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1- La neige de l'Antarctique devient rouge sang et c'est une mauvaise nouvelle, Slate, 27/02/20, 14h56. Repéré par Robin Tutenges sur The Independent


2- France : vers l'hiver le plus chaud jamais enregistré, selon Météo-France, AFP, 28/02/20, 16:00


3- Coronavirus : l’épidémie provoque une baisse temporaire des émissions de CO2, Le Monde, 02/03/20, 10h31. Louisa Benchabane


4- Décryptage. Climat : la moitié des plages du monde pourraient disparaître d’ici à la fin du siècle, Le Monde, maj le 03/03/20 à 05h00. Audrey Garric


5- Climat : l’objectif de 1,5°C de réchauffement pourrait être dépassé avant 2024, Novethic, 03/03/20. Concepcion Alvarez


6- Les forêts tropicales risquent bientôt d'émettre plus de CO2 qu'elles n'en captent (étude), AFP, 04/03/20, 19:00




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1- La neige de l'Antarctique devient rouge sang et c'est une mauvaise nouvelle, Slate, 27/02/20, 14h56. Repéré par Robin Tutenges sur The Independent

Une algue rouge qui prolifère en raison du changement climatique accélère la fonte des glaces.
L'Antarctique a connu une vague de chaleur anormale en ce début d'année 2020, jusqu'à atteindre un nouveau record de température de 18,4°C le 6 février –du jamais-vu sur le continent. Les glaciers fondent à une vitesse alarmante, ce qui favorise un phénomène naturel bien connu des scientifiques: la neige prend une couleur rouge sang.
En cause, l'apparition d'algues des neiges qui germent lorsque des températures plus chaudes surviennent, notamment pendant l'été, entre octobre et février. La couleur de ces algues, connues sous le nom de Chlamydomonas nivalis, provient de la production de pigments rouges qui protègent le végétal des rayons ultraviolets du soleil. En leur présence, le blanc immaculé de la neige change de couleur et adopte un rose-rouge plutôt lugubre.
Ce phénomène a notamment été observé dans la station de recherche ukrainienne de Vernadsky, en Antarctique, dont les images ont été publiées par le ministère ukrainien de l'Éducation et des Sciences.

 

 

2- France : vers l'hiver le plus chaud jamais enregistré, selon Météo-France, AFP, 28/02/20, 16:00


L'hiver météorologique (mois de décembre, janvier et février) 2019-2020 s'annonce comme le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne supérieure de 2,7°C à la moyenne, selon des données préliminaires publiées vendredi par Météo-France.
En hiver, la température moyenne (période de référence 1981-2010) est de 5,4°C en France métropolitaine. Mais la saison hivernale qui s'achève a été caractérisée par "une douceur remarquable", qui s'est accentuée en février, avec des records jusqu'à 27 degrés enregistrés notamment dans le sud du pays en début de mois. Il n'y a pas eu de pic de froid sur la saison.
"La température a été en moyenne plus de 2°C au-dessus de la normale en décembre et janvier et plus de 3°C en février", relève Météo-France. 
Sur la carte d'écart par rapport aux moyennes saisonnière (1981-2010), toutes les régions du pays sont en écart positif, le différentiel le plus important se situant sur un grand quart nord-est.
L'hiver 2019-2020 devrait donc se classer au premier rang des hivers les plus chauds sur la période 1900-2020, devant 2015-2016 (+2.6°C) et 1989-1990 (+2°C).
Dans le même temps, l'hiver a été marqué par de fréquentes tempêtes et des épisodes d'inondations sévères, pour une pluviométrie globale qui devrait être excédentaire de 10% par rapport à la moyenne des années 1981/2010. 
Si les différents records enregistrés sont attribuables à des phénomènes météorologiques de court terme et ne peuvent donc être attribué en eux-mêmes au réchauffement climatique global, la tendance "sur une période de temps suffisamment long est nette", explique Pierre Etchevers, climatologue à Météo-France.
"Sur les 11 hivers les plus chauds depuis 1900, quatre sont concentrés sur les 10 dernières années, et six sur les 20 dernières années", souligne ainsi l'expert, pour qui "c'est cette répétition qui est vraiment le signe du changement climatique".
Selon les relevés de Météo-France, 2019 avait été la troisième année la plus chaude en France métropolitaine - après 2018 et 2014 - et a été marquée par deux épisodes exceptionnels de canicule et un record absolu de 46°C.
Au niveau mondial, 2019 a été la deuxième année la plus chaude dans le monde, concluant une décennie record, selon le service européen Copernicus.
La hausse de la température, accompagnée d'une multiplication des événements météorologiques extrêmes liés au réchauffement de la planète, est en ligne avec les prévisions des climatologues.

 

3- Coronavirus : l’épidémie provoque une baisse temporaire des émissions de CO2, Le Monde, 02/03/20, 10h31. Louisa Benchabane

L’épidémie de Covid-19 aurait entraîné une réduction de 100 millions de tonnes des émissions mondiales de CO2. 
Baisse de l’utilisation du charbon dans les centrales électriques, taux d’exploitation des raffineries de pétrole dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, au plus bas depuis 2015… Les mesures des autorités chinoises visant à contenir le coronavirus ont entraîné une réduction de 15 % à 40 % de la production dans les principaux secteurs industriels. « La demande d’électricité et la production industrielle restent bien en deçà de leurs niveaux habituels », analyse Simon Evans du site spécialisé Carbon Brief, qui a étudié les émissions de gaz à effet de serre de l’empire du Milieu depuis le début de la crise sanitaire.
Le pays, qui est le premier importateur mondial de pétrole devant les Etats-Unis – et le premier émetteur de CO2 de la planète –, tourne au ralenti. Ainsi, au moins un quart de ses émissions de CO2 au cours des deux dernières semaines (17 février-1er mars) n’ont pas été émises, selon Carbon Brief. Or, sur la même période de 2019, la Chine avait rejeté environ 400 millions de tonnes de CO2. Résultat, l’épidémie de Covid-19 aurait entraîné une réduction de 100 millions de tonnes des émissions mondiales de CO2.


L’incidence du virus est plus difficile à mesurer en Europe
Cette diminution peut-elle être durable ? A voir, car les émissions pourraient augmenter globalement sur l’année, si les autorités engageaient, dans les mois qui viennent, un plan massif de relance économique à grands coups de chantiers d’infrastructures.

A la suite de la crise financière de 2008, les émissions de CO2 chinoises s’étaient effondrées jusqu’à ce que Pékin effectue un investissement massif pour « relancer les secteurs économiques les plus énergivores et les plus polluants, rappelle Lauri Myllyvirta du Centre de recherche sur l’énergie et la propreté de l’air. Ceux qui croient pouvoir saluer une pause bienvenue dans l’urgence climatique doivent refréner leur optimisme. »
L’incidence du virus est plus difficile à mesurer en Europe, souligne Carbon Brief. L’émergence de foyers épidémiques dans le nord de l’Italie et la quarantaine imposée à 11 villes au sud de Milan ont paralysé l’économie de la région la plus riche et la plus productive du pays. « Tout effet mettrait probablement un certain temps à apparaître clairement, car les conséquences sont plus limitées qu’en Chine », explique Simon Evans.

 

 

 

 

4- Décryptage. Climat : la moitié des plages du monde pourraient disparaître d’ici à la fin du siècle, Le Monde, maj le 03/03/20 à 05h00. Audrey Garric

D’ici à 2100, le littoral pourrait reculer en moyenne dans le monde de 35 à 240 mètres dans un scénario d’émissions élevées. La réduction des rejets carbonés permettrait d’éviter près de la moitié du recul du trait de côte. 
Dans l’imaginaire, le littoral est souvent associé à une magnifique plage de sable fin qui s’étire face la mer. Ces rivages blancs, jaunes ou encore noirs, qui occupent plus d’un tiers des côtes du monde, sont essentiels aux sociétés, à leurs économies, notamment pour le tourisme et les loisirs. Elles fournissent en outre des protections contre les tempêtes et les ouragans. Mais ces milieux précieux et patrimoniaux semblent plus que jamais menacés.
D’ici à la fin du siècle, près de la moitié des plages de sable du monde, le plus souvent situées dans des zones densément peuplées, pourraient presque entièrement disparaître sous l’effet de l’érosion liée aux activités humaines et aggravée par le dérèglement climatique, alerte une étude publiée lundi 2 mars dans Nature Climate Change. Il existe toutefois une lueur d’espoir dans ce ciel menaçant : la réduction des émissions de gaz à effet de serre permettrait d’éviter près de la moitié du recul du trait de côte.
> Lire aussi  A Lacanau, « l’érosion conduit à intégrer l’océan en tant que véritable partenaire social, dans une relation d’échange inédite »
L’équipe de chercheurs européens, menée par Michalis Vousdoukas, du Centre commun de recherche de la Commission européenne, a analysé l’évolution du littoral sableux dans tous les pays du monde, entre 1984 et 2015, à l’aide d’images satellites. Les auteurs ont ensuite extrapolé les tendances historiques pour prévoir la dynamique future des côtes selon deux scénarios de réchauffement climatique.
Ces changements de trait de côte sont d’abord liés à des facteurs physiques, géologiques et anthropiques : les tempêtes, les aménagements côtiers comme les digues, les barrages ou les ports, l’urbanisme ou les prélèvements de sable aggravent localement un épuisement naturel des stocks sédimentaires hérités de la dernière période glaciaire. S’y ajoute le retrait du littoral dû à l’élévation du niveau de la mer. D’ici à la fin du siècle, la montée des océans pourrait atteindre entre 0,59 mètre et 1,10 mètre par rapport à la période 1986-2005, selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).


L’Australie et Mayotte très affectées
Leurs résultats montrent que l’érosion des plages sableuses, déjà importante aujourd’hui, va s’aggraver à l’avenir. Une étude parue en 2018 estimait que près d’un quart d’entre elles subissent un retrait supérieur à un demi-mètre par an. D’ici à 2050, le littoral pourrait reculer en moyenne dans le monde de 1,1 mètre à 78 mètres dans le cas d’un scénario d’émissions de gaz à effet de serre modérées ; le recul atteindrait 98 mètres en cas d’émissions maintenues à un niveau élevé, sans politique de limitation des rejets carbonés.
A la fin du siècle, la situation devrait encore empirer, avec un recul du trait de côte de 15 mètres à 164 mètres en cas d’émissions de CO2 modérées et de 35 mètres à 240 mètres dans le pire scénario. Les scientifiques en concluent que la limitation des émissions éviterait 17 % de l’érosion prévue d’ici au milieu du siècle, et 40 % d’ici à 2100.
Combien de plages seraient menacées ? Les auteurs ont calculé que 14 % à 15 % des plages de sable pourraient subir, d’ici à 2050, une érosion sévère – comprise comme un recul du trait de côte supérieur à 100 mètres – et entre 36 % et 49,5 % d’ici à 2100, selon les scénarios d’émissions.

Cette érosion globale et massive masque des disparités géographiques. Certains pays seraient particulièrement exposés, comme la République démocratique du Congo, la Gambie, la Guinée Bissau, le Pakistan ou Mayotte pour la France, qui verraient plus de 60 % de leur littoral sableux affecté quelles que soient les trajectoires d’émissions. « Outre une vulnérabilité accrue aux risques côtiers, plusieurs de ces pays sont susceptibles de subir des conséquences socio-économiques importantes, car leur économie est fragile et dépendante du tourisme », prévient l’étude.
En classant les pays en fonction de la longueur totale des plages de sable qui pourraient disparaître, l’Australie serait la plus touchée avec plus de 11 000 km en danger (soit environ 40 % de son littoral sableux). Le Canada, le Chili, le Mexique, la Chine et les Etats-Unis seraient également très affectés. A l’inverse, quelques régions pourraient connaître des accumulations de sable, comme en Amazonie, en Asie de l’Est et du Sud-Est et dans le Pacifique tropical nord.


« Importantes incertitudes »
Si le dérèglement climatique n’est aujourd’hui pas le principal facteur d’érosion des côtes, il le sera à l’avenir : l’élévation du niveau des mers serait responsable d’environ 75 % des modifications du trait de côte à l’échelle mondiale dès le milieu du siècle.
En revanche, les auteurs ne voient pas d’effet significatif des tempêtes, dont l’intensité s’accroît globalement avec le changement climatique, même si elles pourraient laisser des cicatrices sur certains sites (côte sud-est du Royaume-Uni, nord-ouest de l’Allemagne ou encore nord du Queensland en Australie).
« C’est la première étude qui a été réalisée à l’échelle mondiale en termes de projections. C’est un bon travail, mais certains chiffres doivent être pris avec des précautions en raison d’importantes incertitudes », prévient Bruno Castelle, directeur de recherche CNRS en dynamique littorale au laboratoire Environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux (université de Bordeaux), qui n’a pas participé à l’étude.
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Il cite ainsi le modèle utilisé pour calculer le retrait du trait de côte lié à l’élévation du niveau de la mer (la loi de Bruun), sujet à débat dans la communauté scientifique. « Il implique que le système sédimentaire [plage, plage sous-marine et dune] puisse reculer, ce qui n’est pas possible partout car parfois il n’y a pas d’espace derrière », précise-t-il. Le scientifique note en outre qu’une plage qui s’érode fortement ne va pas forcément disparaître. « Certains secteurs en France, notamment en Aquitaine, ont déjà reculé de plus de 100 mètres en soixante-dix ans, et sont encore là. »


« Déjà une réalité »
« Ces projections dans l’avenir ne doivent pas faire oublier que l’érosion des plages est déjà une réalité, rappelle Alain Hénaff, maître de conférences en géographie à l’université de Bretagne Occidentale. La fixation des rivages par des ouvrages [digues, enrochements], en particulier, pour défendre des enjeux humains imprudemment implantés sur un milieu littoral, a conduit à renforcer le départ des sédiments des plages en limitant leurs espaces de mobilité. La poursuite de l’accumulation d’enjeux [hommes et biens] sur ces territoires ne fait qu’amplifier les risques d’érosion et de submersion. »
En juillet 2019, un rapport du centre de réflexion La Fabrique écologique montrait que l’adaptation aux risques d’érosion et de submersion du littoral français était« très insatisfaisante », qu’il s’agisse du déploiement d’ouvrages de protection, des solutions fondées sur la nature (comme l’implantation de végétaux sur les dunes), de la maîtrise de l’urbanisme ou de la relocalisation des activités et des biens exposés.

5- Climat : l’objectif de 1,5°C de réchauffement pourrait être dépassé avant 2024, Novethic, 03/03/20. Concepcion Alvarez

En 2015, la communauté internationale s’était fixée comme objectif de ne pas dépasser les 2°C, voire 1,5°C, de réchauffement global d’ici la fin du siècle. Or, selon une nouvelle étude du service de météorologie britannique, ce seuil de 1,5°C pourrait être - temporairement - dépassé dès 2024.
27,8 °C dans les Pyrénées-Atlantiques, 27°C dans le Var et même 20°C en Antarctique. Des records de chaleur ont été battus en février tandis que l'hiver qui s'achève devrait se classer comme le plus chaud jamais enregistré, selon les prévisions de Météo France. Et la tendance devrait se poursuivre sous l’effet du changement climatique. 
Selon de nouvelles estimations du service de météorologie britannique, le Met Office, les cinq prochaines années devraient encore battre des records de températures. "Les dernières prévisions sur cinq ans suggèrent une poursuite du réchauffement, en concordance avec les niveaux élevés de gaz à effet de serre", a commenté le prévisionniste Doug Smith. "Ces prévisions comportent des incertitudes, mais la plupart des régions devraient être plus chaudes", en particulier le nord de l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord, a-t-il ajouté.

6- Les forêts tropicales risquent bientôt d'émettre plus de CO2 qu'elles n'en captent (étude), AFP, 04/03/20, 19:00

Les forêts tropicales perdent leur capacité à absorber le carbone, et la forêt amazonienne risque même dans les quinze prochaines années d'en produire plus qu'elles n'en captent, avertissent des chercheurs, dans une étude publiée mercredi par la revue scientifique Nature.
Ces conclusions devraient entraîner une révision à la baisse de la quantité de carbone que l'humanité peut produire pour respecter l'objectif de l'Accord de Paris de limiter à moins de 2 degrés la hausse de la température mondiale moyenne, selon les auteurs de l'étude.
Actuellement, les forêts tropicales représentent 50% des capacités mondiales de l'absorption de carbone (par des techniques de séquestration), mais approchent de la saturation, face notamment à l'augmentation des émissions d'origine humaine.
La capacité des forêts à capter le CO2 dans l'atmosphère par la photosynthèse est aussi entamée par la disparition d'arbres, pour cause d'incendie, de sécheresse ou de déforestation.
Cette capacité chute bien plus vite en Amazonie que dans les forêts d'Afrique subsaharienne.
Une équipe de dizaines de chercheurs, en Europe et en Afrique, a suivi la croissance des arbres et leur mortalité sur 50 ans dans des forêts tropicales africaines et comparé ces données à des informations similaires sur la forêt amazonienne. 
Conclusion : si certaines forêts ont grandi plus vite, dopées par le carbone dans l'atmosphère, ces maigres gains sont effacés par les sécheresses et les pics de température.
En extrapolant ces données sur les 20 prochaines années, selon cette étude, la capacité des forêts africaines à absorber le carbone va décliner de 14% d'ici à 2030, et celle de l'Amazonie tomber à zéro avant 2035.
"Cette baisse est en avance de dizaines d'années sur les prédictions les plus pessimistes", souligne Wannes Hubau, un expert des écosystèmes forestiers au Musée royal de l'Afrique centrale, à Bruxelles.
"La mortalité est une étape naturelle du cycle de la vie des arbres de forêt. Mais en pompant autant de CO2 dans l'air, nous avons accéléré ce cycle", a-t-il déclaré à l'AFP.
Plusieurs des scénarios envisagés par l'Accord de Paris sur le climat partent du principe que les forêts vont continuer d'absorber le CO2 sur le long terme.
Plusieurs pays ont annoncé des projets pour planter plus d'arbres, tout comme de grands groupes industriels qui comptent ainsi compenser leurs émissions.
"Nous allons devoir revoir nos modèles climatiques, mais également les stratégies de compensation fondées sur ces modèles", a affirmé M. Hubau.
Un avis partagé par Anha Rammig, de l'Université technique de l'Ecole des Sciences de la vie, à Munich (Allemagne).
"En même temps qu'une protection accrue de la forêt tropicale, une réduction encore plus rapide que prévu des émissions humaines de gaz à effet de serre sera nécessaire pour éviter un changement climatique catastrophique", a-t-elle écrit dans une présentation de la recherche.

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“J’ai lu quelque part que cet arbre est une des espèces qui diffuse le plus d’oxygène” explique un jeune volontaire à Associated Press, fier du ficus qu’il vient tout juste de planter dans la forêt de la réserve Kukrail.
“Il y a tellement de pollution en ville que nous avons besoin des arbres pour produire de l’oxygène”
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d’Uttar Pradesh, planter autant d’arbres encouragera la prise de conscience de l’importance du reboisement des forêts, et la nécessité de conserver et protéger l’environnement. “De sérieux efforts sont primordiaux pour réduire les émissions de carbone et limiter les effets du changement climatique,” a-t-il également déclaré. “Uttar Pradesh a fait un premier pas dans cette démarche.”
Les gouverneurs des 29 États de l’Inde sont vivement encouragés à lancer des opérations de reforestation, pour augmenter le nombre d’arbres dans tout le pays. Ces actions environnementales font partie des engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu à Paris, entre novembre et décembre 2015.
L’État a mis de côté près de 6,2 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros) pour des initiatives similaires, et espère honorer sa promesse, qui consiste à replanter l’équivalent de 95 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Des gardes-chasse à la retraite seront chargés de surveiller les régions où les arbres ont été plantés, afin d’observer et de contrôler la bonne croissance des jeunes plants. Seuls 60% d’entre eux sont destinés à pousser correctement.

 

 

4- La "mémoire" de la glace du Mont-Blanc bientôt conservée en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des échantillons de glaciers en Antarctique: l'idée peut paraître saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une équipe de chercheurs qui va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace menacée par le réchauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information", explique à l'AFP Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4.300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986" après la catastrophe de Tchernobyl, sourit Jérôme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers évoluent - fondent - tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3.500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5.300 mètres, a disparu dès 2009.
"Cette année, il y a eu de la fonte à 6.000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Niño", souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace", pointe Jérôme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues espèrent donc effectuer une vingtaine de carottages sur des sites répartis sur tous les continents. L'ensemble des carottes seront conservées dans une cave de neige à Concordia, "un congélateur naturel à -50°C", à l'abri des pannes électriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.