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Revue de presse de janvier 2019

1- 30 Millions d'amis inquiet du traitement des chevaux après une vidéo sur un abattoir, AFP, 21/12/18, 16:00

2- Le Japon annonce la reprise prochaine de la chasse commerciale Ă  la baleine, Le Monde, 21/12/18, 17h35. Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)

3- Tribune. « Il faut promouvoir la création d’un véritable plan de sauvegarde des abeilles », Le Monde, 24/12/18, 09h00. Par Collectif de 35 députés LR*

4- Inde : le succès de la viande de rat, France Info, 27/12/18, 18:29

5- A Johannesburg, un scarabée menace l’une des plus grandes forêts urbaines du monde, Le Monde, 30/12/18, 21h37. Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)

6- Les lions de mer, cauchemar des pĂŞcheurs au Chili, AFP, 22/12/18, 12:00. Miguel Sanchez



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1- 30 Millions d'amis inquiet du traitement des chevaux après une vidéo sur un abattoir, AFP, 21/12/18, 16:00

La Fondation 30 Millions d'amis interpelle le monde des courses après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo de l'association L214, tournée dans un abattoir de chevaux, dont la moitié sont des galopeurs et des trotteurs.

Cette vidéo, tournée en caméra cachée entre août et novembre dans l'abattoir d'Equevillon (Jura), montre des poulains, des chevaux âgés ou blessés à l'intérieur d'une écurie, puis à l'abattage, où on leur perfore le crâne. Un couteau met fin à leur vie.

Ces images ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. La Fondation 30 Millions d'amis demande jeudi aux dirigeants de France Galop, de la Société Letrot et du PMU, "d'offrir une retraite bien méritée aux chevaux de courses" qui "ont rapporté des gains considérables à leur propriétaire" durant leur carrière.

"Un certain pourcentage des sommes engendrées par les courses pourrait être affecté à leur retraite bien méritée", écrit Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d'amis, dans ce courrier dont l'AFP a eu copie.

Reha Hutin, qui a recueilli dans la ferme de sa Fondation dans le Cher "800 chevaux sauvés de l'abattoir ou saisis sur décision de justice, à des éleveurs sans scrupules" propose "dans le prolongement de nos actions en faveur des équidés (...) de mettre en place un éventuel partenariat (...) loin de la cruauté des abattoirs qui a tant choqué des millions de personnes".

"Je sais que dans votre secteur d'activité, il y a aussi de très belles histoires de personnes qui se soucient de la retraite des équidés et qui seraient très sensibles à un tel projet", ajoute-t-elle.

La Fondation Bardot réitère de son côté son appel aux Français "à ne plus consommer de viande de cheval", et demande "à tous les organismes qui régissent la filière d’organiser la retraite ou la réforme de ses équidés".

"Le 24 juillet dernier, Brigitte Bardot en parlait face à face à Emmanuel Macron. On ne doit plus tolérer que la France soit l'un des rares pays où la +plus noble conquête+ de l'homme finisse à l’abattoir", rappelle-t-elle.

Pour Sébastien Arsac, cofondateur de L214, "les employés se sont comportés plutôt de façon conforme à la réglementation. Le contrôle de conscience est fait systématiquement" mais "comme ce sont des chevaux, ces images provoquent plus d'émotion que la mort d'un cochon".

"On donne un nom au cheval. Il a une individualité due à sa proximité avec l'homme. On n'utilise pas le cheval que pour sa viande, on l'utilise dans les centres équestres ou encore les courses", estime-t-il.

Cette vidéo est la 11e enquête de L214 diffusée sur un abattoir ces trois dernières années. "Les images sont choquantes car la violence est inhérente aux abattoirs. Que les abattoirs se conforment à la loi ou non, on ne pourra jamais tuer avec respect un être sensible qui ne veut pas mourir", dit-il.

Selon lui, 13.000 chevaux sont tués chaque année en France pour la consommation. Toutefois "les chevaux ne sont qu'une petite goutte de sang qui coule dans les abattoirs".

Aujourd'hui en France, plus de 3 millions d'animaux sont abattus chaque jour.



2- Le Japon annonce la reprise prochaine de la chasse commerciale Ă  la baleine, Le Monde, 21/12/18, 17h35. Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)

Tokyo a l’intention de se retirer de la Commission baleinière internationale, qui fait respecter depuis 1986 un moratoire assorti de dérogations sur la pêche aux cétacés.

Le Japon s’apprête à reprendre la chasse commerciale à la baleine. La décision du gouvernement a été communiquée jeudi 20 décembre aux parlementaires du Parti libéral démocrate (PLD au pouvoir). L’annonce officielle devrait être faite avant le 1er janvier. La relance de cette activité suivra le retrait de l’archipel de la Commission baleinière internationale (CBI), qui sera effectif le 30 juin prochain.

« Je soutiens la décision du gouvernement, a déclaré à la chaîne publique NHK l’ancien ministre de la Défense, Itsunori Onodera. Aujourd’hui conseiller du PLD, il a fustigé la CBI, y voyant une organisation « qui ne fonctionne plus », où les « points de vue exprimés sont extrêmement partiaux ».

Sam Annesley, directeur exécutif de la branche nippone de l’Organisation de protection de l’environnement Greenpeace, a qualifié la décision de « grave erreur qui est en décalage avec le reste du monde » et a appelé Tokyo à revenir dessus. Il est extrêmement rare que le Japon, toujours enclin à appeler les autres pays à respecter le droit international, se retire d’une instance internationale.

Sa décision traduit pourtant le fossé grandissant avec la CBI. Lors de la dernière réunion de l’organisation, en septembre, l’archipel avait demandé – une nouvelle fois – de pouvoir reprendre la chasse commerciale, en vain.

Des milliers de baleines tuées

Cette activité fait l’objet d’un moratoire depuis 1986. Des dérogations ont permis au Japon de s’y livrer sous couvert d’études scientifiques. Il est régulièrement critiqué car, depuis la reprise de la chasse en 1988, ses pêcheurs ont pris plusieurs milliers de baleines, un niveau jugé disproportionné pour de simples recherches.

Les critiques déplorent également le choix des baleiniers nippons d’aller chasser dans l’océan Antarctique, une zone considérée comme un sanctuaire par plusieurs pays comme l’Australie. En 2014, le Japon avait été condamné à ce sujet par la Cour internationale de justice (CIJ). Le tribunal onusien avait donné raison à l’Australie qui, appuyée par la Nouvelle-Zélande, reprochait à l’archipel de maquiller une activité commerciale en programme de recherche et d’enfreindre « la préservation des mammifères marins et de l’environnement marin ». Si la reprise de la pêche commerciale était confirmée, elle devrait se limiter aux eaux proches du Japon.

L’archipel invoque une longue tradition pour justifier sa volonté de maintenir cette pratique. Avant le moratoire sur la chasse, les Japonais en consommaient 2,3 kg par personne et par an. La viande de baleine était servie dans les cantines scolaires après la guerre pour compenser le déficit de protéines animales. Aujourd’hui, les Japonais n’en mangent que quelques dizaines de grammes par an. Beaucoup n’en ont jamais consommé.

La chasse baleinière est un sujet qui touche également au nationalisme nippon. Ses plus fervents défenseurs voient dans les critiques internationales une manœuvre des Occidentaux contre le Japon, oubliant que la Norvège et l’Islande sont aussi critiquées pour cette pratique.

Soutien du premier ministre

Le sujet tient à cœur au très nationaliste premier ministre Shinzo Abe. Il est élu d’une circonscription du département de Yamaguchi (Sud-ouest) où se trouve Shimonoseki, l’un des principaux ports de pêche baleinière du Japon. Depuis son retour au pouvoir en décembre 2012, il a plusieurs fois exprimé son soutien à la chasse à ce cétacé. « Il y a des pêcheurs qui vivent de cette activité et nous ne pouvons simplement pas y renoncer », a déclaré un officiel gouvernemental à l’agence Kyodo après l’annonce de la reprise de la chasse.

Dans le même temps, les débats au Japon sont faussés par la contestation des risques pesant sur les populations de cétacés et par le silence sur le coût de cette activité. Le gouvernement y octroyait jusqu’en 2017 chaque année des fonds de près de 5 milliards de yens (39 millions d’euros).

En 2012, la question avait fait scandale quand il a été révélé que des fonds destinés à la reconstruction des zones sinistrées par le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011, avaient servi à financer la campagne baleinière 2011-2012. L’agence des pêches avait invoqué l’histoire d’Ishinomaki, ville portuaire dévastée du département de Miyagi, et sa tradition baleinière ancienne. Elle avait obtenu 2,3 milliards de yens (18 millions d’euros) qui n’avaient jamais directement profité à Ishinomaki mais avaient servi à financer l’envoi de navires d’escorte à la flotte baleinière.




3- Tribune. « Il faut promouvoir la création d’un véritable plan de sauvegarde des abeilles », Le Monde, 24/12/18, 09h00. Par Collectif de 35 députés LR*

La disparition de cet insecte fait courir le risque de perdre un acteur majeur de l’environnement et de la chaîne alimentaire, alerte un groupe de députés Les Républicains, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Le monde d’aujourd’hui fait face à des bouleversements considérables en matière agricole et d’alimentation. Les phénomènes naturels ainsi que l’activité humaine fragilisent les écosystèmes et menacent certaines espèces animales et végétales essentielles à la survie de notre espèce. La surmortalité constatée des abeilles doit être un signal d’alarme pour nous tous. Comme l’a dit très justement Martin Gray, qui vécut une grande partie de sa vie sur les collines de Cannes, dans son ouvrage intitulé Au nom de tous les hommes. Abel et Caïn (Editions du Rocher, 2004) : « Et un jour les abeilles mourront. Et le miel, ce vieux compagnon d’Abel, disparaîtra. Ce sera l’annonce de la fin de l’histoire humaine des hommes. » Ce pollinisateur est un acteur majeur de l’environnement et de l’agriculture et sa conservation doit être un objectif national.

L’hiver 2017-2018 a connu un effondrement important du nombre d’abeilles en France. L’enquête menée par le ministère de l’agriculture et de l’alimentation a fait état d’un taux de mortalité des colonies de presque 30 %, ce qui constitue un chiffre désastreux. Il ne s’agit pas seulement d’un problème local. Depuis la fin des années 1990, les apiculteurs du monde entier tentent d’alerter les pouvoirs en place des risques liés à la disparition de ce maillon essentiel de la chaîne alimentaire. Ils constatent depuis lors un recul inhabituel de colonies.

Nous avons tous été sensibilisés au rôle des abeilles dans l’écosystème. Elles ne sont pas seulement importantes parce qu’elles produisent du miel, elles tiennent un rôle majeur dans la production de notre nourriture. Elles favorisent non seulement la pollinisation des plantes sauvages mais également cultivées. Un tiers des cultures destinées à notre alimentation est pollinisé par les insectes. Sans leur intervention, notre productivité agricole serait bien amoindrie et jusqu’à 75 % de nos récoltes subiraient une baisse de rendement. Sur les 100 espèces végétales qui fournissent 90 % de la nourriture dans le monde, 71 dépendent des abeilles et de leur pollinisation. En Europe, 4 000 variétés de légumes cultivés, de même que certaines plantes fourragères indispensables au bétail n’existeraient pas sans le travail appliqué des abeilles. En France, la production de miel est passée de 35 000 tonnes au milieu des années 1990 à 9 000 tonnes en 2016, soit une chute des trois quarts de la production.

Manque de politiques internationales et régionales

Mais alors même que leur effectif diminue, le nombre de cultures agricoles nécessitant leur action croît de manière exponentielle. Ce phénomène doit nous alerter sur les comportements et les mesures à envisager pour lutter contre ces disparitions inquiétantes. Si rien n’est fait, il se pourrait que nous devions faire face à une pollinisation insuffisante des cultures dépendantes de leur intervention et donc par conséquent à une baisse de notre capacité à produire et de notre variété en matière alimentaire.

Cette hausse de la mortalité des abeilles n’a pas une cause unique. Tel qu’il est présenté par de nombreux scientifiques, ce « symptôme d’effondrement des colonies » est causé par un ensemble d’éléments provoquant leurs disparitions. Ainsi, la multiplication des substances chimiques dans l’environnement, la présence de parasites, les effets désastreux des monocultures, les ravages du frelon asiatique, l’impact du changement climatique en sont les principales causes.

L’absence de réelles politiques internationales et régionales visant la surveillance et l’analyse du phénomène ne présage rien de positif concernant les suites à envisager. Malgré les appels des apiculteurs du monde entier et des associations de défense de l’environnement, les responsables politiques restent muets. Il nous faut pourtant agir avant qu’il ne soit trop tard.

Les parlementaires européens ont demandé dans une résolution du jeudi 1er mars, à la Commission et aux Etats membres de mettre en place un plan de lutte à grande échelle contre la mortalité des abeilles et pour le développement de l’apiculture en Europe. Cette mesure n’a pas de valeur juridique contraignante mais a permis d’alerter bon nombre de nos collègues européens des dangers liés à la disparition de ces insectes indispensables. Les enjeux de l’apiculture en Europe, sont loin d’être mineurs. Avec ses 600 000 apiculteurs produisant 250 000 tonnes de miel chaque année, l’Union européenne est le second producteur mondial de miel derrière la Chine. La France à elle seule, totalise 50 000 apiculteurs.

Tentatives de dialogue inabouties

Malheureusement, tous ces signaux d’alertes ne semblent pas inquiéter le gouvernement qui, malgré des annonces faites, n’a toujours rien entrepris. De plus, trois jours après sa nomination au poste de ministre de l’agriculture et de l’alimentation, M. Didier Guillaume a suscité de vives réactions des ONG, dans l’enquête sur les bébés dits « nés sans bras », en déclarant que les scientifiques devaient faire la preuve que les pesticides avaient des conséquences sur la santé. Non seulement cette information a déjà été prouvée, mais elle a également des conséquences sur les écosystèmes et donc les abeilles.

Comme de nombreux élus membres du Comité de soutien des élus à l’abeille, nous sommes sollicités par de nombreux apiculteurs qui sont les premiers à avoir tiré la sonnette d’alarme. Pourtant, toutes ces tentatives de dialogue n’ont pas abouti et malgré les interventions que nous déposons auprès des services ministériels, aucune évolution de la situation n’est actuellement à l’étude.

Mais qu’attendons-nous ? !

Aujourd’hui des scientifiques américains tentent de trouver des solutions en créant des drones pollinisateurs pour faire face à cette chute de la population des abeilles et donc au problème en découlant. Plusieurs sociétés expérimentent des drones pour aider les exploitations produisant des amandes, des cerises et des pommiers. Mais est-ce que ces nouvelles inventions ne font pas penser qu’il est déjà trop tard pour endiguer la disparition de ces colonies ? Ce petit insecte est indispensable et s’il venait à disparaître, cela serait le premier pas vers l’extinction de nombreuses espèces végétales et par conséquent animales et humaines.

Il nous faut agir maintenant, promouvoir la création d’un véritable plan de sauvegarde de l’abeille et des apiculteurs afin que nos enfants puissent encore assister à ce merveilleux miracle de la nature qu’est la pollinisation par les abeilles et déguster le bon miel de nos régions.

Nous demandons donc au gouvernement, en collaboration avec l’ensemble des acteurs de ce secteur, de prendre immédiatement des mesures. Nous ne pouvons pas rester inactifs face à cette menace. La bataille sera dure mais nous ne pouvons pas la perdre. Il nous faut dès aujourd’hui nous attaquer à ce fléau pour sauver l’agriculture française.

*Signataires : Bernard Brochand, député des Alpes-Maritimes, Les Républicains ; Emmanuelle Anthoine, députée de la Drôme, LR ; Nathalie Bassire, députée de la Réunion, apparentée LR ; Valérie Bazin-Malgras, députée de l’Aube, LR ; Emilie Bonnivard, députée de Savoie, LR ; Jean-Yves Bony, député du Cantal, LR ; Jean-Claude Bouchet, député du Vaucluse, LR ; Jacques Cattin, député du Haut-Rhin, LR ; Dino Cinieri, député de la Loire, LR ; Pierre Cordier, député des Ardennes, LR ; Marie-Christine Dalloz, députée du Jura, LR ; Bernard Deflesselles, député des Bouches-du-Rhône, LR ; Eric Diard, député des Bouches-du-Rhône, LR ; Jean-Pierre Door, député du Loiret, LR ; Laurent Furst, député du Bas-Rhin, LR ; Mansour Kamardine, député de Mayotte, LR ; Brigitte Kuster, députée de Paris, LR ; Michel Herbillon, député du Val-de-Marne, LR ; Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, LR ; Valérie Lacroute, députée de Seine-et-Marne, LR ; Sébastien Leclerc, député du Calvados, LR ; David Lorion, député de la Réunion, LR ; Véronique Louwagie, députée de l’Orne, LR ; Emmanuel Maquet, député de la Somme, LR ; Bernard Perrut, député du Rhône, LR ; Didier Quentin, député de Charente-Maritime, LR ; Alain Ramadier, député de Seine-Saint-Denis, LR ; Robin Reda, député de l’Essonne, LR ; Jean-Luc Reitzer, député du Haut-Rhin, LR ; Martial Saddier, député de Haute-Savoie, LR ; Raphaël Schellenberger, député du Haut-Rhin, LR ; Eric Straumann, député du Haut-Rhin, LR ; Laurence Trastour-Isnart, députée des Alpes-Maritimes, LR ; Stéphane Viry, député des Vosges, LR ; Eric Woerth, député de l’Oise, LR.



4- Inde : le succès de la viande de rat, France Info, 27/12/18, 18:29

En Inde, le rat est considéré comme un mets raffiné et se vend sur les marchés, surtout en hiver.

Dans certaines communautés du nord-est de l'Inde, le rat est considéré comme un plat raffiné. Il est bouilli et mangé avec une sauce épicée. L'hiver il est même chassé. Lorsque le travail est rare dans les plantations de thé de la région, cette activité permet aux communautés tribales pauvres de gagner un peu d'argent. Le soir, les tribaux placent des pièges faits de bambou à la sortie des terriers dans les rizières. Les chasseurs travaillent de nuit, pour éviter que des prédateurs ne mangent les proies mortes avant qu'ils puissent les recueillir.




5- A Johannesburg, un scarabée menace l’une des plus grandes forêts urbaines du monde, Le Monde, 30/12/18, 21h37. Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)

L’insecte envahissant et tueur d’arbres serait arrivé dans des palettes de bois importées d’Asie du Sud-Est, et pourrait bouleverser la physionomie de la ville d’Afrique du Sud.

Un petit scarabée, pas plus gros qu’une fourmi, fait des ravages dans l’une des plus grandes forêts urbaines plantée par l’homme au monde. L’arrivée de l’été austral fin décembre renforce les craintes des résidents de Johannesburg et des spécialistes de la végétation, qui s’inquiètent des dommages causés par le scolyte polyphage Euwallacea fornicatus, en anglais polyphagous shothole borer beetle (PSHB), un insecte originaire d’Asie envahissant et tueur d’arbres. « Lorsque les arbres auront fini de fleurir, c’est là qu’on verra vraiment l’étendue des dégâts, et qu’on comptera les morts », explique, dépitée, Andrea Rosen.

Cette quinquagénaire amoureuse des arbres vit depuis vingt ans à Craighall Park, l’un des quartiers qui borde le parc Delta, un poumon vert de 100 hectares au cœur de la mégapole sud-africaine. Conséquence du plan de développement imposé par le régime de l’apartheid, ces quartiers sont plutôt blancs et aisés. Très verdoyants, les jardins y sont copieusement arrosés et très bien entretenus.

Au fond de son terrain, Andrea Rosen montre un érable de Chine dont le tronc écorcé est parsemé de trous minuscules. « Le scolyte entre par les fissures de l’écorce, donc on ne sait pas tout de suite quel arbre est touché. Ensuite, le scarabée creuse des sillons et s’enfonce très profondément. Aucun pesticide ne marche », déplore-t-elle. Dans ces sillons, un champignon, Fusarium euwallacea, se développe et asphyxie la jeune écorce, ce qui peut à terme tuer l’arbre.

Rubans jaunes

Avec d’autres résidents, Andrea Rosen a fondé l’Alliance pour la forêt urbaine de Johannesburg, une association qui tente par tous les moyens d’alerter l’opinion sur la menace du scolyte. A l’heure actuelle, personne n’est en mesure de dire combien des 6 à 10 millions d’arbres que compte la ville sont affectés. « Mais vu que plus de 80 espèces sont touchées, ça pourrait être des dizaines voire des centaines de milliers », affirme l’arboriste Julian Ortlepp.

Ce « chirurgien pour arbres », comme le présente sa carte de visite, est venu inspecter le jardin d’Andrea. « La difficulté, c’est que tous les arbres présentent des symptômes différents », explique-t-il, en montrant des résidus de sève cristallisés sur un chêne, signe de la présence du scolyte.

Le duo poursuit la visite vers l’avenue Buckingham, où, d’après eux, tous les arbres sont condamnés. Un résident a pris la liberté d’entourer les troncs de rubans jaunes et d’y agrafer des affiches rouges où est inscrit « Retirez cet arbre mort… et cherchez sur Google “PSHB” ». « Malheureusement, la tendance ici a été de planter une même espèce par rue. Ça fait plus joli, mais lorsque il y a un insecte ravageur, il faut tout abattre », commente l’arboriste.

Il suffit de faire quelques kilomètres en dehors de la ville pour s’en rendre compte : la végétation traditionnelle de cette région, par ailleurs située à 1 650 mètres d’altitude, est la savane, soit de longues étendues arides parsemées de quelques graminées. Avec la ruée vers l’or à la fin du XIXe siècle, les fermes préexistantes ont vu pousser une cité minière, qui en quelques décennies est devenue la capitale économique de l’Afrique du Sud.

Hormis le centre-ville qui compte quelques gratte-ciel, la ville de 8 millions d’habitants s’est développée horizontalement, sur une superficie qui fait seize fois Paris intra-muros. Symbole de l’opulence liée aux métaux précieux, la politique de boisement visait aussi à absorber les épais nuages de poussière dégagés par l’exploitation minière.

« Ils font l’autruche »

Avec le scolyte, la physionomie des quartiers nord devrait être profondément bouleversée. En particulier les frondaisons visibles depuis le quartier d’affaires de Sandton, ou la coulée verte qui relie une série de parcs publics depuis le zoo de Johannesburg et remonte vers le nord-ouest.

Or, l’association d’Andrea Rosen dénonce l’inaction de la municipalité :« Ils font l’autruche et ne répondent même plus à nos appels. Le gouvernement devrait déclarer l’état de catastrophe naturelle. Moins d’arbres signifient plus de pollution, moins d’infiltration de l’eau de pluie, et surtout c’est du pain bénit pour les promoteurs irresponsables qui bétonnent tout ! »

Du côté des autorités, l’heure est à la prudence. « On a mis en place une commission multisectorielle et on attend les retours de chercheurs avant de prendre une décision », explique la conseillère municipale Nonhlanhla Sifumba. Le rapport est attendu en janvier.

Même son de cloche du côté du département des parcs et forêts : « C’est un problème complexe et plutôt nouveau. Nous en sommes toujours à la phase d’investigation », explique Louise Gordon, l’une des responsables de Johannesburg City Parks. Le département, qui est responsable d’environ 3 millions d’arbres des rues et des parcs, a mis en place une base de données et encourage les habitants à signaler les arbres malades.

« Dans l’immédiat, la municipalité pourrait au moins prévoir des décharges dédiées où le bois serait brûlé. On a déjà trouvé des arbres infectés à Soweto [le township majoritairement noir situé à 40 kilomètres de Sandton] où visiblement le scarabée est arrivé par du bois de chauffage », explique le professeur Wilhelm de Beer, de l’Institut de biotechnologie forestière et agricole, rattaché à l’Université de Pretoria. C’est une chercheuse de son équipe, Trudy Paap, qui a identifié le scolyte en 2017 lors d’une enquête de routine au jardin botanique de Pietermaritzburg, à 500 kilomètres au sud de Johannesburg.

Un insecte qui s’adapte

Contrairement à d’autres ravageurs et maladies qui se focalisent généralement sur une essence d’arbres, comme les platanes le long du canal du Midi, les ohias d’Hawaï ou les séquoias de Californie, l’Euwallacea fornicatus s’attaque aussi bien aux arbres indigènes qu’aux exotiques, et s’adapte à une multitude de climats, souligne M. de Beer.

« On suspecte que le scarabée soit arrivé d’Asie du Sud-Est par conteneur au port de Durban, certainement dans des palettes en bois mal traitées », précise t-il. Le scientifique revient tout juste des Etats-Unis, où le même scolyte a ravagé les arbres de Californie, en particulier les avocatiers. Leur solution : abattre tous les arbres infectés, en visant prioritairement les espèces où le scarabée se reproduit. Pour l’Afrique du Sud, cela concerne une vingtaine d’espèces sur les quatre-vingts concernées. Cette solution risque bien d’être la seule vers laquelle Johannesburg devra se tourner.Sur le même sujet :

Portfolio. La forêt urbaine de Johannesbourg est menacée par un scarabée, Le Monde, 31/12/18, 11h12

La capitale économique de l’Afrique du Sud possède l’une des plus grandes forêts urbaines plantées par l’homme. Elle est aujourd’hui menacée par un scarabée, le scolyte polyphage. L’arrivée de l’été austral fin décembre renforce les craintes des résidents de Johannesburg, qui s’inquiètent des dommages causés par Euwallacea fornicatus, qui serait venu d’Asie.




6- Les lions de mer, cauchemar des pĂŞcheurs au Chili, AFP, 22/12/18, 12:00. Miguel Sanchez

"Un ennemi" : c'est ainsi que les pêcheurs chiliens qualifient désormais les lions de mer qui se sont multipliés ces dernières années sur leurs côtes, déchirant les filets et mettant en péril leur activité économique.

Protégés par une interdiction de chasse depuis 28 ans, ces imposants mammifères, également appelés otaries à crinière, ont appris à repérer le bruit du moteur des bateaux qui partent pêcher pour les prendre en filature.

Lorsque les travailleurs de la mer remontent leurs filets, les lions les déchiquettent à l'aide de leurs mâchoires puissantes pour se nourrir.

"Le lion marin ne chasse plus. En entendant le bruit d'une embarcation, il sait qu'il trouvera de la nourriture. Le lion arrive (au niveau du bateau) et il plonge", explique Ă  l'AFP Mario Rojas, chef de file des pĂŞcheurs de l'anse de Portales dans le port de Valparaiso.

Au pied du quai, une centaine d'otaries s'ébrouent en attendant les restes que les pêcheurs rejettent à la mer, une fois les poissons nettoyés.

"C'est un ennemi ! En ce moment, c'est un ennemi. Et en tant que tel, on essaye de faire quelque chose, de les faire fuir, mais c'est impossible !", se plaint Mario Rojas.

Ces lions de mer, qui peuvent atteindre les 300 kilos, mangent en moyenne 40 kilos de poisson par jour. Selon M. Rojas, 80% de la soixantaine d'embarcations de la zone reviennent au port Ă  vide, leurs filets en lambeaux.

Avec près de 40% de la population mondiale des otaries à crinières présente sur les côtes chiliennes, soit 200.000 individus environ, ces mammifères mettent en péril l'activité des pêcheurs, assurent leurs représentants.

"Comme ils n'ont pas de compétition (d'autres espèces), ni beaucoup de prédateurs, leur nombre s'est développé au maximum, au point d'entrer en compétition avec un autre prédateur, c'est-à-dire nous-mêmes", explique à l'AFP José Luis Brito, directeur du musée d'histoire naturelle du port de San Antonio.


- Eliminer les lions de mer ? -

Il y a dix ans, les pĂŞcheurs de l'anse de Portales rapportaient quelque 600 kilos par jour. Aujourd'hui, ce chiffre tourne autour de 50 kilos.

Un peu plus loin, à San Antonio, le plus grand port du Chili, ou dans la baie de Hualaihue, dans la région des lacs, près de 1.200 km au sud de Santiago, le même scénario se répète.

"On est en train de traverser une crise, particulièrement à cause des lions de mer (...) les gens sont désespérés", assure José Alvarado, chef de file des pêcheurs de Hualaihue.

Le secteur exige la levée de l'interdiction de chasse de ces mammifères. Elle a été mise en place au Chili pour garantir la conservation de ces animaux, après la quasi-disparition de deux autres espèces au XXe siècle, l'otarie à fourrure australe et l'otarie des îles Juan Fernandez.

"La seule solution viable pour les pêcheurs, c'est d'éliminer les lions de mer et cela ne va pas arriver", affirme à l'AFP Eduardo Riquelme, sous-secrétaire d'Etat en charge de la Pêche, qui reconnaît les nuisances causées par ces animaux.

Pour commencer à s'attaquer au problème, un recensement sera réalisé à partir de février afin de déterminer précisément la population des lions de mer au Chili.

Le gouvernement a également décidé de mettre en place, avec les représentants des pêcheurs, une commission d'experts pour examiner ce dossier et mettre fin aux mauvaises pratiques, comme le rejet des restes des poissons dont s'alimentent les otaries.

Des tests vont également être menés avec des embarcations dotées d'ultrasons faisant fuir les mammifères et des mécanismes pour faire monter plus rapidement les filets à bord.

La présence des lions de mer est nécessaire à "l'équilibre de la chaîne alimentaire", rappelle José Luis Brito.

Si l'homme se met à les chasser, "les conséquences peuvent être catastrophiques", ajoute-t-il.

En outre, des accords internationaux signés par le Chili protègent cette espèce, dont la mise en péril pourrait avoir de graves conséquences économiques. Ainsi, cela pourrait entraîner la suspension de l'importation par les Etats-Unis de saumon chilien, un secteur qui pèse 4 milliards de dollars annuels.

 

"Il faut apprendre Ă  cohabiter avec les lions de mer", conclut le responsable gouvernemental Eduardo Riquelme.

Leur but est d’encourager la reforestation dans cette région particulièrement dense en population, afin de réguler la pollution et, au passage, battre le record du monde de 847 275 arbres plantés en une journée, détenu par le Pakistan depuis 2013.
Des étudiants et des femmes au foyer ainsi que des législateurs et des fonctionnaires du gouvernement sont venus nombreux, armés de jeunes plants, motivés par l’idée de se faire une place dans le Guinness Book.
“J’ai lu quelque part que cet arbre est une des espèces qui diffuse le plus d’oxygène” explique un jeune volontaire à Associated Press, fier du ficus qu’il vient tout juste de planter dans la forêt de la réserve Kukrail.
“Il y a tellement de pollution en ville que nous avons besoin des arbres pour produire de l’oxygène”
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d’Uttar Pradesh, planter autant d’arbres encouragera la prise de conscience de l’importance du reboisement des forêts, et la nécessité de conserver et protéger l’environnement. “De sérieux efforts sont primordiaux pour réduire les émissions de carbone et limiter les effets du changement climatique,” a-t-il également déclaré. “Uttar Pradesh a fait un premier pas dans cette démarche.”
Les gouverneurs des 29 États de l’Inde sont vivement encouragés à lancer des opérations de reforestation, pour augmenter le nombre d’arbres dans tout le pays. Ces actions environnementales font partie des engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu à Paris, entre novembre et décembre 2015.
L’État a mis de côté près de 6,2 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros) pour des initiatives similaires, et espère honorer sa promesse, qui consiste à replanter l’équivalent de 95 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Des gardes-chasse à la retraite seront chargés de surveiller les régions où les arbres ont été plantés, afin d’observer et de contrôler la bonne croissance des jeunes plants. Seuls 60% d’entre eux sont destinés à pousser correctement.

 

 

4- La "mémoire" de la glace du Mont-Blanc bientôt conservée en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des échantillons de glaciers en Antarctique: l'idée peut paraître saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une équipe de chercheurs qui va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace menacée par le réchauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information", explique à l'AFP Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4.300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986" après la catastrophe de Tchernobyl, sourit Jérôme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers évoluent - fondent - tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3.500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5.300 mètres, a disparu dès 2009.
"Cette année, il y a eu de la fonte à 6.000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Niño", souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace", pointe Jérôme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues espèrent donc effectuer une vingtaine de carottages sur des sites répartis sur tous les continents. L'ensemble des carottes seront conservées dans une cave de neige à Concordia, "un congélateur naturel à -50°C", à l'abri des pannes électriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.