécheresse  a fait des ravages cet été parmi les pays du nord de l'Europe, producteurs de lait.


Production en berne
En Su√®de, o√Ļ des feux de for√™ts ont d√©truit des milliers¬†d'hectares dess√©ch√©s, la F√©d√©ration des agriculteurs (LRF) parle de la ¬ępire¬†crise depuis plus de 50 ans¬Ľ. Un manque de¬†nourriture pour le b√©tail ¬ęsera¬†perceptible d√®s cet hiver¬Ľ, pr√©voit Harald Svensson, chef-√©conomiste de¬†l'Agence gouvernementale su√©doise de l'Agriculture.
¬ęLa plupart des agriculteurs ont distribu√© aux animaux¬†durant l'√©t√© les r√©serves de fourrage qu'ils avaient constitu√©es pour l'hiver¬Ľ,¬†explique-t-il, √©voquant une chute historique¬†de ¬ę29%¬Ľ de la production su√©doise¬†de c√©r√©ales par rapport √† 2017. Idem en Allemagne, o√Ļ une ferme sur 25 est¬†menac√©e de fermeture. En Basse-Saxe, grande r√©gion¬†agricole du pays,¬†l'inqui√©tude est grande pour les exploitations fourrag√®res dont la production¬†est inf√©rieure d'au moins 40% √† celle d'une ann√©e normale. Aux Pays-Bas, le¬†d√©ficit de fourrage est estim√© entre 40% et 60% par l'organisation agricole¬†LTO, et celui de c√©r√©ales √† 20%.


 

5- L'étang de Thau, fragile miroir de l'avenir, AFP, 28/08/18, 11:00 Isabelle Ligner

Laboratoire à ciel ouvert dans lequel on peut lire l'avenir d'autres écosystèmes, l'étang de Thau, lagune fortement urbanisée de quelque 7.000 hectares, est frappé de plein fouet par le réchauffement climatique et par des alertes sanitaires fragilisant la conchyliculture.
V√©ritable mer int√©rieure, s√©par√©e de la M√©diterran√©e par le¬†Mont Saint-Clair et un bras de sable, l'√©tang a √©t√© touch√© en ao√Ľt par le¬†ph√©nom√®ne de la mala√Įgue - mauvaise eau¬†en occitan - une chute de la teneur en¬†oxyg√®ne de l'eau provoqu√©e par la conjugaison de chaleurs caniculaires et¬†d'absence de vent.
Or le bassin de Thau, class√© Natura 2000, constitue la plus¬†grosse zone conchylicole de la M√©diterran√©e (10% de la production nationale¬†d'hu√ģtres et quelque 3.000 emplois).¬†
"Un tiers des coquillages sont morts, certains conchyliculteurs ont 100% de pertes", affirme à l'AFP Jean-Christophe Cabrol, conchyliculteur à Bouzigues et vice-président du Comité régional conchylicole de Méditerranée (CRCM). 
"On a relev√© des temp√©ratures dans l'eau √† plus de 29¬†degr√©s pendant huit jours", pr√©cise Franck Lagarde, de l'Institut fran√ßais¬†de recherche pour l'exploitation de la mer¬†(Ifremer), rappelant que la mala√Įgue¬†- reconnaissable √† la coloration blanche des eaux - ne s'√©tait plus manifest√©e¬†sur l'√©tang depuis 2006.¬†
Une commission d√©partementale doit interpr√©ter jeudi les¬†r√©sultats des expertises effectu√©es sur le terrain du 14 au 20 ao√Ľt pour¬†√©valuer l'ampleur des pertes, a pr√©cis√© √† l'AFP¬†C√©dric Indjirdjian, directeur¬†adjoint des territoires et de la mer (DDTM) de l'H√©rault.
"Les producteurs qui n'ont pas de r√©serves de tr√©sorerie¬†sont menac√©s, ce sont des familles enti√®res qui sont touch√©es", souligne¬†M. Cabrol alors que la profession se r√©unit¬†mardi √† Montpellier au plan¬†national. Du c√īt√© des indemnisations, "on nous a promis monts et¬†merveilles, on attend du concret", ajoute-t-il.
"Les entreprises conchylicoles √©taient d√©j√† fragilis√©es¬†par des fermetures sanitaires" r√©currentes dues au norovirus ou aux¬†phytotoxines de type alexandrium et "la mala√Įgue¬†est un probl√®me de plus √†¬†g√©rer" pour elles, souligne M. Indjirdjian.


- "Les efforts sont à poursuivre" -
Durant les cinquante dernières années, le territoire de Thau, situé à l'arrière du port de Sète, a connu une très forte urbanisation qui a engendré des problèmes de déplacements, d'assainissement et de pollution. 
En 2005, le syndicat mixte du bassin de Thau a été créé pour coordonner des actions de préservation de la lagune. 
Depuis, la qualité des eaux s'est améliorée, avec la mise aux normes des stations d'épuration, même si des problèmes d'assainissement ponctuels demeurent, notamment en cas de fortes pluies.
Mais "aujourd''hui on est amenés à répondre à de nouvelles questions de société en particulier vis-à-vis des virus" et "compte tenu du principe de précaution, parfois il y a des mesures de gestion qui sont assez dures pour la filière conchylicole", explique Franck Lagarde.
"On subit le principe de pr√©caution", rench√©rit¬†Jean-Christophe Cabrol, estimant que les interdictions r√©currentes de r√©colte¬†et de vente de moules, hu√ģtres et palourdes¬†frappent les tr√©soreries et font¬†une "mauvaise publicit√©".¬†
Pour cesser de subir le réchauffement climatique et les alertes sanitaires, la profession envisage de mettre à l'abri une partie de sa production dans des bassins artificiels. 
L'√©tang de Thau est scrut√© au plan international. C'est une¬†"lagune ferm√©e qui constitue un laboratoire √† ciel ouvert", souligne¬†M. Lagarde: certains scientifiques viennent de¬†l'√©tranger, notamment du Canada¬†et du Japon, se pencher sur "cette lentille d'eau tr√®s sensible", o√Ļ¬†ils peuvent "un peu lire dans l'avenir", en observant "des¬†processus qui¬†pourraient √™tre semblables dans quelques ann√©es chez eux".¬†
Les signes d'une véritable "restauration écologique" d'un étang à la riche biodiversité sont visibles, selon Franck Lagarde, avec par exemple "un retour des herbiers ces dix dernières années" ou encore celui de centaines d'hippocampes. 
Et les lignes des milliers de tables conchylicoles forment de véritables récifs artificiels pour les crevettes, oursins, anémones, dorades...
Mais, ajoute le chercheur, "les efforts sont à poursuivre", d'autant que la santé des milieux naturels du bassin conditionne l'avenir de la pêche et de la conchyliculture.

 

Sur le même sujet :

Etang de Thau : un tiers des hu√ģtres et 100% des moules¬†tu√©es par la mala√Įgue, AFP, 30/08/18, 17:00

Un tiers de la production annuelle d'hu√ģtres et la totalit√©¬†des moules ont √©t√© tu√©es cet √©t√© dans l'√©tang de Thau (H√©rault) par la¬†mala√Įgue, une conjonction de chaleurs caniculaires¬†et d'absence de vent, a¬†√©valu√© officiellement un comit√© d'expertise d√©partemental.¬†
Le comit√© qui s'est tenu jeudi matin √† Montpellier avec des¬†repr√©sentants des conchyliculteurs de Thau a "valid√© les chiffres de¬†pertes" dues √† la mala√Įgue, pr√©sent√©s dans le¬†rapport d'une mission de¬†terrain effectu√©e du 14 au 20 ao√Ľt, a annonc√© √† l'AFP C√©dric Indjirdjian,¬†directeur d√©partemental adjoint des territoires et de la mer (DDTM).
"Concernant les hu√ģtres, on a des taux de mortalit√©¬†importants avec 52% dans la zone de Marseillan et 63,5% dans celle de¬†M√®ze", a pr√©cis√© M. Indjirdjian. "En volume cela¬†repr√©sente 2.703¬†tonnes d'hu√ģtres, en valeur, 4,7 millions d'euros soit un tiers de la¬†production annuelle sur le bassin qui a √©t√© d√©truit en quelques jours".¬†
"Concernant les moules, les pertes sont de 100%", a-t-il ajouté, "soit 1.218 tonnes de moules mortes, ce qui représente une valeur de 1,22 million d'euros".
Le préfet de l’Hérault "va donc saisir, sans délai, la commission nationale de gestion des risques agricoles, en vue de la reconnaissance du sinistre par arrêté ministériel", précise la préfecture dans un communiqué.
Le pr√©fet a √©galement transmis au minist√®re de l‚Äôagriculture¬†la demande d‚Äôexon√©ration totale des charges sociales ENIM, des redevances domaniales¬†et des taxes sur le foncier¬†non b√Ęti.
Les organismes sociaux (MSA et ENIM) "sont mobilisés pour accompagner au mieux les professionnels", assure la préfecture. 
Une réunion avec les banques, l’URSSAF, la DIRECCTE et les représentants de la profession sera organisée "dans les jours à venir", indique encore la préfecture, "afin de prendre en compte les problèmes de trésorerie des entreprises en difficultés et envisager le recours à l’activité partielle" pour celles qui le souhaitent".
La mala√Įgue - mauvaise eau en occitan - se caract√©rise par¬†une coloration blanche des eaux et ne s'√©tait pas manifest√©e sur l'√©tang depuis¬†2006. Ce ph√©nom√®ne de propagation¬†d'algues li√© au r√©chauffement climatique¬†engendre une chute de la teneur en oxyg√®ne de l'eau qui d√©cime les hu√ģtres. Les¬†moules succombent pour leur part aux fortes¬†temp√©ratures de l'eau (plus de 29¬įC¬†enregistr√©s sur huit jours cet √©t√© dans l'√©tang selon les scientifiques).¬†
V√©ritable mer int√©rieure, la lagune de Thau s'√©tend √†¬†proximit√© de S√®te sur quelque 7.000 hectares. Elle constitue √† la fois un¬†√©cosyst√®me d'exception et la plus grosse zone¬†conchylicole de la M√©diterran√©e¬†(10% de la production nationale d'hu√ģtres et quelque 3.000 emplois).

 

 

6- Les pesticides n√©onicotino√Įdes interdits √† partir de samedi,¬†AFP, 29/08/18, 10:00 Am√©lie Bottollier-Depois


Apr√®s des ann√©es de controverses, les pesticides¬†n√©onicotino√Įdes seront bannis √† partir de samedi en France, une interdiction¬†destin√©e √† prot√©ger les colonies d'abeilles en¬†d√©clin mais d√©nonc√©e par les¬†agriculteurs qui r√©clament du temps pour d√©velopper des alternatives.


- Pesticides les plus utilisés au monde -
Disponibles depuis le milieu des ann√©es 1990, les¬†n√©onicotino√Įdes, ensemble de sept insecticides neurotoxiques (ac√©tamipride,¬†clothianidine, imidaclopride, thiaclopride,¬†thiam√©thoxame, nitenpyrame et¬†dinot√©furane), sont devenus les pesticides les plus utilis√©s dans le monde.
S'ils peuvent être utilisés en pulvérisation, en France ils servent principalement de manière préventive, en enrobant les semences. La substance, dite "systémique", est absorbée par la plante et se propage à tous ses tissus, y compris le pollen. 
Betteraves, blé, colza, arbres fruitiers, vigne... Ils sont utilisés pour débarrasser les cultures des chenilles, cochenilles, pucerons ou insectes mangeurs de bois.


- "Tueur d'abeilles" -
Comme tout insecticide, √† certaines doses, les¬†n√©onicotino√Įdes tuent les insectes, donc les abeilles.¬†
Depuis les ann√©es 2000, des scientifiques s'inqui√®tent du¬†fait que m√™me √† faible dose, ces substances qui s'attaquent au syst√®me nerveux¬†des insectes affectent les¬†pollinisateurs (abeilles et bourdons d√©sorient√©s,¬†sperme des m√Ęles alt√©r√©...).
Les apiculteurs fran√ßais constatent une hausse de la¬†mortalit√© dans leurs ruches depuis l'arriv√©e des n√©onicotino√Įdes. Mais¬†"aucun √©l√©ment scientifique rigoureux" ne prouve¬†qu'ils sont la¬†premi√®re cause de mortalit√© des abeilles, note le directeur scientifique de¬†l'Institut de l'abeille Axel Decourtye.


- Interdits, avec dérogations -
L'UE a décidé en avril d'interdire pour les cultures de plein champ l'utilisation de trois substances (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride), objet de restrictions depuis 2013. La décision, qui permettra les usages sous serre, entrera en vigueur complètement le 19 décembre. 
La France va plus loin. La loi biodiversit√© de 2016 pr√©voit¬†l'interdiction des n√©onicotino√Įdes √† partir de ce 1er septembre. Un r√©cent¬†d√©cret d'application pr√©cise que les cinq¬†substances jusqu'alors autoris√©es en¬†Europe pour des usages phytosanitaires sont concern√©es (les trois vis√©s par¬†l'UE, plus thiaclopride et ac√©tamipride) .
Des dérogations sont possibles au cas par cas jusqu'au 1er juillet 2020. Mais elles ne seront délivrées que pour des produits à base d'acétamipride, et dans de "faibles volumes", assure le ministère de la Transition écologique.
Des dérogations inacceptables pour les ONG, qui réclament l'interdiction d'autres pesticides. "Ne nous limitons pas à cette famille. Beaucoup d'autres devraient être interdits", plaide François Veillerette, de Générations Futures.
Dans son viseur notamment des produits parfois appel√©s¬†"n√©onicotino√Įdes de nouvelle g√©n√©ration": la flupyradifurone, pas¬†autoris√©e en France, et le sulfoxaflor, substance¬†active de deux produits dont¬†l'association a fait suspendre la vente par la justice l'an dernier.
La loi alimentation adopt√©e en premi√®re lecture pr√©voit¬†l'extension de l'interdiction des n√©onicotino√Įdes aux substances chimiques¬†ayant des modes d'action identiques. Si¬†elle est adopt√©e d√©finitivement, un¬†nouveau d√©cret devrait compl√©ter la liste.
Les n√©onicotino√Įdes restent n√©anmoins autoris√©s pour les¬†usages non phytosanitaires, comme biocides et m√©dicaments v√©t√©rinaires,¬†notamment les produits anti-puces pour¬†chiens et chats.


- Des alternatives ? -
Les agriculteurs se retrouvent dans une impasse "dramatique", dénoncent la FNSEA et d'autres syndicats agricoles, assurant ne pas avoir de solutions de remplacement.
Selon un rapport r√©cent de l'Anses, il existe des¬†alternatives "suffisamment efficaces, et op√©rationnelles", chimiques¬†ou non chimiques, pour la grande majorit√© des 130¬†usages phytosanitaires des¬†n√©onicotino√Įdes.
L'agence plaide pour une "lutte int√©gr√©e": pas de¬†traitement prophylactique, surveillance des cultures, priorit√© aux m√©thodes non¬†chimiques, pesticides chimiques seulement¬†si les ravageurs d√©passent certains¬†"seuils de nuisibilit√©". Mais elle reconna√ģt que "l'impact sur¬†l'activit√© agricole de l'interdiction des n√©onicotino√Įdes est difficile √†¬†anticiper".


- Et l'homme ? -
Les n√©onicotino√Įdes se retrouvent dans le sol et l'eau.
Pêches, laitues, tomates... L'acétamipride et l'imidaclopride sont présents respectivement dans 5% et 4% des échantillons alimentaires recueillis en Europe, selon un rapport de 2016 de l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA).
Mais en février 2018, l'Anses assurait que les données disponibles "ne mettent pas en évidence d'effet nocif pour la santé humaine", à condition que les consignes d'utilisation soient respectées.

 

 

 

7- Alimentation : du plastique dans les crevettes, France 3, le 19/20, 28/08/18


Selon une étude du magazine "Que Choisir", deux tiers des fruits de mer testés comportent des microparticules de plastique.
La crevette se nourrit de plancton, de larves de poisson, mais aussi de microparticules de plastique, qui se retrouvent immanquablement dans nos assiettes. Les chercheurs qui traquent ces microplastiques depuis dix ans en ont détecté dans le sel de mer. 66% des échantillons testés sont contaminés. 71% des mollusques comme les moules ingèrent du plastique et donc pour les crevettes, c'est 66% d'entre elles qui sont concernées.

En savoir plus :

> Produits de la mer : Des microplastiques dans vos assiettes, UFC Que Choisir, 23/07/18

Bien que partiellement invisibles, les microplastiques sont un problème de taille. Omniprésents dans les eaux marines, ils sont non seulement néfastes pour la nature mais aboutissent dans nos assiettes, notamment via le sel et les fruits de mer.

Leur but est d’encourager la reforestation dans cette région particulièrement dense en population, afin de réguler la pollution et, au passage, battre le record du monde de 847 275 arbres plantés en une journée, détenu par le Pakistan depuis 2013.
Des étudiants et des femmes au foyer ainsi que des législateurs et des fonctionnaires du gouvernement sont venus nombreux, armés de jeunes plants, motivés par l’idée de se faire une place dans le Guinness Book.
‚ÄúJ‚Äôai lu quelque part que cet arbre est une des esp√®ces qui¬†diffuse le plus d‚Äôoxyg√®ne‚ÄĚ explique un jeune volontaire √†¬†Associated¬†Press, fier du ficus qu‚Äôil vient tout juste de planter¬†dans la¬†for√™t de la r√©serve Kukrail.
‚ÄúIl y a tellement de pollution en ville que nous avons¬†besoin des arbres pour produire de l‚Äôoxyg√®ne‚ÄĚ
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d‚ÄôUttar Pradesh,¬†planter autant d‚Äôarbres encouragera la prise de conscience de l‚Äôimportance du¬†reboisement des for√™ts, et la¬†n√©cessit√© de conserver et prot√©ger¬†l‚Äôenvironnement. ‚ÄúDe s√©rieux efforts sont primordiaux pour r√©duire les¬†√©missions de carbone et limiter les effets du changement¬†climatique,‚ÄĚ a-t-il¬†√©galement d√©clar√©. ‚ÄúUttar Pradesh a fait un premier pas dans cette d√©marche.‚ÄĚ
Les gouverneurs des 29 √Čtats de l‚ÄôInde sont vivement¬†encourag√©s √† lancer des op√©rations de reforestation, pour augmenter le nombre¬†d‚Äôarbres dans tout le pays. Ces¬†actions environnementales font partie des¬†engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu √†¬†Paris, entre novembre et d√©cembre 2015.
L‚Äô√Čtat a mis de c√īt√© pr√®s de 6,2 milliards de dollars (soit¬†environ 5,6 milliards d‚Äôeuros) pour des initiatives similaires, et¬†esp√®re honorer sa promesse, qui consiste √†¬†replanter l‚Äô√©quivalent de 95¬†millions d‚Äôhectares de for√™t d‚Äôici 2030. Des gardes-chasse √† la¬†retraite seront charg√©s de surveiller les r√©gions o√Ļ les arbres ont √©t√©¬†plant√©s, afin¬†d‚Äôobserver et de contr√īler la bonne croissance des jeunes plants.¬†Seuls 60% d‚Äôentre eux sont destin√©s √† pousser correctement.

 

 

4- La "m√©moire" de la glace du Mont-Blanc bient√īt¬†conserv√©e en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des √©chantillons de glaciers en Antarctique: l'id√©e¬†peut para√ģtre saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une √©quipe de chercheurs¬†qui va se rendre en ao√Ľt sur le¬†Mont-Blanc pour y pr√©lever de la glace menac√©e¬†par le r√©chauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques¬†gla√ßons. La glace est un puits d'information", explique √† l'AFP J√©r√īme¬†Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire¬†de Glaciologie et G√©ophysique¬†de l'Environnement (LLGE) √† Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues fran√ßais, italiens et¬†russes vont passer plusieurs jours √† 4.300 m√®tres d'altitude, au col du D√īme,¬†pour forer trois carottes de glace de¬†140 m√®tres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de c√©sium 137 en avril¬†1986" apr√®s la catastrophe de Tchernobyl, sourit J√©r√īme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers √©voluent - fondent - tout aussi¬†rapidement, √† tel point que ceux qui culminent √† moins de 3.500 m√®tres¬†devraient dispara√ģtre avant la fin du si√®cle dans les¬†Alpes. Dans les Andes, le¬†glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait √† 5.300 m√®tres, a disparu d√®s¬†2009.
"Cette ann√©e, il y a eu de la fonte √† 6.000 m√®tres sur¬†l'Illimani avec le ph√©nom√®ne climatique El Ni√Īo", souligne Patrick Ginot,¬†ing√©nieur de recherche √† l'Institut de¬†recherche pour le d√©veloppement (IRD) et¬†un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour¬†analyser mais on n'aura peut-√™tre plus les carottes de glace", pointe¬†J√©r√īme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues esp√®rent donc¬†effectuer une vingtaine de carottages sur des sites r√©partis sur tous les¬†continents. L'ensemble des carottes¬†seront conserv√©es dans une cave de neige √†¬†Concordia, "un cong√©lateur naturel √† -50¬įC", √† l'abri des pannes¬†√©lectriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.